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Ebrahim Jiagoo meurt après une collision entre deux motos en 2016 - Son frère Oomar : «Kifer akize-la inn kondamne a zis 90 zer servis kominoter ?»

Ebrahim Jiagoo avait succombé à une fracture du crâne.

Ce jour-là, Ebrahim Jiagoo se rendait à la Jummah Mosque à moto pour la prière du soir lorsqu’un autre motocycliste de 24 ans l’a heurté. Grièvement blessé, cet électricien de 57 ans a rendu l’âme après quatre jours à l’hôpital. Le jeune homme a, lui, été poursuivi pour homicide involontaire. Après cinq ans, il a été condamné à trois mois de prison et à payer une amende. Mais au final, cette peine a été commuée en 90 heures de service communautaire. Révolté, Oomar, le frère de la victime, a écrit au bureau du Directeur des poursuites publiques pour réclamer justice. Récit.

Ce jour-là, Ebrahim Jiagoo se rendait à la Jummah Mosque à moto pour la prière du soir lorsqu’un autre motocycliste de 24 ans l’a heurté. Grièvement blessé, cet électricien de 57 ans a rendu l’âme après quatre jours à l’hôpital. Le jeune homme a, lui, été poursuivi pour homicide involontaire. Après cinq ans, il a été condamné à trois mois de prison et à payer une amende. Mais au final, cette peine a été commuée en 90 heures de service communautaire. Révolté, Oomar, le frère de la victime, a écrit au bureau du Directeur des poursuites publiques pour réclamer justice. Récit.

 

En lui gronde un profond sentiment d’injustice. Oomar Jiagoo, 61 ans, ne digère pas la décision de la magistrate Ida Dookhy-Rambarrun, siégeant au tribunal de Port-Louis, de permettre à celui qui a tué son frère de faire 90 heures de service communautaire en remplacement de sa condamnation initiale qui était de purger trois mois de prison et de payer une amende de Rs 8 000 pour homicide involontaire. «Kifer akize-la inn kondane zis 90 zer servis kominoter apre lamor mo frer ? Mo frer pa ti pou mor si li pa ti roul brit ek vit. Li tro fasil pled koupab ek prezant exkiz. Nou pa dakor ek sa ditou. C’était bel et bien un homicide même si c’était involontaire», s’indigne cet habitant de la rue Arsenal à Port-Louis. Le sexagénaire a écrit au bureau du Directeur des poursuites publiques pour lui faire part de son mécontentement.

 

L’accident qui a coûté la vie à Ebrahim Jiagoo remonte au 12 novembre 2016. «C’était un samedi», se souvient Oomar. Son frère aîné, un électricien de 57 ans comptant 35 ans de carrière au sein du CEB, se rendait à la prière du soir à moto lorsque le drame s’est produit à la jonction des rues SSR et Jummah Mosque. Un autre motocycliste l’a percuté de plein fouet en faisant un doublement dangereux. Grièvement blessé, Ebrahim est décédé après quatre jours d’hospitalisation. Le rapport d’autopsie indique qu’il a succombé à une fracture du crâne. L’autre conducteur, un habitant de Vallée-Pitot âgé de 24 ans à l’époque, pilotait une moto empruntée à un ami et n’avait pas de permis. Son alcotest s’était révélé négatif.

 

Il avait été arrêté sous une accusation provisoire d’homicide involontaire après la mort d’Ebrahim Jiagoo, le 16 novembre 2016, et avait dû fournir une caution pour retrouver la liberté conditionnelle. Lors de son procès, le suspect a plaidé coupable. Il a aussi présenté des excuses à la cour après avoir admis avoir roulé imprudemment le soir fatidique. Le verdict est tombé le 7 mai dernier. La magistrate Dookhy-Rambarrun l’a condamné à purger trois mois de prison et à payer une amende de Rs 8 000. Elle a également décidé de suspendre son permis de conduire pour une période d’un an. Elle a, par la suite, commandé un rapport social sur l’accusé. Les conclusions sont tombées le 22 mai. À la lumière d’un rapport social favorable, la magistrate a décidé de commuer la peine de prison en 90 heures de service communautaire. L’habitant de Vallée-Pitot devra se présenter à nouveau en cour le 27 septembre.

 

Une décision qui révolte Oomar Jiagoo et les siens. «La magistrate aurait dû bien réfléchir avant de prendre une telle décision. C’est tout ce que vaut la vie d’une personne ? C’est révoltant. J’ai déjà écrit au bureau du DPP. J’espère que ce n’est pas trop tard pour faire appel du jugement», souligne Oomar. Il explique que sa famille ne s’est jamais remise de ce terrible drame. Son frère Ebrahim était marié et père de deux garçons qui avaient 25 et 22 ans au moment des faits. Tous réclament justice. «Mo frer ti enn bon dimoun. Li pa ti merit sa», martèle Oomar, la voix tremblant de colère, de chagrin et d’incompréhension.