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Ricardo Petit : comment j'ai sauvé l'ex-PM d'une tentative d'assassinat

L'ancien policier faisait partie du GIPM à l'époque.

Deux. C’est le nombre de fois où SAJ a été victime d’une tentative d’assassinat au cours de sa carrière politique. Dans les deux cas, l’ancien Premier ministre doit son salut à des membres du GIPM, qui sont intervenus à temps. Ricardo Petit est l’un d’eux. 

«C’est mon esprit scout et ma bravoure qui m’ont permis de sauver la vie de SAJ ce jour-là», martèle cet ancien policier de 59 ans, qui travaille désormais dans le privé après avoir passé 28 ans au sein de la force policière. Aujourd’hui, il est Security Advisor au sein du groupe Attitude. Auparavant, il avait passé une année en Mauritanie, toujours à bosser dans son domaine de prédilection.

 

Sa longue carrière de policier a surtout été marquée par son passage au GIPM. À l’époque, Dan Bhima, commandant de la Special Mobile Force, avait fait venir des formateurs du GIGN de France pour former les policiers mauriciens. Seulement les meilleurs éléments en faisaient partie. Trois membres de cette unité d’élite accompagnaient le Premier ministre dans tous ses déplacements car la VIPSU n’existait pas encore. Ce n’est qu’après les deux tentatives d’assassinat sur SAJ que la moitié de l’effectif du GIPM a constitué le premier batch de la VIPSU.

 

La première tentative d’assassinat a eu lieu dans un temple de l'Arya Saba à Trèfles, le 8 novembre 1988. «J’étais de service ce soir-là avec deux autres collègues, les constables Grégoire et Govinden. Nous étions dans une voiture qui assurait l’escorte du Premier ministre. SAJ avait déjà sa voiture et ses gardes du corps. Le commissaire de police Raj Dayal avait renforcé la sécurité autour de lui par peur de représailles à cause des travaux de la première commission d’enquête sur la drogue», raconte Ricardo Petit. SAJ s’était rendu dans ce lieu de culte pour une séance de prière en compagnie de son épouse et d’autres personnalités. La foule présente, se souvient notre interlocuteur, était essentiellement composée de dames et d’enfants.

 

«Satanand Sembhoo, l’agresseur de SAJ, officiait comme prêtre. J’avais déjà effectué une visite de reconnaissance avant de me placer derrière la foule pour avoir une vue d’ensemble. Mes deux collègues assuraient, eux, la garde dans la voiture de fonction. Le temple avait été divisé en deux parties ; il y avait un cercle entourant les VIP et une autre pour les dévots. Une barrière séparait les deux. La cérémonie battait son plein quand soudain, le prêtre a sorti un revolver de sa poche et l’a pointé sur la tempe du PM après l’avoir agrippé par les épaules en lui disait : “Pa bouze ! Ena sink bal ladan, mo bizin konn la verite”», relate Ricardo Petit.

 

Ça a été la panique générale. Les gardes du corps de SAJ ont également pointé leur revolver en direction du prêtre. «J’ai profité de ce vent de panique pour avancer lentement vers le cercle. Je m’étais glissé discrètement derrière les colonnes du temple avant de franchir la barrière pour bondir sur le suspect car il y avait une autre personne qui se dirigeait vers lui dans son dos. À l’époque, j’étais encore très jeune, agile et très rapide. Je courais 1 km en 3 minutes», explique l’ancien policier. Il a d’abord saisi la main qui tenait le revolver, avant de jeter le suspect à terre.

 

«Une première balle est partie et s’est logée dans un pan de mur. J’avais pu dégager l’arme de la tempe de SAJ. Deux autres coups sont partis lorsque le suspect est tombé. Il y avait des cris dans le temple. Mes deux collègues sont arrivés et ont fait évacuer le PM et son épouse pendant que je maîtrisais Satanand Sembhoo. Je l’ai, par la suite, remis à un autre policier, avant d’aller aux nouvelles. L’un des gardes du corps s’était blessé et avait dû être transporté à l’hôpital», souligne Ricardo Petit qui précise que SAJ était resté très calme durant tout l’épisode.

 

Lors de son procès par la suite, Satanand Sembhoo avait retenu les services de sir Gaëtan Duval pour le défendre. Ricardo Petit faisait partie des témoins qui ont déposé en cour. Le suspect a toutefois pu s’en sortir car il y a eu trop de versions sur les circonstances de cette tentative d’assassinat. Le bénéfice du doute lui a été accordé. Le 13 mars 1989, SAJ a échappé à une autre tentative d’assassinat. À Grand-Bassin, déguisé en pèlerin, Iqbal Ghani, 22 ans, s’était armé d’un rasoir avec un but précis : tuer SAJ après la décision du chef du gouvernement d’alors de révoquer la Muslim Personal Law. C’est le constable Dev Aundoo qui est intervenu à temps pour déjouer cette tentative d’assassinat qui a valu à Iqbal Ghani six années de prison.

 

Après son passage au GIPM, Ricardo Petit a eu l’occasion d’évoluer au sein d’autres unités spécialisées, notamment la Bomb Squad. Il a également eu l’occasion de faire des formations spécialisées à l’étranger dont une en antiterrorisme aux États-Unis. Il a également été en Inde, en Angleterre, en France et à La Réunion pour d’autres formations. Il a terminé sa carrière en tant que sergent major à la SMF. Une riche carrière qu’il doit à son dévouement au service du pays, à l’exemple de SAJ.