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À Vacoas : un couple accuse Étienne Sinatambou de squatter sa maison

Shasi Jaunkeepersad montrant l’état du toit du coin qui lui sert de cuisine de fortune.

Shasi Jaunkeepersad et son épouse Yanida ne savent plus à quel saint se vouer. Ils accusent Etienne Sinatambou d’occuper illégalement le premier étage de la maison qu’ils ont achetée à Vacoas il y a deux ans. L’ancien ministre l'utilise comme archives pour son étude de notaire et occupe toujours les lieux malgré une lettre d'éviction de l’ancien propriétaire. Le couple lui reproche également de ne pas payer de loyer. L’affaire fait débat en Cour suprême. 

Une odeur de moisissure agresse brutalement les narines en haut des marches menant à la pièce qui sert de salle à manger et de salon à la famille Jaunkeepersad au premier étage de la résidence familiale. En parcourant les lieux, on découvre des scènes pour le moins choquantes. Un étroit couloir a été transformé en cuisine de fortune sous un toit en tôle. La peinture blanche a tourné au vert avec l’usure du temps. Des gouttelettes d’eau se sont transformées en stalactites à certains endroits. Le toit en dur fissuré tombe en décrépitude. Dans une pièce qui sert de chambre à coucher, un garçonnet dort sur un matelas posé à même le sol malgré le froid hivernal.

 

«Mo madam ek nou de zanfan pe oblize dormi dan mo lasam zenes. Avan sa pa ti poz nou problem, me bann zanfan pe grandi. Zot lager toulezour. Nou nepli kapav viv dan sa sitiasion-la», lâche Shasi Jaunkeepersad, le père de famille. Son cœur est rempli d’amertume face au calvaire que subissent les membres de sa famille. L’expression du visage de son épouse Yanida en dit également long sur la souffrance que vivent ce couple et ses deux enfants : une fille de 13 ans et un fils de 10 ans. «Nou pa ti pou viv enn lanfer koumsa si lokater pa ti deklar proprieter ek nou», s’insurge la jeune femme.

 

Ce couple de Vacoassiens explique qu’il a fait l’acquisition d’une maison à étage en 2022 au coût de Rs 3,5 millions, située en face de la maison des parents de Shasi. Etienne Sinatambou utilise le premier étage de ladite maison comme archive pour son étude de notaire depuis de nombreuses années, suivant un accord verbal avec l’ancien propriétaire. Sauf que, selon Shasi et Yanida, l’ancien ministre n’a toujours pas évacué les lieux malgré une lettre d’éviction datant du 3 août 2021. «Nou ti deza zwen li an prezans mama ansien proprieter ki an Angleterre. Linn donn prokirasion so bofrer. Zot ti propoz Etienne pou aste lakaz-la. Li ti dir zot li pa interese. Linn ankouraz nou limem pou fer demars loan pou aste lakaz-la. Nou ti dir li pa fer fos ek nou», affirme Shasi.

 

«Je suis un homme de Dieu. Je suis un homme de parole», leur aurait répondu Etienne Sinatambou. Toutefois, l’ancien ministre campe toujours sur les lieux. Les Jaunkeepersad lui reprochent également d’être un mauvais payeur car il n’aurait pas payé son loyer depuis qu’ils ont fait l’acquisition de la maison en 2022. Le couple lui a fait servir une deuxième lettre d’éviction, le 6 mai 2022, en vain. Shasi et Yanida livrent actuellement une véritable bataille juridique pour pouvoir récupérer le premier étage de leur maison qui est accessible par un escalier indépendant se trouvant à l’extérieur.

 

«Ou rann ou kont nou pe pey enn loan Rs 26 000 sak mwa me nou pa pe resi rant dan nou lakaz ki nou finn aste pou nou bann zanfan», se révolte le couple qui vit toujours chez les parents de Shasi pour l’instant. Shasi et Yanida ont uniquement les clés du rez-de-chaussée de leur nouvelle maison qui est dans un état déplorable. «Nou nepli ena kas pou fer renovasion. Tou nou kas pe fini ek bann demars ale-vini lakour. Nou nepli kone ki laport pou tape pou kapav rekiper lakle nou lakaz ek Etienne Sinatambou.» Les Jaunkeepersad ont déjà fait servir une mise en demeure à l’ancien ministre. À ce jour, ils ont également juré plusieurs affidavits auxquels l’ancien ministre a répliqué à travers des contre-affidavits.

 

«Nou fer fas boukou obstak. Nou finn sanz avoka ek avoue plizier fwa. Enn ta kas inn fini ek bann demars lakour. Nou pa pe dimann sarite. Nou fer boukou sakrifis pou nou bann zanfan. Mo travay dan enn konpani prive. Mo mari planteur. Nou pa konpran kifer Etienne Sinatambou pe refiz retourn nou lakle nou lakaz alor ki li deza ena 18 lezot propriete dan Maurice ek dan Rodrigues. Li pena lanpati ditou pou nou alor ki li bien konsian ki nou bizin nou lakaz. Nou pou bizin kontinie pey loan pandan 25 an», s’exclame Yanida qui a compilé un volumineux dossier sur toute l’affaire.

 

Sollicité, Etienne Sinatambou nous a fait la déclaration suivante : «L’affaire étant devant la justice, ce serait un outrage, un contempt of court, d’en parler publiquement. Je peux cependant vous assurer que les lieux sont occupés légalement depuis plus de 10 ans et que je n’ai jamais refusé de payer de loyer. En plus, le rez-de-chaussée dont ils sont propriétaires est une maison de 3 ou 4 chambres à coucher et ils prétendent qu’ils doivent vivre dans une unique pièce chez leur père. Un pur mensonge. Mais j’insiste, l’affaire étant devant la justice, il serait illégal d’en parler en public. Cependant, je vous le répète, en parler publiquement serait un contempt of court que mes hommes de loi auront le devoir de rapporter à la Cour suprême.»