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«L’Archipel du Sagrin» : Nando Bodha et le combat chagossien

Sylvio Michel, le Premier ministre Pravind Jugnauth, Nando Bodha, auteur du livre, Olivier Bancoult, leader du Groupe Refugiés Chagos, sir Anerood Jugnauth, l’ancien président Cassam Uteem et Rama Poonoosamy, directeur d’Immedia et éditeur du livre.

Le ministre des Infrastructures publiques a lancé un livre, le jeudi 23 août, qui nous parle de la lutte chagossienne, du déracinement, du quotidien de ces hommes et femmes à Maurice et des auditions à la Cour internationale, entre autres.

Activité intense au QG du Groupe Refugiés Chagos. Défilé de voitures, motards, policiers, ministres, anciens ministres et ancien président. Bref, pas mal de monde et de personnalités. En ce jeudi 23 août, l’actuel ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha lance L’Archipel du Sagrin, qui se veut un roman parlant de l’histoire des Chagossiens : leur déportation en 1965, leur quotidien difficile à Maurice, les grèves de la faim, l’implication des politiques et, bien sûr, la longue bataille légale pour le retour dans l’archipel.

 

Le livre suit le destin de plusieurs personnages. On s’agrippe au quotidien des Solange, Rita (Bancoult), Sylvestre, Jean-Roy, alors que leur vie n’est que malheur et tristesse. L’auteur met aussi l’accent sur le contexte international, géopolitique de la région, nous offrant une vision éclairée de la situation.

 

Nando Bodha s’explique sur le pourquoi de ce livre : «À l’époque, j’étais encore journaliste et très proche des développements autour de tout ce qui avait trait aux Chagossiens. J’ai alors pu découvrir l’âme chagossienne en rencontrant plusieurs grands acteurs de cette lutte, Olivier Bancoult, Fernand Mandarin, Rita Bancoult, Lisette Talate, Charlesia Alexis, entre autres. C’est un peuple qui n’avait jamais connu les cyclones et la violence… Ce livre, c’est aussi la voix de l’Espoir, car cette lutte a aussi uni le peuple mauricien», dit le ministre. 

 

Good timing, comme dit l’adage. Car le 3 septembre prochain, les auditions commencent à la Cour internationale de Justice des Nations Unies, à La Haye, où le dossier Chagos sera mis en avant. Et comme l’a dit le Premier ministre Pravind Jugnauth à cette occasion : «Ce livre aidera tout le monde, mais aussi les générations à venir, à comprendre la souffrance du peuple chagossien. C’est un important devoir de mémoire (…) Il faut comprendre et savoir les étapes, les épreuves, le calvaire de cette lutte, et ce livre, un roman/document très fort, procure une émotion intense.» Le Premier ministre a également souhaité qu’on parle enfin de l’histoire chagossienne dans les salles de classe.

 

Et bien sûr, au-delà du livre lui-même, il y a la lutte qui continue, avec tout l’espoir des auditions du 3 septembre. Olivier Bancoult, leader du Groupe Refugiés Chagos, reste toujours déterminé. «Jusqu’à mon dernier souffle, mo pou manz ar zot», s’est-il exclamé lors du lancement du livre.

 

Lors des auditions à la Cour internationale de Justice, Maurice demandera aux Nations Unies leur avis sur deux sujets : «l’excision» des Chagossiens sur le territoire mauricien en 1965 et la décision des Anglais sur le fait qu’ils continuent à administrer les Chagos et empêchent les Chagossiens de revenir.

 

L’Archipel du Sagrin est en vente à Rs 250 dans les grandes librairies de l’île.