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Un 18 décembre spécial : Pour une meilleure conscientisation sur les migrants

Les femmes journalistes d’Afrique, faisant partie du réseau des Panafricaines, étaient en force à Marrakech, lors de l’adoption du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Ce mardi marque une Journée internationale pas comme les autres, celle des migrants. Un peu partout dans le monde, des marches, manifestations ou débats sont organisés à cette occasion. 

Si cette année, le 18 décembre revêt un caractère spécial, c’est pour deux raisons. La première ; cette journée est commémorée à la veille de la ratification d’un vote sur le pacte mondial des migrants, prévue pour le mercredi 19 décembre à New York. Ensuite, cette journée survient quelques jours seulement après l’adoption du pacte sur les migrations lors de la conférence de Marrakech, les 10 et 11 décembre. Un événement qui a tenu en haleine le réseau des panafricaines, soit la chaîne de 200 femmes journalistes qui s’étaient réunies à Casablanca en octobre, au Maroc, pour mobiliser les médias africains sur la thématique des migrations africaines. L’objectif étant de corriger l’image du migrant aux yeux de l’opinion publique.

 

En marge de la conférence de Marrakech, un accord a aussi été signé pour que le Maroc accueille le siège de l’Observatoire africain des migrations. Ici, le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA). 

 

D’où la raison pour laquelle le réseau des panafricaines qui avait appelé à soutenir ce pacte, marque la journée d’aujourd’hui à travers des articles de presse, des émissions radiophoniques et télévisées, etc. Une prise de conscience nécessaire pour ces femmes des médias d’Afrique, dont une dizaine (Maroc, Afrique du Sud, Angola, Bénin, Burkina Faso, RDC, Cameroun, Sénégal, Mali) était présente à Marrakech lors de l’adoption du pacte mondial les 10 et 11 décembre. Parce qu’au-delà de l’engagement des panafricaines pour un traitement plus juste des questions migratoires, explique Fathia Elaouni, rédactrice en chef radio pour le groupe marocain 2M, «nous voulions profiter de l’occasion pour interpeller les politiques présentes, les institutions internationales mais aussi les médias». Une bataille qui s’avère longue mais pas impossible selon elle : «Il nous faut relever nos manches pour changer les mentalités, casser les mythes, rétablir la vérité sur la migration telle qu'elle est vraiment et pas celle que certains politiques veulent nous imposer.»

 

Fathia Elaouni, rédactrice en chef principale de radio du groupe 2M, interrogée ici par une journaliste du Canada. 

 

À voir les nombreuses critiques, les débats passionnés qui ont eu lieu avant l’adoption du pacte mondial des migrants à Marrakech, où 159 pays sur 193, membres de l’ONU, ont signé l’accord, alors que plusieurs sont partis en cours de route, pendant que d’autres ont carrément dit non à ce pacte, il est clair que le combat pour un changement de regard sur les migrants sera ardu ! «Malheureusement, ce pacte a été marqué par l'absence de nombreux dirigeants européens. C’est une énorme déception pour tous et en premier lieu pour les Nations unies. C’est un rendez-vous manqué avec l'Histoire. En réalité, ce sont les pays confrontés à la montée populiste qui ne se sont pas engagés. Ceux qui préfèrent véhiculer, auprès de leur population, la peur du migrant. D'ailleurs, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l'a rappelé à plusieurs reprises à Marrakech. Il a exhorté à ne ‘‘pas succomber à la peur ou aux faux narratifs’’ sur la migration. Il a dénoncé les ‘‘nombreux mensonges’’ à propos d’un texte, qui ont soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières», confie Fathia, elle-même membre du réseau des panafricaines.

 

Mais la question demeure. Au fond, est-ce que ce pacte apportera un vrai changement sur la politique des migrants ? «Ce n’est qu’un premier pas, une première feuille de route pour des migrations sûres, régulières et ordonnées mais il est essentiel à plusieurs titres. C'est tout d'abord le premier texte sur les migrations. Cela permettra aux capitales de coopérer, de débattre, de tenter ensemble de trouver des solutions. Actuellement, chacun se rejette la patate chaude», continue la rédactrice en chef de 2M.

 

Alors ce 18 décembre ? Une date nécessaire pour une conscientisation sur un combat aux cotés de nos semblables… 

 


 

Christelle Ngaleu, journaliste camerounaise, membre des Panafricaines : «Nos voix ont porté»

 

Christelle Ngaleu, journaliste camerounaise et présentatrice de l’émission Africa women leaders, aux côtés de la journaliste Sud-Africaine Phumelele Dlamini.

 

Elle était parmi la dizaine de journalistes du réseau des femmes journalistes d’Afrique à faire entendre leur voix en soutien au pacte mondial sur les migrations lors de la conférence de Marrakech, les 10 et 11 décembre. Christelle Ngaleu, membre du comité permanent des Panafricaines, explique pourquoi elle pense que la voix des Panafricaines a été entendue. «L’objectif d’assister à cette conférence au Maroc était de veiller à ce qu’au niveau de l’Afrique, la bonne information soit relayée et ce, à travers notre réseau. Vu sous cet angle, nous pouvons dire qu’effectivement, nos voix n’ont pas fait que compter, elles ont aussi porté. À Marrakech, nous étions au total 10 femmes journalistes venues du Sénégal, de l’Angola, de l’Afrique du Sud, du Benin, du Cameroun, du Burkina Faso et de la RDC. Nous avons donné au total plus d’une trentaine d’interviews aux médias d’Afrique, d’Europe et d’Amérique dont Radio France Internationale, le New York Post, Radio Canada International et l’agence marocaine de presse, pour ne citer que ceux-là. Tout ceci, sans compter les débats radiophoniques et télévisés auxquels nous avons participé. Nous rentrons de Marrakech satisfaites de notre participation et satisfaites que la voix de l’Afrique se soit fait entendre, au travers du réseau des Panafricaines. N’oublions pas non plus qu’à cause de la désinformation et de la propagation des fausses formations, soit les fake news, beaucoup d’États ont pensé qu’il s’agissait, à travers ce pacte, de la levée des frontières, ce qui a laissé place aux spéculations. Or, ce pacte ne fait aucunement mention d’une levée des frontières. Le président du forum, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a rappelé que ce pacte n’enlève pas aux États leur souveraineté et ne s’ingère pas dans leur politique intérieure sur la question des migrations. Donc, il était très important pour nous d’être présentes afin de véhiculer la bonne information dans nos médias et de servir de relais d’informations aux 200 femmes journalistes de notre réseau, issues des 54 pays de l’Afrique.»