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Son époux Bhavish abattu par la police il y a un an | Sheena Rosun : «Ma vie est devenue un véritable enfer»

Sheena Rosun est à la recherche d’un travail pour pouvoir apporter un peu de joie dans la vie de ses enfants.

La nuit du 2 janvier 2020 restera à jamais gravée dans sa mémoire. Ce jour-là, un policier a abattu  son époux alors que ce dernier s’apprêtait à donner un deuxième coup de sabre à son fils cadet lors d’une dispute conjugale. Cela leur a sauvé la vie. Aujourd’hui, cette mère de famille fait face à un autre terrible coup du sort. Récit.

Elle a quitté un cauchemar pour se retrouver dans un autre cauchemar. Après que son époux Bhavish Rosun a été abattu par la police il y a un an, Sheena, 25 ans, s'est dit qu'elle allait pouvoir recommencer une nouvelle vie avec ses enfants après des années à subir la violence conjugale. Même si ce drame l'a beaucoup affectée, ainsi que ses fils, car ils aimaient beaucoup cet homme malgré tout, la jeune femme se disait que le pire était derrière elle. Mais le meilleur n'est toujours pas au rendez-vous.

 

«Ma vie est devenue un véritable enfer», confie Sheena Rosun douloureusement. Car depuis, elle doit se démener pour nourrir sa petite famille et peine à trouver un travail qui lui permettrait de le faire. De plus, sa famille ne peut l'aider car celle-ci fait elle-même face à de multiples difficultés. La maman de deux enfants en bas-âge – Namish a eu 3 ans le 12 août et Ruhan 2 ans le 13 décembre – revient pour nous sur une année atroce.

 

2020 a commencé pour elle et sa famille dans la violence, le sang et les larmes. Dans la nuit du 2 janvier, son époux a été abattu lors d’une énième dispute conjugale. Un policier avait fait feu sur lui à trois reprises alors qu’il allait agresser son fils cadet au sabre à nouveau. Le petit se trouvait dans les bras de sa mère à ce moment-là. La jeune femme remercie d'ailleurs encore une fois le policier pour son geste qui a sauvé la vie de son plus jeune fils ainsi que la sienne et celle de son autre fils. «Mes enfants et moi avons vu la mort en face. Nous serions déjà morts si la police n’était pas intervenue pour nous porter secours. Li ti pou fini touy mwa ek mo bann zanfan kout sab si lapolis pa ti tir kout bal lor li.»

 

Ce jour-là, elle était rentrée chez elle après avoir passé la journée chez ses parents. Bhavish buvait avec son frère Antish dans le salon. À un moment, il s’est mis dans une grande colère après avoir mal interprété des propos de son épouse. Il est alors allé prendre un sabre. Il a menacé sa mère avant de se diriger vers son épouse. Sa mère en a profité pour prendre la fuite. Son père s’en est allé également car ils savaient tous que Bhavish devenait incontrôlable lorsqu’il était saoul et consommait de la drogue synthétique. Les coups ont commencé à pleuvoir peu après. Antish, resté sur place, n’a rien fait pour venir en aide à sa belle-sœur et ses neveux – il a d'ailleurs été arrêté ensuite pour non-assistance à personnes en danger. Sheena a vraiment cru que ses enfants et elle vivaient leurs derniers instants. Ils étaient enfermés dans la maison, forçant la police, arrivée sur place peu après, à faire feu sur son époux qui s’apprêtait à frapper Ruhan à nouveau.

 

À l’époque, le petit, âgé d’un an et grièvement blessé au sabre à la tête, avait dû être hospitalisé pendant une semaine avant d’être autorisé à rentrer à la maison. Il s’en est sorti avec 14 points de suture.  «A sak fwa li dir so latet boubou. Ek ena fwa li bizin met enn kasket kan li sorti parski trouv so mark koupe-la bien», explique Sheena. Ses deux fils sont marqués à vie par ce drame. «Gran garson-la enn de kout rod so papa apre li mem li dir lapolis inn pran so papa. Linn tromatize par sa. Sa afekte li boukou. Dayer ankor ena enn lafrayer dan li sak fwa li trouv enn polisie.»

 

Après le drame, Sheena n’est pas retournée au domicile conjugal à Henrietta. Elle est allée vivre chez ses parents à Glen-Park. «Mo mari anbarase net aster. Mo gagn inpe ed ek dimounn. Nou finn fer demars, boukou demars me nanie pann abouti. Ena zour nou pena manze dan lakaz. Mo mama bizin telefonn so frer ou so ser. Lerla bann-la amenn kari ek diri pou nou», explique la jeune femme, qui lance un appel à l’aide pour trouver un emploi.

 

Les membres de sa famille et elle se sont retrouvés dans une situation extrême à la fin de mai lorsque l’état de santé de son père Sunil Auchoybur s’est détérioré. Cet ancien Attendant a dû mettre un terme à son contrat dans une école spécialisée à cause de ses ennuis de santé. Il fait de la dialyse trois fois par semaine à l’hôpital de Candos depuis mai, en sus de ses problèmes cardiaques. Il a également des problèmes de vue et suit un traitement à l’hôpital de Moka. Vina, la mère de Sheena, a dû arrêter de travailler pour être au chevet de son père. Le 10 janvier 2020, elle devait commencer «enn nouvo travay dan enn lizinn» mais a dû se résoudre à rester à la maison pour s’occuper de sa fille et de ses petits-enfants.

 

«Nou pli gro problem se finans», explique Sheena. Depuis avril, elle touche Rs 9 000 mensuellement en tant que veuve. Ses fils, eux, ont chacun Rs 1 600 comme aide financière. «Les Rs 12 200 ne suffisent pas. J’arrive difficilement à gérer mes sous car il y a les couches, le lait pour les enfants mais surtout ma contribution pour les provisions», souligne-t-elle. Elle doit aussi soutenir sa famille. «Mo mem ki okip mo papa kan li ena randevou. Li gagn lanbilans pou li al fer dializ me nou bizin pran taxi pou so bann randevou. Ena fwa sa kout nou Rs 6 000 par mwa. Erezma misie-la konpran nou ek les nou paye sak la fin dimwa», déclare la jeune femme.

 

Sheena et sa mère Vina ont de grandes difficultés à faire bouillir la marmite. Son jeune frère Nitesh, un plombier de 19 ans, ne travaille pas tous les jours non plus pour pouvoir aider les siens. «Nous n’avons pas les moyens pour acheter de la nourriture adéquate pour mon père. Nous ne pouvons pas non plus lui payer des médicaments, disponibles uniquement dans le privé. Nous avons également fait des démarches pour qu’il obtienne des couches, en vain. Et j’ai entrepris des démarches pour obtenir une maison de la NHDC mais on m’a dit qu’il fallait d’abord trouver un travail», soutient la jeune femme.

 

Elle ne sait pas encore combien de temps elle va pouvoir tenir le coup et quand ce cauchemar va enfin prendre fin. La jeune femme ignore également ce que sont devenus ses beaux-parents et son beau-frère car la cour leur a interdit tout contact avec la jeune femme et ses deux fils. «Zame zot pann lev enn ti ledwa pou ed mwa kan mo ti pe gagn bate avan. Akoz sa lakour inn desid pou anpes zot get bann zanfan-la», précise la jeune femme.

 

Le mois de janvier lui rappelle également d’autres douloureux souvenirs. Pendant un mois, elle a fait le va-et-vient au poste de police de Vacoas presque tous les jours pour les besoins de l’enquête policière. «Lapolis dir mwa dosie kot DPP. Kan telefonn laba zot dir lanket lapolis pankor fini. Mo sipoze gagn enn randevou ek komiser lapolis pou kone kot zafer-la inn arive. Mo ankor pe atann.»

 

Sa priorité immédiate reste de trouver un emploi en tant que réceptionniste, caissière ou encore secrétaire. Elle avait mis fin à ses études après avoir pris part aux examens du School Certificate. Elle avait ensuite débuté des cours en ACCA mais n’a pu les terminer car elle est tombée enceinte de son fils aîné. Elle souhaite avoir un travail pour pouvoir aider sa famille et apporter un peu de bonheur à ses enfants qui n’ont pas eu de cadeaux pour Noël, faute de moyens financiers. L’aîné est déjà à la maternelle. Sa mère s’occupe de son fils cadet lorsqu’elle n'accompagne pas son père à ses rendez-vous trois fois par semaine. «Lavi nepli parey. Mo espere ena dimounn tann mo lavwa ek ed mwa sorti dan sa kalver-la», lâche la jeune femme. Elle espère toujours en des jours meilleurs malgré tout.