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Un hématome décelé sur le crâne de son frère lors d’une contre-autopsie - Noël Machabee : «J’avais raison d’avoir de sérieux doutes»

La police a du pain sur la planche. Elle devra enquêter pour savoir si l’hématome décelé sur le crâne de Jean France Machabee est de nature criminelle ou accidentelle. La dépouille de cet habitant de Ste-Croix a été exhumée le 3 avril, à la requête des membres de sa famille, qui réclamaient une contre-autopsie par le biais de la justice car ils ne croient pas dans la thèse officielle de la police, soit que ce soudeur de 58 ans s’est suicidé par pendaison. Il avait été retrouvé mort chez lui par son fils et son épouse le 22 janvier.

 

Après l’exhumation au cimetière de Bois-Marchand, en présence de plusieurs unités de la police, la contre-autopsie a été effectuée par le Dr Boolell, médecin légiste opérant dans le privé, en présence du Dr Gungadin, chef du département médico-légal de la police, et du Dr Sunnassee, Police Medical Officer. C’est ce dernier qui avait pratiqué la première autopsie de Jean France Machabee et conclu à une asphyxie due à la pendaison. Le Dr Boolell est arrivé à la même conclusion, sauf qu’il a aussi relevé un hématome à l’arrière de la tête de Jean France Machabee. Ce qui pourrait conduire à une autre piste.

 

«J’avais raison d’avoir de sérieux doutes», lâche Noël Machabee, le frère du défunt. Lui et d’autres proches ont retenu les services de l’avocat Jim Seetaram et de l’avoué Ravi Kumar Ramdewar dans cette affaire. Noël Machabee compte désormais sur la police pour faire la lumière sur cette affaire : «Je suis toujours convaincu qu’il y a eu foul play dans cette affaire. Mon frère n’avait aucune raison de se donner la mort. Il avait toujours été de nature très joviale et farceuse. Je souhaite que la Major Crime Investigation Team enquête sur tous les faits troublants qui entourent cette affaire.»

 

L’un d’eux, explique Noël Machabee, est la tenue que portait son frère quand on l’a retrouvé : «Eski enn dimoun ki pou met pandi kot li pou met enn jeans bien prop, enn polo-shirt ek soulie ki li mete pou sorti ?» Des membres de la famille avaient aussi noté que le défunt avait les lèvres boursouflées sur son lit de mort. Noël et sa belle-sœur Marie-Lourdes avaient par la suite consigné une déposition au poste de police d’Abercrombie à cet effet. Selon eux, Jean France Machabee ne pouvait pas s’être donné la mort.

 

Quelques heures plus tard, la famille se retrouvait scindée en deux, entre ceux qui insistaient pour maintenir les funérailles et ceux qui étaient d’avis que Jean France avait été victime d’un acte malveillant. Noël et d’autres proches ont rencontré l’avocat Jim Seetaram trois jours plus tard. Ce dernier a par la suite récupéré des photos prises par la police le jour du drame pour les faire examiner par le Dr Boolell. Les deux y ont relevé plusieurs faits troublants.

 

La cour a d’ailleurs pris en considération les «scientific evidences» avancées par le Dr Boolell pour autoriser l’exhumation. La position du corps de la victime, avec les pieds sur le sol, posait notamment problème. L’ancien médecin légiste de la police notait également que la boucle nouée autour du cou de Jean France ne pouvait être l’œuvre d’une seule personne. En effet, deux morceaux de tissu étaient noués autour du cou du défunt. «Enn drwatie pou atas enn ne dan drwat. Seki ti ena dan likou mo frer ti dan gos», précise Noël.

 

Le Dr Sunnassee avait aussi reconnu en cour que les boucles allant dans la bouche et sous le cou en même temps étaient rares. Le médecin légiste n’avait d’ailleurs pas exclu toute possibilité d’un acte criminel, tout en spécifiant qu’une telle conclusion était peu probable. L’Acting Senior District Magistrate du tribunal de Port-Louis a toutefois autorisé une exhumation en attendant une enquête judiciaire. Avec les conclusions de la contre-autopsie, Noël et les siens comptent désormais sur la police «pou konn la verite ek gagn la zistis».