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Riley Bernard, 8 ans, meurt d’une fracture du crâne après une chute : sa mère Lenny entre atroce douleur, interrogations et révolte

La jeune femme est complètement abasourdie par le décès tragique de son fils.

Elle a terminé 2021 dans l’angoisse pour commencer 2022 le cœur meurtri de douleur après le décès tragique de son fils aîné. Le garçon de 8 ans a succombé à de graves blessures à la tête après une lourde chute dans des circonstances troublantes au domicile de sa grand-mère paternelle, à Beau-Bassin. Lenny, partagée entre un immense chagrin et beaucoup de questionnements, se confie…

La perte d’un enfant est toujours une épreuve atroce. Elle crée un chaos insoutenable dans la vie d’un parent. C’est le drame que vit Lenny Bernard, 27 ans, depuis quelques jours interminables. Elle a perdu son fils Lenny, 8 ans, dans des circonstances tragiques il y a quelques jours. Un voile de désespoir a depuis recouvert la jeune maman qui s’efforce de continuer à vivre malgré tout pour son autre enfant, Isaac, le petit frère de Riley. Mais c’est très difficile. «Mo pa pe preske manze mem depi lamor mo garson», confie péniblement la jeune femme qui, effectivement, n’a pas arrêté de maigrir depuis la mort de son fils.

 

Et dire que pour Noël, Riley, qui eu 8 ans en novembre dernier, était le plus heureux des petits garçons. Pour Noël, sa mère lui avait offert le cadeau de ses rêves, «enn zoli loto rouz», malgré une situation financière difficile. Un jouet dont il n’a pas eu le temps de profiter comme il se doit. Car quelques jours seulement après, il a succombé à de graves blessures à la tête après avoir fait une lourde chute dans des circonstances troublantes au domicile de sa grand-mère maternelle à Beau-Bassin, le 31 décembre. Grièvement blessé, Riley avait été admis à la Neuro ICU de l’hôpital Jeetoo. Il est hélas décédé le dimanche 2 janvier vers 14h05. L’autopsie pratiquée par le Dr Chamane indique qu’il a succombé à des «cranio cerebral injuries». Les enquêteurs ont également envoyé deux échantillons de sang au bureau du Forensic Scientific Laboratory, à Réduit, pour les besoins de l’enquête.

 

Les premiers éléments de l’enquête confirment que Riley, qui habite à Ste-Croix chez sa grand-mère maternelle avec sa mère et son frère Isaac, était sous la responsabilité de sa grand-mère paternelle lorsque l’impensable s’est produit. Dans sa déposition à la police, cette dernière a expliqué qu’elle se trouvait chez elle, à Beau-Bassin, en train de faire le ménage lorsqu’elle a remarqué que son petit-fils n’était pas là. D’autres membres de la famille et elle se seraient alors mis à le chercher. C’est à travers un proche de 14 ans qu’elle a su que Riley était tombé dans les escaliers et avait atterri à l’extérieur du bloc d’appartements où elle vit. Elle explique qu’elle a retrouvé son petit-fils saignant abondamment au front. Celui-ci a été transporté à l’hôpital peu après par un voisin, accompagné d’un autre habitant du coin. Selon la police, la grand-mère paternelle ne sait pas comment son petit-fils est tombé dans les escaliers.

 

Lenny, la mort dans l’âme, raconte comment son fils s’est retrouvé là-bas. «Mo ti al kit mo garson laba landime Nwel. Riley pa ti ankor gagn 1 an kan monn separe ek so papa akoz li droge. Mo garson ti anvi trouv so papa. Li ti pa konn li ditou parski papa-la pann okip li mem. Monn bizin pas par so ser lor Facebook pou gagn kontak ar fami-la. Ofe, li ti sipoze fer Nwel ek zot. Zot pann kapav vinn pran li akoz zot ti gagn enn mortalite», raconte Lenny. La jeune femme explique qu’il était convenu que son fils rentre à la maison après quatre jours. Mais le mercredi 30 décembre, son ex-belle-sœur l’a appelée pour lui demander de laisser Riley faire le réveillon du Nouvel An avec eux. «Monn dir zot korek zis pou permet mo garson pas inpe plis letan ek bann fami so papa. Monn koz ek li landime. Monn dir li so frer Isaac pe rod li. Lerla linn dir mwa vinn pran li so dimans.»

 

«Mo disan ti pe fini averti mwa»

 

La jeune femme, qui travaille dans une usine, se trouvait sur son lieu de travail le 31 décembre lorsqu’elle a reçu un appel de son ex-belle-mère lui demandant de venir récupérer son fils après son service. «Linn dir mwa ki zot invite enn dezene le 1er zanvye. Monn dir li korek. Kan linn koupe, monn koumans santi mwa pa bien ditou. Mo disan ti pe fini averti mwa ki pou ena kitsoz pa bon pou arive. Mo ex-belmer inn telefonn ankor ver 12h40 pou dir mwa vinn lopital pli vit mo kapav. Linn ousi dir mwa ki Riley inn glise dan leskalye. Mo ti panse enn ti zafer. Mo pa ti kone ki so ka ti grav koumsa», lâche Lenny, la voix tremblante d’émotion. Sur place, elle a appris d’un médecin que son fils était tombé du toit d’un bâtiment de trois étages.

 

«Le personnel soignant n’a pu l’opérer ce jour-là. Il saignait de la bouche et du nez. Mon fils avait un trou énorme à la tête d’où on pouvait apercevoir sa cervelle. Il avait déjà sombré dans le coma», sanglote Lenny. Riley a été par la suite transporté dans un autre établissement hospitalier où on lui a fait un scan. «Dokter ti fini dir nou so ka grav. Dokter inn ousi dir nou ki li ti ena boukou fraktir. So lerin, so lefwa ek so bann poumon ousi ti bwin afekte», explique la jeune femme. Son fils a alors été placé sous respiration artificielle. «Dokter ti fini dir nou ki so sans viv ti bien tigit. Dokter ti ousi fini dir nou prepar nou. Mo garson tinn tro perdi disan.»

 

Lenny compte désormais sur la police pour faire la lumière sur les circonstances entourant ce terrible drame. «Je suis en présence de plusieurs versions. C’est pour cela que je suis allée consigner une déposition à la police. Mon ex-belle-mère m’a d’abord dit qu’elle dormait lorsque Riley est tombé. Puis, elle a dit à la police qu’elle faisait des tâches ménagères à ce moment-là. Il y a aussi la version selon laquelle mon fils serait monté sur le toit pou sonn petar ek lezot zanfan. Mon ex-belle-sœur, quant à elle, dit qu’elle changeait les rideaux au moment des faits. Elle affirme qu’elle ne sait pas où se trouvait mon fils à ce moment précis», précise Lenny. Elle souligne que son fils a atterri dans la cour d’un voisin après sa lourde chute. Et ajoute que deux voisins ont dû «kas enn kadna» pour aller lui porter secours. «Ziska ler, mo ex-belmer ek mo ex-belser pankor kapav dir mwa kifer se de vwazin kinn amenn mo zanfan lopital, alor ki li ti sou zot responsabilite. Mo garson finn defigire net. Li ti mekonesab lor kanape», regrette Lenny.

 

Son ex-belle-mère et son ex-belle-sœur n’ont pas souhaité faire de commentaires. Leur entourage avance qu’elles laissent le soin à la police de boucler cette enquête au plus vite pour situer les responsabilités. «Bann fami mama garson-la pe fer zot repros. Me pou zot ousi li bien difisil pou aksepte seki finn arive kot zot», explique un proche. Quoi qu’il en soit, quelles que soient les conclusions de l’enquête, voilà un drame qui déchire le coeur de deux familles, privées à jamais d’un petit garçon qui était définitivement trop jeune pour mourir.