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Ras Zen… La nouvelle voix du reggae mauricien

Il a marqué les esprits lors de son passage dans Baz Mistik avec une musique et des paroles puissantes mais aussi ses longs dreads et l’énergie qu’il a dégagée sur scène. C’était lors de la quatrième édition du Reggae Sunplash, à Chamarel. Ce jour-là, Ras Zen en a profité pour lancer son premier album intitulé La mizik la vie en interprétant quatre titres. Rajen Tylamma, de son vrai nom, a également fait une reprise d’une chanson de Bob Marley avec des paroles propres à lui, qui ont conquis ceux présents à cette grand-messe du reggae.

 

La sortie de ce premier opus n’est pas un hasard. C’est le fruit de plusieurs éléments détonateurs qui marquent la carrière musicale de ce chanteur hors pair de 47 ans, habitant Baie-du-Tombeau. Ras Zen a une riche carrière musicale. Il a évolué en tant que claviériste au sein de plusieurs groupes, notamment avec Kool Is I sur l’album Pirataz de Ras Minik. Il a également participé à l’album Lapo Kafe de Denis Fricot. Il excelle aussi en tant qu’arrangeur musical. Il a travaillé sur le Best Of de Kaya et sur l’album Apocalypse de Ras Dimun.

 

Le premier détonateur de sa carrière a été sa rencontre en 1999 avec Rodoman, le plus vieux rasta mauricien, lors d’un concert au Dojo, à GRNO. «Dernie konser Kaya zwe sa. Ti le 6 fevrie. Mo mem ti organiz sa», dit-il. C’est à la mort de Kaya qu’il commence à composer. Peu après, Rodoman le baptise Ras Zen à cause de sa «zen attitude». En 2010, il commence à interpréter ses chansons à la demande du même Rodoman. «Ses encouragements ont été mon deuxième détonateur. D’autant que la musique me permet de me déconnecter», avoue-t-il.

 

Sa carrière a connu un autre boost lorsqu’il a commencé à fréquenter le «Colonel» Georges Corette. «Monn konn li pandan katran. Monn aprann mari boukou ek li lor kote spiritiel lamizik», souligne Ras Zen qui précise qu’il est rasta «depi mo zanfan». Il avait un mois lorsqu’il a été adopté par une famille chrétienne dont un membre était rasta. Sa famille biologique vivait dans les environs mais ses parents étaient trop pauvres pour subvenir à ses besoins. «Misie rasta-la mem kinn grandi mwa ek gid mwa», confie notre homme qui puise aussi sa force de ses origines. Son grand-père Indien s’est marié à Maurice avec une Malgache qu’il a rencontrée lors d’un passage dans la Grande Ile.

 

Aujourd’hui, la musique est «enn mision» pour lui et le Ras Zen Attitude Band. Son groupe et lui préparent la sortie prochaine d’un clip de la chanson-titre de l’album. Pour trouver l’inspiration, Ras Zen lit tous les livres spirituels qui lui tombent sous la main. Il fait aussi beaucoup de méditation. Il a commencé la préparation de son premier album en 2014 et il est très influencé par la langue française ; ce qui lui vient de la première famille chrétienne où il a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans. Il est ensuite allé habiter à la rue Magon, à Plaine-Verte, chez une famille musulmane.

 

«J’étais aussi le premier enfant de Baie-du-Tombeau à pratiquer le taekwondo. Ma famille de l’époque habitait non loin de mon dojo. J’avais été sélectionné pour participer au championnat du monde mais je ne suis pas parti. Je suis retourné à Baie-du-Tombeau à 16 ans. J’ai mis fin à ma scolarité après la Form V», souligne le chanteur.

 

À 20 ans, il part vivre chez une famille hindoue à Tranquebar jusqu’à l’âge de 23 ans où il retourne définitivement dans son village natal pour prendre son envol et fonder une famille. C’est aussi à l’âge de 23 ans qu’il se laisse pousser les cheveux et épouse définitivement le rastafari. Il est père de deux enfants ; une fille de 24 ans, qui est esthéticienne, et un fils de 20 ans, qui est ingénieur du son. Son épouse Marie-Noëlle est femme au foyer.

 

«Le rastafari est universel et ne se base pas sur la couleur», précise Ras Zen. Qui s’empresse d’ajouter : «Lamizik se mo zarm de konsians.» La mizik la vie est une autoproduction via le label Zenrek Production. Brian Veerapin gère le côté administratif. Ce premier opus est disponible chez Danny Music à Port-Louis, Metro Sound à Bambous, Belle-Rose et Grand-Baie, au magasin Rajah à Flacq, chez Mr Daby à Goodlands et Prêt à Manger à Curepipe. À consommer sans modération !