• Jenny’s Nailbar : La beauté jusqu’au bout des ongles
  • Le Comité Organisateur des Jeux des îles lâche Grey
  • Diya One s’implante à Maurice
  • Inter Régions : Mangalkhan SC et Grande-Rivière Noire WC, dans la cour des grands
  • Tian et son nouvel élan musical
  • Phyllisia Ross : «Je ressens beaucoup de love à Maurice»
  • Partaz To Kreasion : des jeunes, de l’espoir...
  • Gymnastique rythmique : Les Mauriciennes font bonne figure à La Réunion
  • La belle croisière scientifique de la Mauricienne Pavanee Annasawmy
  • Badminton - Internationaux de Maurice : Vingt pays attendus en juin

Un Mauricien parmi les disparus après l’attentat contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande | Anwar, le frère de Moosid Mohammed Hossen : «C’est un choc»

Le Mauricien vit en Nouvelle Zélande depuis deux ans.

Depuis trois jours, les membres de cette famille sont sans nouvelles de leur proche qui habite à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et qui, à l’heure où nous mettions sous presse, se trouvait toujours sur la liste des personnes portées manquantes – en attendant l’identification formelle – après l’attentat qui a fait une quarantaine de morts. Le frère, Anwar Mohammed Hossen, témoigne.
 

«Mo pa kone kinn arive, mo pa kapav konfirm nanye…» C’est avec ces mots qu’Anwar Mohammed Hossen nous confie son état d’esprit lorsque nous le sollicitons le samedi 16 mars concernant son frère Mossid Mohammed Hossen, 54 ans, qui, à hier après-midi, figurait sur la liste des personnes «missing» après les attentats ciblant deux mosquées en Nouvelle-Zélande, le vendredi 15 mars. Bien que les rumeurs circulaient concernant la confirmation de la mort de son frère, d’autant plus qu’il fréquentait une des deux mosquée ciblées, lui veut rester prudent et attendre la confirmation formelle.

 

En tout cas, depuis que le nom de son frère – quatrième d’une fratrie de six enfants – a été associé à cette «triste histoire», il se retrouve, avec sa famille, propulsé dans un véritable cauchemar. «Mon téléphone n’arrête pas de sonner. Le nom de mon frère est effectivement sur une liste de la Croix Rouge recensant les personnes portées marquantes en Nouvelle-Zélande, mais nous n’avons eu aucune confirmation des autorités, que ce soit à Maurice ou en Nouvelle-Zélande, de ce qui lui est arrivé. Nous sommes, en effet, sans nouvelles de lui et nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. Nous attendons. Personne n’est venu nous dire que mon frère est parmi les victimes des attentats. C’est un choc pour la famille», nous déclare Anwar qui avait enclenché, hier après-midi, des démarches pour se rendre dans le pays où vivait son frère.

 

«Nous sommes dans le flou. Ma fille et ma sœur qui vivent en Angleterre ont pris l’avion pour se rendre en Nouvelle-Zélande et voir ce qu’il en est. Dans un premier temps, c’était plus facile pour elles de se rendre là-bas. Elles n’arriveront qu’aujourd’hui. On voit beaucoup de choses sur les réseaux sociaux et on ne sait pas ce qui est vrai ou pas», ajoute-t-il. À samedi, en fin d’après-midi, alors qu’il souhaitait prendre l’avion dans la soirée pour se rendre en Nouvelle-Zélande, il n’était toujours pas fixé quant à un éventuel départ : «Les démarches sont compliquées. Dans l’idéal, on voudrait partir, mon autre sœur et moi.» (NdlR : À l’heure où nous mettions sous presse, il ne savait toujours pas s’il allait pouvoir prendre l’avion).

 

Depuis que cette «horrible nouvelle» est tombée, tous ses proches et lui suivent de très près toute l’actualité associée au drame de Christchurch. Au moins 49 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées lors de ces attentats qui ont provoqué l’effroi à travers le monde. Dans le sillage de cette affaire,  quatre suspects ont été arrêtés, dont l’un a été identifié comme un Australien de 28 ans au profil d’extrême droite. Il s’est filmé lors de l’attaque et a diffusé sa vidéo en direct sur les réseaux sociaux. Le drame a bouleversé plus d’un. Et les Mauriciens qui vivent là-bas se disent très tristes par rapport à ce qui est arrivé. «J’habite à sept minutes de là où c’est arrivé. Depuis, tous les commerces sont fermés. Il y a des policiers partout», nous confie Krish Gundowry, jockey de profession, qui n’arrive toujours pas à réaliser ce qui s’est passé dans son pays d’adoption où il vit depuis deux ans.

 

La gravité de la situation

 

À l’annonce de la nouvelle, Gilles Mindiel, un autre Mauricien, Project Manager dans le domaine de l’informatique, se trouvait à son travail. Habitant à Wellington, qui se trouve à une heure de vol de Christchurch, il ne se rend pas tout de suite compte de l’ampleur de la tragédie mais très vite, il comprend la gravité de la situation : «Ce n’est qu’après avoir quitté le bureau que j’ai réalisé ce qui s’était vraiment passé en écoutant la radio. Je suis choqué, triste. Nous n’étions pas prêts pour pareil événement. Puis, les victimes ont, pour la plupart, quitté leur pays pour un meilleur avenir en Nouvelle-Zélande. J’ai aussi des amis qui vivent à Christchurch», confie le jeune homme, marié à une Néo-zélandaise et papa d’Isabelle, 2 ans.

 

La nouvelle, selon laquelle un Mauricien figure sur la liste des personnes manquantes, affecte bien évidemment nos compatriotes qui vivent là-bas. Et les membres de la famille de Mohammed Hossen qui sont particulièrement concernés, ne savaient pas à hier après-midi où se donner la tête car des rumeurs sur le Net et des vidéos attestant du décès de Moosid tournaient en boucles. Mais
en l’absence d’informations de sources sûres et fiables, ils ne savent pas, disent-il, quoi dire et quoi penser. Ils sont
tous scotchés à leur téléphone dans l’attente de nouvelles.

 

Dans une vidéo qui a circulé, peu de temps après les attaques dans une des mosquées, des proches disent avoir identifié Moosid de par ses lunettes et ses vêtements. «On n’est pas à 100 % sûrs», nous dit un proche. À l’heure où nous mettions sous presse, Anwar ne voulait pas non plus se prononcer. «À Maurice, mon frère travaillait pour le compte d’un opérateur mobile. Puis, il a mis le cap sur l’Angleterre et après, cela va faire peut-être deux ans, il a bougé sur la Nouvelle-Zélande. Il voyage beaucoup et il occupe une bonne position. C’est quelqu’un de très respectueux et de très professionnel et il n’est pas marié», témoigne Anwar qui dit avoir souvent des nouvelles de son frère. «Avec les réseaux sociaux, c’est facile», nous dit-il, de l’inquiétude dans la voix et ne sachant toujours pas, à hier après-midi, ce qui est arrivé à son frère…

 

Pravind Jugnauth  condamne cet acte «barbare»

 

C’est depuis l’Autriche que le Premier ministre a exprimé sa sympathie aux proches et familles des attentats de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le vendredi 15 mars. Il dit être de tout cœur avec ceux qui sont touchés par ce drame. Pravind Jugnauth a condamné cet acte «barbare», en affirmant que ce qui s’est passé est vraiment révoltant. Le chef du gouvernement a aussi adressé toute sa solidarité au gouvernement néo-zélandais. Paul Bérenger a également commenté les fusillades en Nouvelle-Zélande en qualifiant de «bouleversant» ce qui s’est passé. Le leader du PTr s’est aussi exprimé sur ce triste sujet : «C’est terrible ce que la haine peut faire…» Le PMSD a observé une minute de silence lors du congrès de son aile féminine à la salle des fêtes de Belle-Rose, le samedi 16 mars. Les autorités locales disent suivre de près cette affaire.

 

Un pays en deuil

 

Les images de tristesse se succèdent. En Nouvelle-Zélande, les habitants arrivent difficilement à panser leurs plaies. Le niveau d’alerte a été relevé à son maximum. Plusieurs personnes ont déposé des fleurs à proximité des deux mosquées de Christchurch, où s’est rendue, le samedi 16 mars, la Première ministre. Elle est allée rencontrer des rescapés de la tuerie et des familles dans une université où a été installé un centre d’information pour les victimes. Ce drame a provoqué une vague de tristesse à travers le monde. Plusieurs pays condamnent fermement cet acte terroriste.