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Elle l’avait projetée à terre lors d’une dispute : Vanessa Curpen écope de cinq ans de prison pour le meurtre de son bébé

Indiren Curpen avait obtenu – et c’est rare dans ce genre de cas –  le statut de témoin vedette.

La cour intermédiaire a condamné cette maman à cinq ans de prison pour avoir tué son nouveau-née d’un jour en 2007. Retour sur cette sordide affaire où Indiren, l’époux de cette habitante de Goodlands, avait obtenu le statut de Star Witness. La jeune femme a aussi fait l’objet d’une enquête préliminaire dans une autre affaire similaire. Une décision du Directeur des poursuites publiques est attendue pour décider de la marche à suivre.

Elle n’avait qu’un jour. Et tout l’avenir devant elle. On aurait pu croire que ses parents étaient heureux d’avoir un quatrième enfant. On aurait pu croire que c’était le bonheur pour cette petite famille qui s’agrandissait. Mais non. Au lendemain même de sa naissance, cette petite fille est morte dans la plus terrible des circonstances. Lors d’une dispute entre son père et sa mère, cette dernière l’a violemment projetée au sol, la tuant sur le coup. La maman meurtrière, Vanessa Curpen, a été condamnée à cinq ans de prison 13 ans plus tard. Un deuxième procès similaire l’attend pour avoir tué un autre nouveau-né deux ans plus tard.

 

La sentence pour le premier meurtre de 2007 a été prononcée le jeudi 30 juillet par le magistrat Pranay Sewpal. «Dans ce cas présent, la cour ne peut faire preuve de clémence. Sinon, elle enverra un mauvais signal à ceux ayant l’intention de commettre un délit similaire. Pour toutes ces raisons, un terme d’emprisonnement est clairement approprié», a déclaré le vice-président par intérim de la Cour suprême. Il est également d’avis que la principale concernée a agi délibérément et récuse ainsi la thèse accidentelle. Alors que Vanessa Curpen faisait l’objet d’une accusation formelle de «wounds and blows causing death without intention to kill».

 

Cette sordide affaire éclate le 27 septembre 2007. Lors d’une fouille au domicile des Curpen, à Goodlands, la police découvre, sur une table, le cadavre d’un nourrisson enveloppé dans un tissu maculé de sang. Les parents, Vanessa et Indiren, sont arrêtés sous une accusation provisoire de «murder of a newly born child». L’époux fait d’abord valoir son droit au silence, puis passe à table et accuse son épouse. L’histoire, en gros, est comme suit : la veille du drame, Vanessa était seule à la maison lorsqu’elle a accouché de son quatrième enfant, une fille, dans sa chambre. Elle a ensuite téléphoné à son époux pour lui annoncer la nouvelle. En rentrant, Indiren se serait mis en colère car le nouveau-né ne lui ressemblait pas. «Mo ti dir li zanfan la kler, pa pou mwa sa», avait déclaré Indiren Curpen. La discussion à cause de cela se serait envenimée et à un moment, Vanessa, folle de rage, aurait projeté le bébé au sol.

 

Un accident

 

L’autopsie pratiquée par le Dr Gungadin avait révélé que la nouveau-née avait succombé à une «fracture of the skull with brain laceration» et qu’elle avait plusieurs côtes brisées. Lors du procès qui s’en est suivi, il a précisé qu’«une simple chute ne peut provoquer une telle fracture». L’accusée, elle, a toujours maintenu que la fillette était tombée, que c’était un accident. «Mo aksepte ki dan enn moman koler mo finn zet sa zanfan-la anba lor sali ek apre enn ti moman, kan mo finn lev li, mo finn trouve ki linn fini mor.»

 

Le couple Curpen a été déféré aux assises après la tenue de l’enquête préliminaire au tribunal de Rivière-du-Rempart. Mais le Directeur des poursuites publiques (DPP) a décidé, par la suite, d’envoyer l’affaire en cour intermédiaire et de poursuivre Indiren et Vanessa sous une accusation de «wounds and blows causing death without intention to kill». Les époux avaient aussi retrouvé la liberté conditionnelle au motif qu’ils sont les parents de trois jeunes enfants.

 

Deux ans plus tard, en mars 2009, nouveau coup de tonnerre. Vanessa Curpen fait encore parler d’elle pour une autre affaire similaire. L’habitante de Goodlands est à nouveau arrêtée pour un infanticide. Elle fait d’ailleurs la une de 5-Plus dimanche, le 23 mars 2009, sous le titre : «Comment elle aurait tué ses deux bébés.» Son époux est, lui, accusé de complicité. Cette fois, c’est Toolsee, la mère d’Indiren qui habite la même maison qu’eux, qui les a dénoncés à la police. Dans sa déposition, elle explique que le jour de la fête nationale, elle a vu des vêtements de sa belle-fille maculés de sang dans la salle de bains. Deux jours plus tard, elle a découvert avec stupeur, enterré dans la cour, le corps d’un bébé garçon enveloppé dans un vêtement. Le médecin légiste de la police n’a pu déterminer la cause exacte du décès en raison de la décomposition avancée du nourrisson. Le couple Curpen est à nouveau placé en détention. Vanessa, elle, nie une nouvelle fois avoir tué son bébé et affirme qu’il est mort-né.

 

Les époux ont, une nouvelle fois, obtenu la libération sous caution et, depuis, ils vivent séparément. Le DPP a décidé, par la suite, de poursuivre seulement la jeune femme dans la première affaire d’infanticide, datant de 2007, alors que son époux obtiendra – et c’est rare dans ce genre de cas – le statut de témoin vedette. Durant le procès, Neelkant Dulloo, avocat de Vanessa Curpen, a expliqué que sa cliente n’avait jamais fait d’aveux formels. L’homme de loi a également souligné que sa cliente n’a pas eu droit à un procès équitable en raison des multiples versions de son époux. Ce dernier avait fourni quatre dépositions.

 

Me Dulloo avait d’ailleurs présenté une motion contestant la production de ces différentes versions en cour mais le magistrat a émis un ruling contre la défense et rejeté cette démarche. Vanessa Curpen a ainsi écopé de cinq ans de prison pour infanticide. Elle va bientôt devoir refaire face à la justice pour le deuxième cas d’infanticide de 2009. L’enquête préliminaire a déjà eu lieu et une décision du DPP est toujours attendue pour très bientôt. Le deuxième petit ange mort entre ses mains obtiendra-t-il aussi justice ? Affaire à suivre…