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Workers’ Rights Bill : Les syndicats en mode «wait and see»

Les syndicalistes saluent les amendements proposés mais notent cependant qu’il y a des changements à faire.

Le Workers’ Right Bill devrait être présenté en deuxième lecture dans les jours qui viennent. En attendant d’en connaître l’issue, les syndicalistes, qui ont participé aux discussions, donnent leur opinion.

Ils ne se réjouissent pas. Du moins, pas encore. Les syndicalistes des secteurs privé et public, Soodesh Callichurn, ministre du Travail, ainsi que des représentants de Business Mauritius ont eu une réunion récemment pour discuter du Workers’ Rights Bill et de l’Employment Relations Bill présentés en première lecture au Parlement le mardi 16 juillet. Les amendements, qui seront normalement entendus en deuxième lecture ce mardi, proposent des changements au niveau des lois du travail. Certaines de ces propositions ont été bien accueillies par certains syndicalistes, et un peu moins par d’autres.

 

Dans ce projet de loi, on retrouve notamment des propositions comme celle du vacation leave qui vise à accorder à un employé travaillant pour un même employeur deux mois de congé, dont un avec salaire, chaque cinq ans. En ce qui concerne les congés, six seront accordés pour son propre mariage, trois pour celui de ses enfants et trois en cas du décès d’un proche. Il est aussi question d’accorder un douzième du salaire perçu durant l’année en cours, en guise de bonus de fin d’année.

 

En ce qui concerne la protection des employés, plusieurs propositions ont été faites dont celle de mettre sur pied un Wage Guarantee Fund Account pour indemniser un employé. Il est aussi question d’accorder trois semaines de congé aux femmes qui font face à une fausse couche et d’étendre le congé maternité aux femmes qui adoptent des enfants de moins de 12 mois. Autant de changements qui prendront effet une fois que le projet de loi sera adopté. En attendant, ces amendements passeront en deuxième lecture au Parlement bientôt. Les syndicalistes, eux, ont tous fait parvenir leurs propositions aux autorités. Si certains accueillent favorablement les propositions du gouvernement, d’autres dénoncent une certaine précipitation qui n’augure rien de bon.

 

Lors de sa conférence de presse, Rezistans ek Alternativ a rappelé qu’il faut faire attention à des mesures «de façades mais qui derrière sont très dangereuses». Ashok Subron a fait ressortir la gravité de la situation. «Si ces deux lois ne sont pas votées avec des amendements que nous avons mis sur la table à travers notre présence dans le mouvement syndical, ce sera le plus gros vol que ce gouvernement aura fait avec le salaire et les droits des travailleurs.»

 

«Intéressants»

 

Jane Raggoo de la Confédération des travailleurs des secteurs publics et privés (CTSP) reconnaît, pour sa part, les efforts faits par le gouvernement. «Dans l’ensemble, les points sont intéressants. Cela fait 10 ans qu’à la CTSP nous militons pour une loi du travail qui protège les travailleurs. Le gouvernement avait promis de travailler là-dessus et je crois que nous en sommes proches.» Si elle est satisfaite du projet de loi en général, Jane Raggoo estime qu’il reste cependant certains réglages à faire. Ce qui est sûr, c’est que le Workers’ Rights Bill viendra améliorer les conditions de travail dans le pays. «Nous avons envoyé deux documents au ministère du Travail et nous savons que nos recommandations sont prises en considération. Mais attendons voir.»

 

Radhakrishna Sadien, président de la Government Services Employees Association, est, lui, un peu moins optimiste, même s’il se dit satisfait de la démarche du gouvernement. Selon lui, il aurait fallu plus de discussions avant d’aller de l’avant avec l’amendement de la loi. Il note certaines contradictions dans les amendements qui, selon lui, mériteraient qu’on s’y attarde davantage. «Ne pas donner la possibilité à un travailleur relevant du Pay Research Bureau de saisir le tribunal ou une cour de justice est inacceptable et injuste dans ce cas particulier, contrairement au secteur privé où il est possible de faire appel des salaires et conditions de service. Ce n’est pas logique. Le gouvernement devrait créer des mécanismes appropriés pour permettre la négociation collective dans la fonction publique.»

 

Pourquoi le gouvernement se précipite-t-il avec ces nouvelles lois ? C’est ce que se demande Rashid Imrith, président de la fédération des syndicats du secteur public et de l’All Employees Confederation. «À mon sens, il ne faudrait pas aller aussi vite. Il ne faut pas rater l’occasion de mieux discuter avant d’aller de l’avant. Le Portable Retirement Gratuity Fund, par exemple, est une bonne chose, longtemps réclamée par les syndicats.» Mais son fonctionnement, affirme-t-il, est loin d’être clair.