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Soonakshi Sookunah, 4 ans, succombe à la grippe H1N1 : La révolte d’un père meurtri

Hatish Sookunah avec son épouse et ses jumeaux Soonakshi et Soudhanshu, il y a quelque temps.

Hatish Sookunah crie à la négligence médicale après le décès de sa fille de la grippe H1N1. Selon lui, la clinique où elle était admise avant d’être transférée à l’hôpital n’a pas fait un bon diagnostic initial.

Il est rongé par la tristesse, la colère et l’incompréhension. Hatish Sookunah, un habitant de Glen-Park, Vacoas, est un homme meurtri. Le vendredi 1er février, Soonakshi, sa fille unique de 4 ans – elle a un jumeau, Soudhanshu –, est décédée à l’hôpital Nehru, à Rose-Belle. D’après le personnel de l’établissement hospitalier, la fillette avait contracté le virus H1N1 et c’est ce qui a causé son décès. Cette nouvelle a été confirmée par la suite par le ministère de la Santé.

 

S’il ne reproche rien aux hôpitaux publics, Hatish Sookunah est convaincu que la clinique privée dans laquelle avait d’abord été admise sa fille lorsqu’elle avait présenté les premiers symptômes de la maladie, dimanche dernier, serait responsable de la mort de la fillette parce qu’elle lui aurait administré des médicaments ayant entraîné une détérioration de son état de santé. Il a consigné une déposition au poste de police de Vacoas en ce sens pour qu’une enquête soit initiée.

 

Le dimanche 27 janvier, la petite Soonakshi a commencé à souffrir de forte fièvre et de diarrhée. Très inquiet, son père l’a alors conduit dans une clinique privée pour une consultation. Et le pédiatre a diagnostiqué une gastro-entérite. «Une compresse d’eau froide a pu faire chuter sa température mais quelques minutes plus tard, ma fille s’est sentie mal. Les médecins lui ont alors administré du Valium, un relaxant, pour qu’elle se calme et l’ont transférée en salle. Mais très vite, j’avais constaté que sa température avait recommencé à grimper.» Hatish Sookunah  a alors alerté les infirmiers qui lui ont, cette fois, administré de l’antibiotique et du Paracetamol.

 

Mais il ne se doutait que ces médicaments auraient un effet néfaste sur la santé de sa fille. «Mo zanfan ti aret respire devan mwa. Linn fer enn kriz kardiak ek zot finn bizin reanim li.» La clinique n’étant pas suffisamment équipée, des démarches ont immédiatement été entamées pour transférer la fillette à l’hôpital Nehru, à Rose-Belle, sur recommandation du pédiatre. «Zot finn dir ki mo zanfan dan enn leta critique ek inn fer sink are kardiak, san zame fer mansion viris H1N1.»

 

Bien que le transfert soit risqué, la petite fille a été conduite à l’hôpital Nehru dans un véhicule du SAMU durant la journée de lundi. Et son état de santé n’a laissé d’autre choix au personnel de l’établissement que de la placer au service des soins intensifs où elle a été soignée jusqu’à ce qu’elle rende l’âme le vendredi 1er février. Ce n’est qu’après le décès de sa fille qu’Hatish Sookunah a appris, à sa grande stupeur, que sa petite Soonakshi souffrait de la grippe A H1N1. À partir de là, les questions se sont bousculées dans sa tête, rendant encore plus dur sa détresse d’avoir perdu sa fille. Le personnel de l’hôpital Nehru l’a, par la suite, informé que ce sont des examens médicaux conduits le mercredi 30 janvier qui leur a permis de découvrir que la fillette avait contracté cette grippe. S’il déplore qu’aucun des médecins traitants n’a jugé utile de l’informer que sa fille souffrait de cette maladie, il ne pense pas pour autant qu’ils ne lui ont pas administré les traitements appropriés depuis son admission. «Quand elle est arrivée à l’hôpital, son état s’était déjà beaucoup détérioré», confie-t-il.

 

Aucun protocole

 

Pour Hatish Sookunah, il y a eu des manquements à plusieurs niveaux. «Je me demande quel traitement on a donné à ma fille le jour de son admission en clinique. Le médecin m’avait dit qu’elle avait une petite infection et de la fièvre. Kot sa la grip H1N1 la sorti ?» s’interroge-t-il. Il se demande aussi pourquoi les médecins de l’hôpital Nehru ne l’ont pas alerté après que des examens médicaux conduits le mercredi 30 janvier ont conclu qu’elle avait contracté le virus. «Il n’y a eu aucun protocole mis en place pour savoir si les personnes qui ont côtoyé ma fille ont eux aussi contracté le virus», s’insurge-t-il. D’autant que sa fille a un frère jumeau et que les deux étaient inséparables. Suite à la déposition qu’il a consignée contre la clinique privée au poste de police de Vacoas, il explique qu’«une enquête est en cours pour déterminer comment elle a fauté. Un board sera institué afin d’examiner tous les dossiers; pour savoir quels médicaments ont été administrés à ma fille et pour quelle raison». Il a retenu les services de Me Govinden pour l’aider dans sa démarche. 

 

Si dans un premier temps, Hatish Sookunah avait insisté pour qu’une autopsie soit pratiquée sur le corps de sa fille pour déterminer la cause de son décès, un comité a finalement siégé durant la journée de samedi, en présence du Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médicolégal, et du Dr Satish Boolell, dont il a retenu les services. «Je voulais qu’une autopsie puisse confirmer qu’il y a eu négligence médicale. Mais le Dr Gungadin m’a finalement expliqué que celle-ci ne peut que déterminer la cause de la mort.» Hatish Sookunah a finalement abandonné l’idée d’y avoir recours, sans pour autant abandonner celle «de faire éclater la vérité». «Mo pa pou les zot koumsa mo pena lintansion bes lebra.»

 

Après la tenue du comité, Hatish Sookunah a finalement rejoint sa petite famille; sa femme et son fils très affligés par ce drame, ainsi que les nombreux proches venus les soutenir durant ce moment douloureux. Les obsèques du petit ange ont eu lieu dans l’après-midi du samedi 2 février.

 

Une enquête interne en cours à la clinique

 

La clinique où été admise la fillette de 4 ans avant son hospitalisation et qui est montrée du doigt par son père, ne souhaite pas faire de déclaration pour le moment. «Nous ne souhaitons faire aucun commentaire sur cette affaire même si c’est regrettable ce qui est arrivé. Mais nous préférons laisser l’enquête interne suivre son cours», nous a confié une source au sein de cette clinique.

 


 

Grippe A : Le ministère de la Santé rassure

 

Le personnel hospitalier a tout fait pour sauver la fillette, explique Jameer Yeadally, attaché de presse au ministère de la Santé. Quand elle est arrivée à l’hôpital la semaine dernière, dit-il, son état était déjà critique. «Elle avait été admise dans une clinique pour une gastro-entérite. Voyant son état s’aggraver, ses parents l’ont fait transférer à l’hôpital la semaine dernière. Les officiers de la CDCU ont procédé à des examens qui ont révélé qu’elle avait contracté le virus H1N1. Malgré la prise en charge rapide par les médecins et le suivi sans relâche de la CDCU, son état ne s’est pas amélioré car l’infection était déjà à un stade avancé.» 

 

Le décès de la fillette a choqué plus d’un et a aussi créé une psychose chez certains. Mais selon Jameer Yeadally, il n’y a pas lieu de paniquer. «L’équipe de la Communicable Diseases Control Unit CDCU est sur le qui-vive et fait des sessions de monitoring à travers l’île pour s’assurer qu’il n’y a pas de cas de cette maladie dissimulés aux yeux des autorités concernées.»

 

Il conseille tout de même de prendre quelques précautions car le climat actuel est propice à la manifestation des virus. «La chaleur et l’humidité favorisent la propagation des virus. Nous avons les virus A H1N1, H3N2 et B qui sont présents dans l’air en ce moment et n’importe qui peut les contracter. Nous conseillons au public non seulement de prendre des mesures préventives mais aussi de se rendre au centre de santé le plus proche s’il présente de symptômes de grippe, et de se faire vacciner dès que la campagne débute car c’est une protection pour une année.»