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Un couple de septuagénaires agressé et séquestré lors d'un cambriolage | Gérard Chasteau : «J’ai cru qu’on allait nous tuer»

L'homme nous montre les toilettes où son épouse et lui ont été enfermés par les cambrioleurs.

Ils ont été victimes d’une agression sauvage de la part d’un couple de cambrioleurs à leur domicile, à Floréal, dans l’après-midi du 15 septembre. Ligotés et frappés, ces septuagénaires ont vécu l’enfer pendant un bon moment entre les mains de ces malfrats qui ont fait main basse sur de l'argent et plusieurs objets de valeur, le tout équivalant à plus de Rs 1 million. Alors que la police a déjà identifié les suspects, Gérard Chasteau nous raconte l’horreur. 

Lorsque le corps a subi un traumatisme, c’est l’esprit qui a le plus de mal à cicatriser. Mais dans leur cas, l’esprit a aussi subi un profond traumatisme. Donc, le chemin de la guérison risque d’être long. D’ailleurs, guérit-on jamais complètement de ce genre d’épreuve ? Gérard Chasteau et son épouse, tous deux âgés de 77 ans, se le demandent. Pour le moment, ils sont encore terriblement marqués par ce qui leur est arrivé il y a quelques jours. Ils ont été violemment agressés à leur domicile à Floréal par un couple de cambrioleurs qui a emporté de l’argent et plusieurs objets de valeur, le tout équivalant à plus de Rs 1 million. Leur calvaire a duré plus d’une heure. Et, à un moment, ils ont même cru vivre les derniers instants de leur vie.

 

Nous sommes le mardi 15 septembre. Il est 13 heures et des poussières. Gérard Chasteau, Chief Executive Officer d’une compagnie sucrière au Kenya, se trouve dans sa cuisine où il a un petit bureau lorsqu’une jeune femme fait irruption chez lui en passant par la porte d’entrée principale restée ouverte. Elle dit être venue voir son épouse mais cette dernière est absente de la maison à ce moment-là. «Je connaissais déjà cette dame. Elle vient régulièrement demander de l’argent à mon épouse depuis quelque temps. Je l’ai facilement reconnue car elle ne portait pas de masque. Elle est partie lorsque je lui ai dit que mon épouse n’était pas là», raconte le septuagénaire qui était loin de penser à ce moment-là qu’il allait bientôt vivre la pire mésaventure de sa vie.

 

Quelques minutes plus tard, alors qu’il se trouve toujours dans la même pièce, il sent quelqu’un le saisir par derrière. Choqué, il voit en même temps arriver la jeune femme venue plus tôt, tenant un couteau dans une main. Gérard a alors le réflexe de se débattre et de lutter avec l’inconnu qui maintient une pression sur sa gorge. Sa grande taille aidant, il arrive à faire tomber son assaillant en faisant basculer sa chaise. «L’homme était assez grand mais mince. Il donne l’impression d’avoir dans les 25 ans. Je n’ai pas eu trop de mal à le faire tomber. Il a perdu son masque lorsqu’il a atterri sur le sol. J’ai dû arrêter de lutter lorsque la dame lui a donné le couteau pour me menacer», se souvient Gérard.

 

«Touy li»

 

À ce moment-là, il n’a aucune idée des intentions réelles des deux malfrats à part qu’ils sont venus pour voler. Le jeune homme utilise alors une corde qu’il a sur lui pour ligoter sa victime. Il lui attache également les genoux avec le fil d’un chargeur. «Je ne pouvais plus bouger. Il m’a, par la suite, traîné de la cuisine au salon. Il cherchait désespérément de l’argent. J'ai alors demandé aux deux de fouiller ma poche arrière pour prendre mon porte-monnaie. Il y avait dedans la somme de Rs 2 000 en monnaie kenyane. J’avais également un billet de Rs 25 mais ils ne l’ont pas pris», confie Gérard qui pense que le couple de voleurs avait dû surveiller la maison et savait qu’il était seul à cette heure de la journée.

 

De ses deux agresseurs, poursuit-il, la jeune femme était celle qui était la plus virulente à son égard. «Touy li», a-t-elle lancé à un moment donné à son complice qui commandait au septuagénaire de ne pas bouger ou parler. Elle a, par la suite, fouillé toutes les pièces de la maison et vidé les tiroirs mais il n’y avait pas d’argent. L’homme a alors ordonné à Gérard de lui faire une virement bancaire de Rs 10 000 en utilisant son portable. «Je devais faire un Juice sur un numéro de téléphone qu’il m’avait donné.»

 

Gérard a cru, ou du moins espéré de toutes ses forces, que ses assaillants allaient ensuite prendre la fuite. Hélas, il n’était pas au bout de ses peines. Ils voulaient autre chose. L'homme a pris un pull avec l’intention d’en couvrir la tête du septuagénaire. «Je croyais qu’il allait me tuer. Je me suis débattu. Je lui ai dit de ne rien me mettre sur la tête s’il avait l’intention de me faire du mal. Il m’a alors bâillonné avec le vêtement au lieu de me le mettre sur la tête.» Peu après, le couple a été pris de panique, avance Gérard, lorsque son épouse est arrivée en passant par la porte d’entrée principale. «Elle m’a appelé mais je n’ai pu répondre. Le monsieur m’a donné des coups dans les côtes pour m’empêcher de parler. Les cambrioleurs étaient alors chez moi depuis plus d’une heure.»

 

Violentes insultes

 

Quelques secondes plus tard, le jeune homme s’est jeté sur son épouse, la faisant tomber à terre, et l’a traînée de force dans le salon. Il l’a alors ligotée avec le fil d’un chargeur avant de la bâillonner avec un chiffon. «Ils nous ont ensuite insultés  violemment avant de nous enfermer dans les toilettes. Puis, ils ont volé plusieurs objets de valeur. Ils ont emporté des bijoux d'une valeur de Rs 300 000 qui se trouvaient dans un coffre dont ils ont forcé le cadenas. Ils ont également pris des cigares, une somme de Rs 2000 qui se trouvait dans le porte-monnaie de mon épouse ainsi qu’un téléphone portable et une tablette lui appartenant», indique Gérard. Ils avaient aussi fait main basse sur six montres de marque d’une valeur totale de Rs 500 000 mais sont finalement partis avec une seule d’entre elles. «On a retrouvé les autres montres dans la cour plus tard.» Les malfrats avaient également emballé plusieurs bouteilles de whisky se trouvant dans le salon du couple avant de finalement les laisser sur place.

 

Ils sont ensuite partis avec leur butin estimé à Rs 1 075 000. Au bout d’une quinzaine de minutes, Gérard Chasteau a réussi avec peine à se libérer des liens qui l’entravaient. Au même moment, son chauffeur Ajay est arrivé. Il a alors appelé Guillaume, le fils du couple qui a, à son tour, alerté la police qui est vite arrivée sur les lieux. «Heureusement que les cambrioleurs sont d’abord tombés sur moi», lâche encore bouleversé Gérard, qui est père de quatre enfants – un fils et trois filles. Il n'ose imaginer ce qui aurait pu se passer si c’est sa femme qui était seule à ce moment-là. Quoi qu’il en soit, le couple souhaite maintenant se remettre de cet épisode très traumatisant, entouré de ses proches.

 


 

La police connait l’identité des suspects

 

Ils sont sur une très bonne piste dans cette affaire de vol avec violence. Les enquêteurs ont pu identifier les suspects lorsque ces derniers sont allés faire un retrait au guichet d’une banque à Vacoas. Avant cela, la police avait interpellé une jeune femme de 22 ans habitant Saint-Paul. Interrogée, elle a nié les faits. Elle a ensuite été autorisée à rentrer chez elle.