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Révocation du droit à l’avortement aux États-Unis : choc, actions et manifestations

Alors que plusieurs États aux USA ont déjà décidé d’interdire l’IVG, les mouvements pro-choix, partis politiques et associations pensent aux moyens de contourner la mesure, notamment à travers des batailles juridiques. Des compatriotes, du pays de l'Oncle Sam, nous donnent leur avis sur ce sujet qui attise les passions...

Elles brandissent la hache de guerre et ne sont pas prêtes à l'enterrer. Après ce que beaucoup considèrent comme un véritable coup de tonnerre pour la démocratie aux États-Unis, avec l’abolition du droit fédéral à l’avortement décidée par la Cour suprême américaine, la résistance à travers la voix de femmes, mais pas que, s’organise au pays de l'Oncle Sam. Les pro-choix (l'ensemble des mouvements qui défendent l'idée politique et éthique que les femmes devraient avoir le contrôle de leur grossesse et de leur fertilité) décrivent ce jugement proclamé le vendredi 24 juin comme «un grand bond en arrière et une régression majeure pour toutes les femmes».

 

De Washington à Los Angeles, des milliers de partisans du droit à l'avortement, bien qu’ébranlés par l’onde de choc causée par cette décision de la Cour suprême, se mobilisent donc et font entendre leur désaccord lors de manifestations. Alors que ceux qui sont contre cette pratique applaudissent ce jugement. Le pays se retrouve ainsi avec une opinion publique fragmentée et des avis politiques divergents. Quoi qu’il en soit, plusieurs États du centre et du sud des États-Unis ont déjà voté des lois interdisant l'avortement, qui entreront bientôt en vigueur, et d'autres États s'apprêtent à l'interdire dans les semaines ou les mois à venir.

 

Installée à Brooklyn, la Mauricienne Pascale Adelson suit bien évidemment cette actualité avec beaucoup d'intérêt. «Je suis heureuse que cette loi n’affecte pas tous les États mais il est encore trop tôt pour le dire. Pour avorter, si nécessaire, il faudra prendre la voiture ou l’avion et aller le faire dans un État libre», nous confie-t-elle, en évoquant tout ce que ce jugement a chamboulé. Car suite à ce jugement qui, pour beaucoup, «éloigne les États-Unis d’une tendance progressiste», plusieurs armes sont dégainées pour essayer de le renverser.

 

Ainsi, des batailles juridiques ont été engagées dans tout le pays pour empêcher les États d'interdire ou de limiter davantage l'avortement. Au cours de la semaine écoulée, une juge de Louisiane a temporairement suspendu jusqu'au 8 juillet trois lois que cet État du Sud avait adoptées pour interdire le droit à l'avortement. Cela, suite à une plainte d'une clinique et d'étudiants en médecine. Ces derniers contestent ces textes qu'ils jugent trop «vagues» et qui, selon eux, ne précisent pas clairement les exceptions ou les peines associées.

 

Seuls une vingtaine d'États, dont la Californie, ont des lois qui protègent le droit à l'avortement. Alors qu’elle se trouvait à San Francisco (en Californie) il y a quelques jours encore, la Mauricienne Elisa Rosse-Griggs, qui vit au Texas, a suivi les débats autour du sujet. «En Californie, État très libéral démocrate, ce jugement n'est pas bien accueilli. Ce qui n'est pas le cas au Texas, État très conservateur, catholique/chrétien, où une bonne majorité de la population de cet État très conservateur est contente et satisfaite de ce jugement. En Californie, l'avortement est légal et ce jugement ne va pas trop affecter les Californiens. Au Texas, par contre, ça fait polémique. Ça crée une peur. Les hôpitaux et les médecins privés, par exemple, ne vont pas vouloir le pratiquer. Ce sera un risque pour eux. De mon point de vue, je pense qu'une personne qui vit au Texas, par exemple, et qui pour une raison qui lui est propre veut avoir recours à un avortement, va tout simplement se tourner vers un État où c'est possible. La personne va prendre l'avion ou conduire jusqu’en Californie où c'est légal. Maintenant, va savoir si les poursuites, s'il y en a, vont se faire d'un État à un autre ; c'est là où ça va devenir compliqué. Ma question est : est-ce qu'il y a des possibilités de poursuites dans ces cas-là ?» argue notre compatriote en nous parlant de cette actualité qui provoque une onde de choc, des manifestations et des actions légales au pays de l'Oncle Sam, son pays d'adoption...