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Stephan Buckland : «Anou fer zefor ek sakrifis zordi pou demin nou kapav reviv korek !»

«La plus belle leçon, c’est que la pandémie de Covid-19 nous a aidés à retrouver la solidarité et l’unité que nous avions un peu perdues ces dernières années.»

Il court, il court ! Notre champion de sprint, premier Mauricien à avoir atteint une finale olympique d’athlétisme, a rangé ses running spikes mais il n’arrête pas de courir entre son job d’entrepreneur en rénovation, son rôle de coach d’athlétisme, ses engagements sociaux et politiques... C’est avec la même énergie qu’il nous parle de son vécu de la pandémie, nous donne son opinion sur la situation actuelle et nous dit comment on pourrait améliorer les choses. Ready, get set… go !

Comment je vis ces temps challenging depuis 2020…

 

Famille. La saison 1 de la pandémie était plus facile à gérer pour moi. Sur le plan professionnel, étant mon propre patron, je ne ressentais pas la pression que ressentaient d’autres personnes vis-à-vis de leur emploi. Et puis, j’ai pu passer plus de temps avec ma famille, mes enfants. Il est vrai aussi que le confinement était une expérience comme on n’en avait jamais vécu auparavant, sauf peut-être les prisonniers, et c’était difficile pour tout le monde d’être enfermé chez soi 24/7 ! Et il y avait cette peur de sortir, ne serait-ce que pour aller faire les courses.

 

Collectes. Mais nous nous sommes aussi rendu compte qu’il y avait des gens autour de nous qui vivaient des situations terribles, certains étaient seuls, d’autres n’avaient rien à manger, parfois les deux. Avec des amis, nous avons d’ailleurs, comme beaucoup de Mauriciens, fait des collectes de denrées que nous avons distribuées dans plusieurs régions.

 

Difficile. La saison 2 de la pandémie est beaucoup plus dure que la première ! Nous étions déjà dans une situation difficile et voilà que c’est encore pire. On sent davantage les effets de la pandémie et de tout ce qu’elle a amené comme difficultés ! Si j’ai pu plus ou moins m’en sortir en tant qu’entrepreneur spécialisé dans la rénovation en 2020, j’ai plus de mal cette année, même si les choses reprennent peu à peu. Ma femme, qui est aussi self-employed, elle gère le restaurant Prêt à manger à Curepipe, a aussi des difficultés car les clients sont moins présents et qu’en plus, le bâtiment où se trouve le restaurant est en rénovation en ce moment ! En outre, les commerçants profitent vraiment de la situation pour augmenter leurs prix.

 

Sympathies. Nou prie Bondie kan sa Covid-la pou ale pou nou kapav retrouv enn lavi normal ! J’en profite pour présenter mes sympathies à toutes ces familles endeuillées actuellement et dire courage aux personnes qui sont malades de la Covid-19.

 

Mon regard sur la situation actuelle…

 

Chaotique. La situation est vraiment grave et chaotique en ce moment, avec le nombre de contaminations et de morts qui n’arrête pas d’augmenter. D’un côté, il y a l’insouciance des gens qui ne semblent pas se rendre compte que Covid pa get figir, laz, kas ou lot kitsoz et que personne n’est à l’abri ! Et de l’autre, il y a un laisser-aller de la part du gouvernement qui ne prend pas de mesures assez drastiques pour améliorer la situation sanitaire et préserver la vie des Mauriciens.

 

Dramatique. Depuis un moment, l’opposition n’arrêtait pas de tirer la sonnette d’alarme sur ce que nous allions vivre si le nécessaire n’était pas fait et voilà qu’on est en plein dedans. Peut-être que nos gouvernants pensent qu’ils sont à l’abri de toute cette tragédie mais personne ne l’est. Et après, ils viennent dire que ce sont les congés publics qui sont la cause de cette situation. Ça y a peut-être contribué mais c’était déjà dramatique depuis avant, en raison de la mauvaise gestion du gouvernement.

 

Répression. Il y a aussi la vaccination qu’on nous impose au lieu de nous la proposer et de nous laisser faire un choix éclairé pour nous-mêmes et pour nos enfants. On est entre pression et répression. Il n’y a aucune cohérence dans la façon de faire du gouvernement. Par exemple, on nous demande un pass sanitaire pour aller dans les restaurants et d’autres endroits, et pas pour voyager dans les autobus ou aller payer nos factures de CWA, CEB, etc. De plus, en ce moment, même ceux qui sont vaccinés sont en train de mourir. On ne sait plus quoi penser.

 

Pots cassés. Et puis, il y a nos enfants, nos jeunes, qui paient les pots cassés de cette ingérence de l’État car leur éducation est complètement sacrifiée ! On a l’impression qu’il n’y a aucun vrai plan pour qu’ils puissent étudier correctement à la maison.

 

Ce que nous pouvons faire pour améliorer les choses…

 

Enn lizour. Fode sa viris-la ale pou nou trouv enn lizour ! Notre priorité doit être de mettre la Covid K.-O. Ce qui implique des décisions très courageuses, comme remettre un confinement strict. C'est ce que font certains grands pays actuellement. Aux grands maux, les grands moyens ! C’est sûr qu’avec la reprise touristique et économique, ce n’est pas facile à mettre en place mais on devrait quand même le faire, ne serait-ce que durant deux semaines. Si ça marche, on aura tout gagné et si ça ne fonctionne pas, on aura au moins essayé. Mais moi, je pense que ça ne peut qu’amener une vraie amélioration dans la situation.

 

Responsabilités. La population doit aussi prendre ses responsabilités. Restez chez vous autant que possible et quand vous sortez, prenez toutes les précautions. Il faut casser cette chaîne de contamination. Des gens meurent tous les jours, les malades se comptent par centaines, le système de santé est overbooked, l’économie est toujours menacée, la population souffre. Il faut agir !

 

Vaincre. Si nous aimons notre pays, nos proches, faisons chacun notre part pour vaincre ce virus au plus vite. Anou fer zefor ek sakrifis zordi pour demin nou kapav reviv enn lavi korek. Au bout du compte, nou tou pou kapav real fer fet lor laplaz ansam !

 

Les leçons à tirer de tout ça…

 

Unité. La plus belle leçon, c’est que la pandémie de Covid-19 nous a aidés à retrouver la solidarité et l’unité que nous avions un peu perdues ces dernières années. Nous nous sommes rappelés qui nous sommes en tant qu’individus, familles, Mauriciens, avec notre grand coeur et notre belle entente, peu importe notre communauté, notre religion, notre classe sociale.

 

Réveil. Nous nous sommes entraidés, même si parfois nous avions peu de moyens, nous avons fait entendre notre voix tous ensemble sur des sujets importants, nous avons mis la main à la pâte quand il le fallait. C’est un réveil citoyen extraordinaire. Nous pouvons être fiers de nous-mêmes. Mais nous devons surtout continuer dans cette voie et ne pas laisser cette flamme s’éteindre.

 

Les lueurs d’espoir qui nous éclairent…

 

Actions. Déjà, ce mouvement de solidarité et d’unité qui a repris naissance avec la Covid-19 va certainement nous aider à avancer vers un meilleur avenir. Il y a aussi beaucoup de personnes, de jeunes, qui veulent travailler à améliorer la société en s’engageant activement dans des ONG ou des partis politiques. Ils veulent faire des propositions et mener des actions pour une meilleure île Maurice. Encore faut-il qu’on leur donne la place pour s’exprimer et agir concrètement.

 

Chance. Il est temps que les Mauriciens réalisent que cette façon qu’ont les partis traditionnels de faire de la politique est dépassée et ne nous mène nulle part. Il faut donner la chance aux jeunes, aux nouveaux partis, de faire leurs preuves. Ce serait une belle lueur d’espoir pour notre pays.

 


 

Mon actu du moment

 

Marié à Joëlle et papa de trois filles – Milane, 17 ans, Amery, 13 ans, et Ylona, 12 ans –, je suis maintenant entrepreneur en rénovation. Ma compagnie s’appelle Peps Contracting. Je suis aussi coach d’athlétisme depuis 2006 et président du Mangalkhan Sports Club qui initie les jeunes au foot et à d’autres disciplines sportives. Mangalkhan est le quartier où j’ai grandi et où je vis toujours. J’aime mon endroit et je ne me vois pas habiter ailleurs. Je suis également très actif socialement, sans être rattaché à une ONG en particulier. Je donne un coup de main là où je peux. Par contre, je fais partie d’une nouvelle formation politique, Idéal Démocrate, menée par Géraldine Hennequin-Joulia. À travers la politique, nous espérons apporter un vrai changement, un vrai développement dans notre société, contribuer à construire une île Maurice meilleure.