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Charge réduite pour le double meurtre de Camp-de-Masque-Pavé : la famille Rughoobin, entre douleur et incompréhension

Tavish Ausman était mineur lorsqu'il a poignardé mortellement Reshma et Yeshna Rughoobin.

Les deux accusations de meurtre prémédité qui pesaient sur Tavish Ausman ont été réduites à celles d'homicide involontaire et il plaide désormais coupable. Mais ces rebondissements dans le cadre du meurtre de Yeshna et Reshma Rughoobin ne font qu'accentuer la douleur de leurs proches. Vick, qui a perdu sa fille et sa mère dans ce drame, exprime sa colère...

Il était poursuivi sous deux accusations de meurtre avec préméditation et circonstances aggravantes, et plaidait non-coupable. Toutefois, celles-ci ont été réduites à celles d'homicide involontaire en Cour suprême, le mardi 11 mai ; des accusations pour lesquelles Tavish Ausman plaide désormais coupable. Le jeune homme de 22 ans – il avait 17 ans au moment des faits – est représenté par Mes Rama Valayden et Haafizah Bibi Goolamy dans le cadre de ce procès qui lui est intenté pour le double meurtre de Camp-de-Masque-Pavé, en février 2016, au cours duquel Yeshna Rughoobin, 13 ans, et sa grand-mère Reshma Rughoobin, 54 ans, ont été tuées de plusieurs coups de couteau. Tavish Ausman avait aussi poignardé Yovi Rughoobin, 11 ans, mais ce dernier avait pu s'enfuir pour aller chercher de l'aide.

 

Les membres de la famille des deux victimes vivent désormais en Australie mais cela ne les empêche pas de suivre de près l'évolution de l'enquête pénale dans le cadre de cette affaire ayant bouleversé leur vie à jamais. Cinq années se sont, certes, écoulées mais leur douleur est encore tout aussi intense. D'ailleurs, les derniers rebondissements n'ont fait que retourner le couteau dans leurs plaies béantes. «C'est vraiment dur à digérer. Il a tué deux personnes et grièvement blessé une troisième. Tavish Ausman n'était peut-être qu'un adolescent à l'époque mais il n'était pas stupide», s'insurge Vick Rughoobin qui a perdu sa mère et sa fille au cours de cette tragédie. Il ne comprend pas comment l'enquête judiciaire a pu prendre cette tournure.

 

Les aveux de Tavish Ausman ont été présentés devant le tribunal ce mercredi 19 mai. Il a déclaré qu'il n'avait nullement l'intention de tuer l'adolescente et sa grand-mère. Il a indiqué avoir emmené, avec lui, des armes tranchantes et une bande isolante pour leur faire du chantage si jamais Yeshna Rughoobin refusait de l'épouser mais que les choses ne se seraient pas déroulées comme il l'avait prévu. Il serait tombé sur la grand-mère qui l'aurait découragé dans ses démarches et lui aurait demandé de partir, et tous deux auraient eu une altercation.

 

Tavish Ausman a exprimé ses regrets et collaboré pleinement avec la police. Si cela a joué en sa faveur devant le juge Benjamin Marie-Joseph, la famille des deux victimes ne lui pardonne pas son acte. Vick Rughoobin est convaincu qu’il avait bien calculé son coup : «Il s'est présenté chez moi avec la ferme intention d'en finir avec ma famille. Il était armé et a patienté pour pouvoir s'en prendre à mes proches un à un. Il a été pris en flagrant délit dans ma maison. Ce genre de personne ne mérite pas de vivre. La cour aurait dû prendre sa décision en se basant sur les faits et non sur les émotions.»

 

Selon lui, si Tavish Ausman s'était réellement senti coupable, il se serait arrêté après avoir tué sa mère. «Mais il a attendu l'arrivée de mes enfants pour les agresser également. Il ne mérite pas une réduction de sa sentence ; pas même d'un seul jour. Il doit être puni pour ces crimes.»

 

Les années ont passé mais la douleur de la famille Rughoobin est encore palpable. «Ces deux êtres chers ne nous seront jamais rendus. Cependant, cette affaire n'implique pas que nous mais tous les Mauriciens qui sont passés ou qui passent par une situation similaire. Nous ne souhaitons pas que cela arrive à d'autres.» Cette décision de la cour est décidément incompréhensible pour Vick Rughoobin et les siens : «Une loi qui est contre l'idée de pardonner des mineurs pour leurs crimes a été appliquée dans plusieurs pays. Maurice devrait prendre exemple sur ces pays. Quel genre d'exemple donnons-nous à nos jeunes ? Comment espérez-vous qu'une famille ayant perdu deux de ses proches puisse se sentir ? C'est une douleur qui ne s'estompe pas avec le temps.» Il persiste et signe : «Il s'agissait d'un meurtre prémédité !»