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Arvind Mahabeer tué à coups de tournevis par un voisin | Asha : «Il a tué mon fils aîné après avoir déjà agressé mon fils cadet»

Les parents du jeune homme sont effondrés.

Il allait bientôt donner une nouvelle direction à sa vie avec la construction de sa maison et la présentation de sa petite amie aux membres de sa famille. Le couple comptait se fiancer l’année prochaine. Hélas, rien de tout cela ne se réalisera. Arvind Mahabeer, 29 ans, est mort après avoir été agressé lors d’un cambriolage par un homme qui s’en était déjà pris à son frère il y a quelque temps. Ce dernier ainsi que la mère de la victime racontent le drame.

Elle oscille entre chagrin et colère. Parfois, ce sont les deux en même temps qui la jettent à terre. «Mo touzour pa krwar seki finn ariv mo gran garson. Mo pe res pans li mem», lance Asha Mahabeer d’une voix emplie d’émotion. Arvind Mahabeer, plus connu comme Niraj et âgé de 29 ans, est décédé tragiquement le mardi 10 novembre. Il avait été agressé au tournevis il y a un peu plus de deux mois par un voisin qui était entré dans sa cour pour commettre un vol.

 

Après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales et être resté plusieurs jours dans le coma, il a hélas succombé à une «septicaemia following abdominal stabbed wound». Au grand désespoir de sa mère, de son père et de son jeune frère Nikesh, 24 ans, qui avait lui aussi été agressé par le même homme il y a quelque temps.

 

Lors de son séjour à l’hôpital, Arvind a pu donner sa version des faits à un policier du poste de Rivière-du-Rempart. Cet habitant de Roches-Noires, merchandiser dans un supermarché du Nord, a expliqué qu’il se trouvait chez lui vers 00h30, le dimanche 6 septembre, quand il a entendu du bruit provenant de sa véranda. Il a jeté un coup d’œil à l’extérieur et y a vu Dinesh Neermaul, un habitant du voisinage, avec un tournevis à la main. Arvind lui a demandé des explications sur sa présence en ces lieux et il aurait répondu : «Monn vinn-la pou montre zot ki mwa. Zot ti fer komplint kont mwa.» Une violente altercation a ensuite éclaté entre Arvind et l’intrus.

 

Selon le jeune homme, Dinesh lui a alors assené quatre coups de tournevis à l’estomac. Il a aussi été touché à la main gauche et à la jambe droite. Grièvement blessé, il a été transporté à l’hôpital SSRN. «À son arrivée à l’hôpital, il avait des difficultés à parler et à respirer. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à réaliser que son cas était vraiment préoccupant. Quand la police est venue récupérer son T-shirt maculé de sang, on pouvait clairement voir les trous causés par le tournevis», confie son cadet Nikesh.

 

Le séjour d’Arvind à l’hôpital a été un calvaire. «Mon fils a souffert le martyre durant deux mois. Il avait subi six opérations mais avait toujours des hémorragies. De plus, il était dans le coma depuis trois semaines, au département des soins intensifs. Mais on gardait tous espoir qu’il allait se remettre», regrette Asha.

 

Elle raconte que le soir du drame, tous les membres de la famille se sont réveillés en sursaut lorsque Arvind a donné l’alerte après avoir aperçu un inconnu sous la terrasse familiale. Il a averti sa mère avant de sortir de la maison. Cette dernière est alors allée réveiller son fils cadet. «Mo frer ti trouv li pe rod kokin nou stati bondie Hanuman. Lerla linn sorti pou anpes li fer sa. Kan monn sorti monn trouv mo frer pe diskite ek lite ek misie-la dan sime. Mo trouv misie-la kouma pik mo frer kat kout dan so lestoma ek lezot plas ankor», raconte Nikesh. Il poursuit son récit : «J’ai dû lui donner un coup pour l’empêcher d’agresser mon frère à nouveau. Il a ensuite pris la fuite en se débarrassant de son jacket, de son porte-monnaie et de ses savates pour pouvoir courir vite. Je ne l’ai pas pourchassé car mon frère hurlait de douleurs. Il avait aussi perdu beaucoup de sang. On a dû le transporter à l’hôpital nous-mêmes car la police et l’ambulance ont trop tardé à venir.»

 

Selon Asha, ce n’est pas la première fois que le dénommé Dinesh s’introduit dans leur cour : «Se deziem stati ki li rod kokin kot nou la. Li ti kokin enn premye stati an zanvye.» Ce soir-là, Nikesh avait été attaqué dans le dos avec une barre de fer. «Mo ti sorti kan monn tann tapaz dan lakour. Enn kout mo santi enn prezans dan mo ledo. Linn tap mwa apre linn sove. Nou finn kone li sa parski li ti telefonn mwa apre pou dir ki se li ki ti vinn kokin kot nou. Li soular ek droge. Mo sipoze linn fer sa pou gagn kas», confie Nikesh. Le jeune homme avait porté l’affaire à la police à l’époque. «On ne sait pas si la police a donné suite à cette affaire», dit-il. La famille tient à préciser que le présumé agresseur était bien là pour voler et rien d’autre. Asha récuse aussi catégoriquement les rumeurs selon lesquelles elle aurait une liaison extraconjugale avec le présumé agresseur de son fils.

 

Arvind s’en est allé tragiquement alors qu’il avait toute sa vie devant lui pour réaliser ses projets, notamment faire construire sa maison et présenter sa petite amie à sa famille. Les proches respectifs devaient bientôt se rencontrer pour officialiser cette relation. Le jeune couple voulait aussi se fiancer en 2021. Le destin en a hélas décidé autrement.

 


 

Dinesh Neermaul présente des excuses

 

C’est par le biais d’un appel téléphonique de la prison que Dinesh Neermaul, un peintre de 45 ans, a tenu à présenter ses excuses à Nikesh Mahabeer. C’était le lundi 9 novembre. «Je ne sais pas comment il a fait pour avoir mon numéro. Il m’a demandé de l’excuser. Il m’a également dit qu’il regrettait ce qu’il avait fait. Mon frère est décédé le lendemain matin», explique Nikesh. La police a procédé à l’arrestation du présumé agresseur d’Arvind Mahabeer le 10 septembre, soit après trois jours de cavale. Il a été «remanded to jail» après sa comparution en cour. L’accusation provisoire d’«involuntary wounds and blows» qui pesait sur lui a été changée en celle de «murder».