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Sharon Dukhi, 29 ans, meurt à l’hôpital à cinq mois de grossesse | Nitish : «J’accuse le personnel soignant d’avoir laissé mourir ma femme»

Nitish Dukhi va bientôt demander des explications en écrit au ministère de la Santé avant d’entamer des poursuites au civil.

Cet homme de 30 ans crie à la négligence médicale après le décès tragique de son épouse. Cette dernière, enceinte de cinq mois, était admise à l’hôpital de Rose-Belle où elle a rendu l’âme après trois jours d’hospitalisation. Le rapport d’autopsie indique qu’elle a succombé à une «left ventricular failure due to severe anaemia». Le jeune veuf, un habitant de Surinam, allègue que le personnel soignant «inn zis met serum ek mo madam akoz li ti feb». Il attend la fin des rites funéraires et le rapport des examens du Forensic Scientific Laboratory pour décider de la marche à suivre. Il envisage aussi des poursuites contre le ministère de la Santé. Récit...

Désemparé, perdu, abattu, il serre son fils Thavan, 3 ans, dans ses bras. Sa plus grande consolation en ces temps horribles. Les liens qui unissent ce père à son fils sont plus forts que jamais. Car cet homme de 30 ans se retrouve désormais seul avec son garçonnet. Alors que sa petite famille s’apprêtait à vivre un heureux événement, avec l’arrivée d’un deuxième enfant bientôt, un terrible coup du sort est venu tout bouleverser. Son épouse Sharon Dukhi a connu une fin tragique le dimanche 10 janvier. Âgée de 29 ans et enceinte de cinq mois, elle est décédée à l’hôpital de Rose-Belle ce jour-là. Elle était admise dans cet établissement hospitalier depuis le vendredi 8 janvier. La jeune femme s’y était rendue pour son rendez-vous mensuel mais le personnel soignant l’avait fait admettre car elle disait souffrir de «faiblesses». Elle est morte trois jours plus tard et avec elle, le bébé qu’elle portait.

 

Abasourdi par le choc et le chagrin, son époux Nitish a tout de même demandé une autopsie pour faire la lumière sur ce décès tragique et troublant. Le rapport du médecin-légiste indique que Sharon Dukhi a succombé à une «left ventricular failure due to severe anaemia». Son mari, lui, crie à la négligence médicale et veut absolument que la vérité éclate. Il envisage même de réclamer des dommages au ministère de la Santé. Nitish Dukhi attend la fin des rites funéraires et le rapport des examens du Forensic Scientific Laboratory pour décider de la marche à suivre. Des échantillons avaient été prélevés durant l’autopsie à des fins d’analyses. S’il est impatient de connaître ces résultats, le jeune veuf a déjà son idée. «J'accuse le personnel soignant d'avoir laissé mourir ma femme ! Bann dokter ek nurse inn fane. Dokter kinn fer lotopsi-la inn dir mwa ki mo madam ti mank boukou disan dan so lekor. Eski lopital ti kone ki mo madam ti anemi ?» s’insurge-t-il.

 

Sharon et lui étaient mariés civilement depuis cinq ans et il y a trois ans, le petit Thavan est venu ajouter à leur bonheur. La jeune femme a également une fille de 13 ans, issue d’une précédente relation, qui vit avec son père. Le couple se faisait une joie d’accueillir un nouveau membre dans sa petite famille. «Sharon devait accoucher fin avril», nous confie Nitish, très ému. La grossesse, précise le jeune vigile, se passait bien. Il avait seulement constaté que son épouse avait un peu maigri. Les deux gynécologues du privé qu’elle avait vus n’avaient rien remarqué d’anormal. «Nous allions avoir un deuxième fils. On n’avait pas encore choisi de prénom. Thavan était très excité à l’idée d’avoir un frère. Maintenant, il n’arrête pas de dire : “Mama dodo li pankor vini”», regrette Nitish.

 

«Faiblesses»

 

Sharon, poursuit-il, avait rendez-vous à l’hôpital de Rose-Belle le vendredi 8 janvier et le personnel soignant a décidé de la garder car elle souffrait de «faiblesses». «Mon frère était allé lui rendre visite samedi matin. J’ai parlé à mon épouse par video call peu après. Elle était sous perfusion. Ma sœur est, elle, allée la voir dans l’après-midi pour l’aider à prendre un bain et aussi à manger car elle était toujours très faible. Je n’ai pu lui rendre visite samedi car je devais faire un night shift. Ma sœur m’a informé par la suite qu’un médecin souhaitait me voir le lundi 11 janvier. Dans la soirée, j’ai parlé à mon épouse via Whatsapp. Elle me disait qu’elle était toujours très faible», raconte le jeune homme, la voix cassée par l’émotion.

 

Le lendemain matin, vers 7h30, il reçoit un appel inquiétant de son épouse. «Je venais de rentrer du travail. Elle m'a demandé de venir la chercher pour la ramener à la maison. Elle m'a dit que les infirmières ne s'occupaient pas bien d'elle, qu'elles la négligeaient. Elle se sentait de plus en plus faible. Elle m’a aussi confié qu'on lui avait, à plusieurs reprises, transfusé du sérum et fait des prises de sang mais que personne ne lui disait comment la situation évoluait.» Nitish demande alors à son épouse de patienter un peu jusqu'à ce qu'il vienne la voir à midi pour la visite dominicale. Mais arrivé sur place, il a le choc de sa vie en apprenant d’un membre du personnel soignant que son épouse est décédée. «Lekor mo madam ti ankor lor lili. Monn dimann enn nurse kinn ariv li. Li dir mwa li pa kone», relate le jeune homme.

 

Après avoir un peu repris ses esprits, il accompagne les policiers au poste de police de l’hôpital de Rose-Belle pour faire une déposition afin de permettre à ces derniers de transporter la dépouille de son épouse à la morgue de Candos pour une autopsie. «Monn dakor pou fer enn lotopsi pou mo kone kifer mo madam inn desede parski li ti bien. Monn donn enn statement la polis avan fer handing over so lekor. Dokter dan la morg-la inn dir mwa mo madam ti anemi. Dilo ti fini monte ek fer so leker aret bate. Samem ki mo anvi kone kouma lopital pann kone ki mo madam ti anemi. Plizir fwa inn tir so disan. Pou so dernie randevou lopital avan le 8 zanvie, dokter ti dir li tou korek. Zame mo madam pa ti ena problem anemi avan. Ziska ler mo pankor gagn okenn explikasion ek lopital lor sa size-la», regrette Nitish.

 

Le service de presse du ministère de la Santé n’est pas resté insensible aux allégations formulées par l’époux de Sharon Dukhi. Un préposé dudit ministère invite le jeune homme à adresser une lettre au surintendant de l’hôpital de Rose-Belle pour lui faire part de sa doléance. Il invite également l’habitant du Sud à mettre le ministre ou son Permanent Secretary en copie de ce courrier afin que les choses aillent plus vite. Une enquête interne sera alors menée au niveau de l’hôpital de Rose-Belle pour faire la lumière sur ce cas de négligence médicale allégué. Nitish Dukhi compte effectivement adresser une correspondance aux autorités dans les jours qui viennent pour faire entendre sa voix. «Mo madam rant lopital vivan vandredi, so kadav ki sorti dimans. Mo anvi kone kinn ariv li», insiste cet homme brisé par le drame qui le prive à jamais de sa femme et de son deuxième fils.