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Norbert Planel : leurs adieux à l’artiste «original» et «au grand cœur»

Spectacles, musique, ateliers... Un homme qui a su marquer l'art mauricien par son empreinte, partout où il passait.

Cette semaine, le monde musical local a été secoué par une triste nouvelle. Nobert Planel, la quarantaine, est décédé tragiquement. Dès lors, les hommages n’ont cessé de pleuvoir de la part des artistes de l’île, exprimant une immense tristesse et saluant l’apport de celui qui était connu pour être un percussionniste mais aussi un chercheur de sons, évoluant au sein de nombreux groupes et spectacles. Certains de ceux qui l’ont côtoyé, entre tellement d’autres, en font un beau portrait. 

«Dans ma tête, que des bons souvenirs avec lui.» Eric Triton cherche ses mots. Difficile pour lui d’évoquer près de 20 ans passés à côtoyer Norbert Planel, percussionniste, musicien, artiste mais aussi ami, compagnon de route, père de famille, qui nous a quittés tragiquement le mercredi 3 février. Un homme très aimé, autant pour sa personne que pour son art. D’ailleurs, Eric Triton le dit : «C’est incompréhensible pour moi, le fait qu’il ne soit plus là…»

 

Norbert Planel, c’est quand même une  très riche carrière d’une bonne vingtaine d’années ; il a été percussionniste pour Eric Triton et le groupe Tritonik, formé aussi de Shakti Ramchurn, mais également aux côtés de Richard Beaugendre, du groupe La Foule, projet de conte et de musique avec Nikola Raghoonauth, Gaëlle Tossé et Léone Louis, dans le passé, entre plusieurs autres formations. Il était aussi sur scène récemment au Caudan Arts Centre pour le spectacle La ravanne de Daniella en janvier 2020 et dans tellement d’autres ateliers ici et là, toujours cherchant à pousser son art plus loin. On attribuait aussi un caractère artisanal à Norbert car il aimait concocter ses propres instruments. Depuis sa mort, les hommages ont plu sur les réseaux sociaux, venant de toute la communauté artistique mauricienne, et pas que. Bref, il dégageait plein de belles choses et c’est bien pour ça qu’il était aussi apprécié…

 

Ashish Bissoondial, Art Director du Caudan Arts Centre, n’est pas resté insensible à l’aura de Planel. «C’était quelqu’un de très profond. Il était toujours soit en réflexion, soit en création. Le spectacle La ravanne de Daniella était déjà prêt mais quand il est arrivé, il a apporté énormément à celui-ci ! Norbert avait aussi un esprit très collaboratif, il s’intégrait sans problème avec les autres ; je le constatais aussi quand je le voyais dans de nombreux ateliers.»

 

Sur scène pour le spectacle La ravanne de Daniella, adaptation du livre jeunesse d’Amarnath Hosany, Norbert Planel donnait la réplique à Mélanie Pérès et Daniella Bastien. «Je le connaissais depuis bien avant le spectacle, souligne Mélanie Pérès. C’est lui qui m’a offert mon kayamb (NdlR : instrument de musique de prédilection de la chanteuse et musicienne). Avec lui, c’était tout un apprentissage sur les rythmes. Quand il était dans son élément, il était toujours très serein.» Daniella Bastien, incontournable ravannière, évoque, pour sa part, quelqu’un de «joyful» : «Je sentais aussi que c’était le genre de personne qui aimait se réfugier dans la création.» 

 

Nitin Duva Pentiah, l’une des têtes pensantes du groupe La Foule, se rappelle de lui comme de quelqu’un «d’original» : «Ce n’était pas un plain entertainer. C’était quelqu’un qui réfléchissait beaucoup sur lui-même et sur l’art. Et je pense qu’il arrivait à trouver les réponses dans la musique. Cette musique qui semblait être pour lui l’apogée de ce qu’il était.»

 

Pour Anoucheka Massoudy, ancienne de La Foule et aussi membre de Patyatann, l’apport musical de Norbert a été très déterminant dans sa carrière : «C’est lui qui m’a introduit à tout ce qui est “rythme” dans la musique, c’était un apprentissage, donc j’ai beaucoup appris de lui. Il était très inspirant. Et puis, il était très sensible, avec toujours un petit sourire. Et quand il était sur scène, c’était comme si on voyait la musique sur son visage.»