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Yonzah Collet, 12 ans, non-admis dans son collège à cause de ses dreadlocks - Dorothée Quirin, sa mère : «Se enn diskriminasyon ek mo pe lager pou pena lezot ki sibir sa…»

Yonzah a pu s'intégrer facilement dans son nouveau collège.

L’histoire du petit Yonzah a causé l’indignation à Rodrigues comme à Maurice. Et un mouvement de solidarité s’est mis en place afin de soutenir le petit, mais aussi ses parents, dans ce combat contre la discrimination. D’ailleurs, une pétition a même été lancée en ce sens contre le Rodrigues College.

Marcher sur les pas de ses parents en intégrant le Rodrigues College (RODCO) pour ses études secondaires était le plus grand souhait de Yonzah Collet, 12 ans. Il s’est donné tous les moyens pour atteindre ce but et grande fut sa joie, ainsi que celle de ses parents, quand ce collège lui a été attribué d’office lors de l’annonce des résultats des examens de fin de cycle primaire en décembre dernier. «Il me disait toujours qu’il voulait, comme son père et moi, être un élève du RODCO et vous imaginez sa joie et notre fierté quand il l’a eu. Surtout que je sais plus que quiconque à quel point Yonzah s’est investi dans ses études pour réussir ses examens», confie Dorothée Quirin, la maman du garçonnet.

 

Mais la joie a vite laissé place au désarroi quand cette maman a été confrontée au refus de la direction du collège en question de faire admettre son fils sous prétexte qu’il porte des dreadlocks. «Une semaine avant l’admission, je suis allée au collège avec les résultats de mon fils mais aussi pour informer la direction que Yonzah a des dreadlocks depuis son plus jeune âge et qu’il a toujours été scolarisé ainsi. Mais le recteur de RODCO m’a ri au nez et m’a fait comprendre que soit mon fils se coupe les cheveux, soit je peux chercher ailleurs pour sa scolarité», se remémore cette maman avec agacement. Dépitée et en colère face à une telle réaction, Dorothée a quand même tenu à faire de sorte que Yonzah puisse être scolarisé dans un établissement qui l’accueillerait comme il est. «Ce manque de respect a été plus que blessant. Ce sentiment d’injustice, mais aussi de discrimination, auquel mon enfant a dû faire face m’a fait beaucoup de peine. C’est pour cela que j’ai préféré chercher ailleurs. C’est ainsi que je me suis tournée vers le collège Le Chou, qui a accepté de scolariser Yonzah. Suite à cela,  il me fallait une lettre du recteur de RODCO où il stipule pourquoi il refuse de prendre mon fils dans son établissement pour que je puisse poursuivre les procédures de transfert. Mais à ma grande surprise, il a simplement mentionné que je faisais une demande de transfert et n’a à aucun moment mentionné la vraie raison. Quand je le lui ai dit cela,  il a encore une fois fait l’indifférent.»

 

Chose que Dorothée Quirin n’a pas digérée. «C’est de mon fils dont il s'agit et je n’accepterais pas qu’on lui fasse du mal ainsi ou qu’il soit jugé sur son apparence et non sa performance académique. Quand j’ai vu la bienveillance avec laquelle Mr Azie, le recteur du collège Le Chou, ainsi que les différents personnels ont accueilli Yonzah, je me suis dit qu’heureusement il y a encore des établissements qui ne jugent pas nos enfants. C’est pour cela qu’aujourd’hui je dénonce ce que Yonzah a subi. Je ne me bats pas pour qu’il soit admis au RODCO, il se plaît beaucoup dans son collège actuel et mon cœur de mère me dit qu’il y fera un beau parcours. Mais je me bats pour que le recteur de RODCO puisse établir les faits tels quels et assumer son acte. Se enn diskriminasyon ek mo pe lager pou pena lezot ki sibir sa.» Et dans son combat, Dorothée sait qu'elle n'est pas seule. «Les différentes formes de soutien démontrent qu’il y a encore des gens de notre société qui sont contre la discrimination.»

 

Si au collège Le Chou, on affirme que Yonzah mérite amplement sa place dans l’établissement et qu’il figure parmi les élèves les plus brillants, du côté de RODCO, aucune déclaration n’a été faite après que toute cette affaire a éclaté. Nos tentatives pour avoir une déclaration sont aussi restées infructueuses. Nous avons également tenté d’avoir une explication auprès du ministère de l’Éducation sur la façon dont sont définis les règlements des établissements, en vain.

 

En effet, c’est toute une vague de solidarité qui s’est créée. Depuis le 8 janvier, une pétition anti-discrimination a été lancée à Rodrigues et a dépassé l’objectif qui était de 1 500 signatures. Le chef commissaire Johnson Roussety a, lui, en soutien à Yonzah,  arboré une perruque de dreadlocks, à son arrivée à l’Assemblée régionale le mercredi 11 janvier. Et les voix, à Rodrigues comme à Maurice, n'arrêtent pas de s'élever pour dénoncer cet acte discriminatoire.