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Revers pour le droit de retour - Chagos : la déception comme arme…

Sabrina Jean, Olivier Bancoult et Suzelle Baptiste partagent la flamme de l'espoir.

… Pour se remettre en selle, pour ne rien abandonner. Pour retourner de plus belle dans la bataille. Une jolie leçon de courage et de résilience. 

Ce ne sont pas les mots d’une défaite. Le temps et les combats. Les victoires et les revers. Les instants de joie et ceux de désespoir. La patience et la persévérance, âprement apprises au fil des années d’une lutte acharnée, ont façonné les contours d’une réaction qui appelle à continuer. À y croire. À se battre. «Nous vaincrons ensemble», dit Olivier Bancoult, le leader du Groupe Réfugiés Chagos (GRC), le visage du combat d’une partie des Chagossiens qui luttent pour gagner le droit de retour sur l’archipel des Chagos. La décision de la Cour d’appel de Londres, cette semaine, de rejeter l’appel interjeté – le case a été dismissed – par ce dernier et Solange Hoareau, des Seychelles, a peut-être fait trembloter la flamme qui les anime, qui leur permet d’avancer dans la lumière de ce qu’il pense être juste…

 

Mais impossible d’éteindre cet extraordinaire feu, alimenté par la soif de justice. Ce brasier qui tient éveillé, rempart formidable contre le silence autour de l’injustice : «Nous n’abandonnerons jamais. Nous nous battons pour notre dignité, pour nos droits fondamentaux. Nous avons le droit, comme tout être humain, de vivre sur les terres où nous, ou alors nos parents et grands-parents, sont nés.» Olivier Bancoult et Solange Hoareau contestaient la décision des autorités britanniques de leur refuser le droit au retour sur les Chagos, jugement datant de 2016. Mais aussi le support package de 40 millions de livres sterling (qui compromettrait, selon les contestataires, leur retour dans les îles). Déjà, il est question d’aller de l’avant. De ne pas lâcher. De ne jamais lâcher : «Ce n’est pas la fin. Nous prendrons d’autres avenues.» Olivier Bancoult et Solange Hoareau ont 30 jours pour faire appel du jugement. Et ce sera fait devant la Cour suprême britannique, affirme le leader du GRC. Si cela ne fonctionne pas ? Ok ! La prochaine étape sera la Cour européenne des droits de l’Homme, à Strasbourg, avec la conviction d’être entendue, surtout que les Nations unies ont statué en faveur de la souveraineté de Maurice sur les Chagos.

 

Mais, malgré tout, on ne peut empêcher la déception. Cette vague de tristesse qui s’empare des cœurs, qui trouve son chemin jusqu’à chaque parcelle de l’esprit. Suzelle Baptiste, secrétaire du GRC, portait en elle un nouvel espoir : «Oui, je suis déçue. On pensait qu’avec le soutien des Nations unies, les Britanniques prendraient conscience de notre situation et seraient plus sensibles à notre souffrance. Mais ça n’a pas été le cas.» Pourtant, l’injustice est criante, leurs actions incompréhensibles : «Je ne comprends pas pourquoi ils se battent pour quelque chose qui ne leur appartient pas. Je suis née là-bas, d’autres, parmi nous, ont grandi dans les îles, nous devrions avoir la chance de pouvoir y retourner, de pouvoir en profiter.» Néanmoins, cette défaite n’entame en rien son courage de battante. Au contraire. Ça lui donne envie d’y retourner, de s’accrocher. À cœurs vaillants, rien d’impossible : «Nous allons continuer avec notre équipe. Ils ne vont pas réussir à nous décourager. Zame nou pou bes lebra.» En elle, et avec celles qui mènent le combat, se trouvnt des ressources illimitées : «Avec la prière, avec l’aide de Dieu, nous y arrivons. Et puis, kan tou madam sagosien zwenn pou nou lalit, zame nou mank kouraz.»

 

À plusieurs milliers de kilomètres de Maurice et de Suzelle, se trouve Sabrina Jean, une des voix du mouvement, qui se trouve en Angleterre. Elle partage la même déception. «Je suis déçue… encore une fois. Le gouvernement britannique n’a pas respecté les droits fondamentaux des Chagossiens.» Même si le combat d’Olivier Bancoult et des siens ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté chagossienne en Grande-Bretagne (notamment sur la question de la compensation et de la souveraineté de Maurice sur les Chagos), elle, elle n’a aucune intention d’abandonner la lutte : «Je respecte le point de vue de ces personnes. Mais moi, enfant de la seconde génération vivant en Angleterre, je vais continuer à me battre pour nos droits et pour que justice soit rendue à nos familles.» Non, ce ne sont pas les mots d’une défaite. Mais un engagement à continuer le combat.

 

Parfois, la déception est plus qu’un abattement. Elle est une arme…