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Noyades : Début d’année cauchemardesque pour quatre familles

Le pays compte déjà quatre cas de noyade depuis le commencement de l’année. Des baignades se sont ainsi avérées mortelles pour trois hommes à Flic-en-Flac, Chamouny et Mahébourg respectivement. Alors qu’une octogénaire s’est, elle, noyée après avoir fait un malaise sur un lieu de prière se trouvant sur la berge d’une rivière de sa localité. Les familles endeuillées sont abasourdies par la douleur.

Deven Rajbahadur, un «excellent nageur», périt dans une rivière
 

 

Il allait fêter ses 36 ans dans quelques jours, soit le 20 janvier. Pour l’occasion, Deven Rajbahadur, plus connu comme Baba, comptait réunir sa famille et ses amis autour d’un copieux repas mais le destin en a décidé autrement. Le corps sans vie de cet habitant de Mahébourg a été retiré d’une rivière de sa localité par un volontaire, le 10 janvier. Il s’est noyé après avoir pris quelques verres avec des amis.

Deven Rajbahadur laisse derrière lui trois enfants âgés de 15, 12 et 8 ans respectivement. Ces derniers sont sous la responsabilité de la Child Development Unit depuis sept ans, soit depuis que leur mère s’est donné la mort. La victime vivait chez ses parents à Doolar Lane, où règne maintenant un lourd sentiment de tristesse. Son frère Sirowen explique que la famille n’arrive pas à comprendre comment un tel drame a pu arriver : «Il était un excellent plongeur et nageur. Plusieurs personnes ont appris la natation et la plongée avec lui dans la rivière où il est mort. C’est terrible. C’est vraiment un mauvais coup du destin.»

Le jour fatidique, Deven avait passé la matinée au travail avant d’aller rejoindre des amis. «Mo frer ti mason. Li ti al lev rocksand kot enn vwazin avan met sa plan-la ek kat kamarad. Nou tann dir ki linn al naze kan enn so kamarad inn challenge li. Enn kouzin kinn vinn dir mwa ki mo frer inn nwaye. De Coast Guard ti deza laba dan bato kan monn ariv larivier me se enn volonter kinn rant dan dilo pou tir so lekor. Lerla bann Coast Guard-la inn ris so lekor ek pran li ale dan bato. Nou tou bien tris pou Deven.» Une bien dure épreuve que doit surmonter cette famille de Mahébourg.

 


 

 

Ganessen Armoogum emporté par les flots d’une cascade

 

 

Ils sont dévastés par la douleur du deuil. Il est extrêmement difficile pour les Armoogum de Surinam, qui habitaient auparavant à Vacoas, d’accepter la noyade de Ganessen, 41 ans. La dépouille de ce dernier a été repêchée le 8 janvier, dans une cascade à la Vallée des Couleurs, où il était employé. Le rapport d’autopsie indique qu’il a succombé à une asphyxie suite à la noyade.

 

Mais les proches de Ganessen ne comprennent pas comment il a pu se noyer. «Mon fils était un excellent nageur et plongeur. Il faudra qu’on nous explique comment il a pu se noyer sur son lieu de travail», s’insurge Devigee, la mère de la victime, entre tristesse et révolte. La famille attend la fin des rites funéraires pour rencontrer les responsables de l’enquête policière ainsi que la direction de la Vallée des Couleurs afin d’en savoir plus sur les circonstances de ce terrible drame.

 

Devigee Armoogum explique que son fils avait pris de l’emploi à la Vallée des Couleurs, à Chamouny, il y a trois mois. «Mo garson ti konn fer boukou travay. Li ti mason me li ti osi fer mekanisien ek tay ros. Li ti fek fini ranz lakaz so ser kan linn regagn enn travay dan Vallée des Couleurs. Li ti deza travay laba avan. Zot tou ti pe rod li akoz li ti enn bon travayer. Li ti osi bien popiler.»

 

Le jour du drame, Ganessen Armoogum, un célibataire, avait quitté très tôt le domicile de ses parents, où il habitait également, pour aller travailler. Il se serait noyé vers 10h30. Son corps a toutefois été repêché vers 15h30. Ses funérailles ont eu lieu, le lendemain. Il a été inhumé au cimetière de Camp-Diable. Plusieurs proches et amis s’étaient déplacés pour lui rendre un dernier hommage ce jour-là.

 


 

 

La dernière baignade de Peramallee Ramsamy
 

 

 

Toute la famille s’était donné rendez-vous sur la plage de Flic-en-Flac, le 5 janvier, pour célébrer la nouvelle année. Mais la fête a viré à la tragédie quand Peramallee Ramsamy, 72 ans, un ancien boulanger habitant Vacoas, s’est noyé alors qu’il faisait une baignade. «Il nous est très difficile d’accepter ce terrible drame. Nous sommes tous encore sous le choc. Ma mère, âgée de 68 ans, est inconsolable. Mon père respirait la forme. Il nageait régulièrement. Je pense qu’il s’est noyé après avoir fait un malaise», confie l’une des deux filles de la victime.

 

Plusieurs membres de la famille étaient dans l’eau lorsque Peramallee a eu des difficultés. Il n’a cependant pas eu le temps de crier à l’aide. «Je nageais à côté de ma sœur lorsque cette dernière m’a demandé où se trouvait notre père. On l’apercevait au loin. Une nièce s’est approchée de lui et a vu qu’il avait la tête immergée dans l’eau. On l’a sorti et transporté à une clinique de la région mais il était déjà trop tard», souligne sa fille, les larmes aux yeux. La nouvelle année commence de manière dramatique pour la famille Ramsamy.

 


 

 

Kisnawtee Gopaul meurt en allant faire une prière

 

Sur cette photo, remise par son fils, la victime venait de se marier. Elle  avait 84 ans au moment de son décès.

 

Elle s’inquiétait beaucoup pour un de ses fils et voulait faire une prière spéciale pour lui. Ainsi, Kisnowtee Gopaul, 84 ans, s’est rendue sur un lieu de culte très connu, situé sur les berges d’une rivière de sa localité, à Montagne-Blanche, le mercredi 9 janvier. Hélas, l’octogénaire est tombée à l’eau et s’est noyée après avoir fait un malaise à cet endroit. Son corps sans vie a été repêché par le Groupe d’intervention de la police mauricienne.

 

Les funérailles de cette habitante de l’Est ont eu lieu le lendemain, en l’absence de son benjamin et de ses deux filles qui sont tous à l’étranger. Son autre fils, Shekar Gopaul, 63 ans, regrette que toute la famille n’ait pu se réunir pour lui dire un dernier adieu. «J’ai un frère et une sœur en France. J’ai une autre sœur en Angleterre. Ils n’ont pu faire le déplacement. Je m’inquiète désormais pour mon frère qui vit seul en France. Ma mère se faisait également un sang d’encre pour lui à cause de cette histoire de gilets jaunes et des nombreuses manifestations en France.»

 

Le jour du drame, Kisnowtee Gopaul a quitté son domicile, à Mandhub Lane, pour se rendre à la rivière Grand-Point. «Nou panse linn tomb dan delo ek nwaye kan linn fer enn malez. Li abitie tombe kan li fatige. Ena boukou pou marse pou al sa larivier-la. Ena osi leskalie pou desann», souligne Shekar.

 

Il a rencontré un religieux après le décès tragique de sa mère et celui-ci l’a beaucoup rassuré. «Maraz-la inn osi dir mwa ki ti ena sa dan so destin. Linn mor kot ganga, se a dir enn larivier. Se enn gras pou bann hindou», confie Shekar, même si sa douleur est intense après le décès tragique de sa mère.