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Vic Acheemootoo : «Le secteur public doit s’acquitter de ses responsabilités sociales…»

C’est le combat d’un habitant d’Albion, qui a à cœur son village. Depuis que le pont permettant d’entrer et de sortir du village a été fermé, le 11 février, pour cause de travaux – la construction d’un nouveau pont –, il n’arrête pas de solliciter les autorités. Car pour lui, il y a un manque de transparence autour de ce qui a été annoncée. Parlant de «sécurité nationale» lorsqu’il fait référence à l’autre accès pour arriver à Albion qui a été établi, et qui est, dit-il, sujet à des inondations en cas de grosses pluies, il a interpellé les autorités …

Vous êtes un habitant d’Albion et vous êtes venu de l’avant pour dénoncer des travaux dans votre village. Pourquoi ?

 

Mes communications officielles ont débuté le 7 février dernier lorsque j’ai été informé de la fermeture totale du pont et cela sans qu’il ait eu de réunions publiques entre les conseillers de village, les experts du projet et l’ensemble de la communauté, afin de discuter de ces projets importants qui affectent la vie des habitants d’Albion conformément à l’article 45 de la loi de 2011 sur les pouvoirs locaux. Il existait un monologue sur la MBC et d’autres médias, mais il n’y a pas eu de dialogue comme stipulé dans la loi.

 

Qu’est-ce qui vous dérange dans ces travaux ?

 

Un manque total de professionnalisme vis-à-vis du projet, c’est-à-dire une absence de dialogue avec la communauté sur ce qui est fait ; comment et quand. Nous n’avons jamais vu les plans du pont. Même les conseillers du village d’Albion n’ont aucune information à leur disposition pour communiquer sur le sujet.

 

Et qu’est-ce qui explique votre engagement ?

 

Ma préoccupation principale est la sécurité de la communauté à Albion, à Morcellement Raffray et Bellevue. Il y aussi le manque total de planification professionnelle ainsi que la si évidente ignorance et incompétence de la personne en charge du projet.

 

Dans le sillage de votre bataille vous avez envoyé une correspondance au Premier ministre… Pourquoi ?

 

Toutes les personnes que j’ai contactées : des conseillers de village, de la Road Development Authority, du poste de police d’Albion, du conseil de district de Black River, des parlementaires, messieurs Gaya et Bhagwan, le commissaire de police, la section des catastrophes, ou encore le ministre Bodha n’ont pas réagi de la façon dont j’espérais. Certains n’ont même pas déployé d’efforts alors que d’autres n’ont rien fait selon leurs possibilités. Comme c’était un problème de sécurité nationale, je n’avais pas d’autre choix que de faire remonter l’affaire au Premier ministre en dernier recours.

 

Et que lui avez-vous dit dans votre courrier ?

 

Dans mon premier courrier, envoyé le 7 février dernier, j’ai mis en garde contre les conséquences d’une fermeture totale du pont en cas d’inondation et nous avons vu ce qui s’était exactement passé le 17 février. Le 8 février, dans une deuxième correspondance, j’ai mis en garde contre des problèmes de sécurité routière. Je parle ainsi de deux erreurs qui se sont produites sans que la déviation de la route ait commencé et l’absence d’un plan d’urgence.

 

Que faudrait-il revoir selon vous par rapport à la gestion de ce dossier ?

 

Dans un système de gestion professionnel, dans le secteur privé, notre protocole de travail consiste à traiter d’abord des questions urgentes et importantes. Pour le secteur public, j’ai dû réévaluer le protocole car certaines décisions gouvernementales peuvent avoir, selon moi, de graves conséquences sur la vie de la population. Avec un meilleur système de gestion professionnelle du secteur public, nous pourrons mesurer l’efficacité du secteur public et les compétences professionnelles de nos dirigeants en tant que bons décideurs. Nous devons pouvoir évaluer si le Premier ministre actuel a les qualités professionnelles nécessaires pour continuer ou non, étant donné que nous avons des élections générales à venir. Aujourd’hui, mon évaluation professionnelle de notre système du secteur public est qu’il n’a pas évolué au cours des 50 dernières années, avec un monde qui, lui, évolue constamment et qui, par conséquent, s’aggrave. Afin de relever les défis mondiaux de demain pour notre pays, nous devons ainsi réévaluer et professionnaliser le système du secteur public. Je propose et recommande donc que ce système soit similaire aux systèmes de gestion professionnels de notre secteur privé qui visent à satisfaire leurs clients et à les rendre heureux. En tant que professionnel, je ne peux pas imaginer et accepter que le Premier ministre de notre pays ait été mis au courant d’un problème de sécurité nationale et qu’il n’ait rien fait jusqu’à présent pour le remédier !

 

Quelle est l’histoire de MyHappiness.mu qui vous avez fondé ?  

 

La réflexion autour du projet MyHappiness.mu a commencé en 2008. Au départ, c’était un projet purement professionnel.  Ensuite, j’ai réalisé que, dans l’industrie du tourisme, par exemple, nous ne pouvons pas investir autant dans des campagnes de marketing et lorsque les touristes arrivent, beaucoup se font voler, violer, tuer. Il est ensuite devenu un projet commercial et social unique à Maurice. Par conséquent, étant donné que le secteur privé a des devoirs et des responsabilités professionnels en affaires, le secteur public doit également s’acquitter de tous ses devoirs et de ses responsabilités sociales, mais selon des normes professionnelles similaires. Nous recommandons par conséquent un système de gestion professionnel similaire, qui existe déjà pour le secteur privé, à mettre en œuvre dès à présent dans le secteur public.

 

Bio express

 

Vic Acheemootoo est un consultant en voyages internationaux, qualifié, réputé et avec 34 ans de pratique. Pendant 10 ans, il a travaillé pour de petites, moyennes et grandes agences de voyages avant de créer JES Travel Consultants en 1995, boîte maintenant basée à Medine Mews.