Soutenez 5plus.mu

CHERS LECTEURS DE 5plus - dimanche

En raison de la période de confinement, certains de vos points de ventes habituels sont fermés.

Retrouvez l’édition de de 5-Plus dimanche sur le Kiosk digital.

Bonne lecture,

Protégez vous, restez chez vous.

  • L’affaire du «bébé décapité» à l’hôpital de Pamplemousses - Vicky et Sweta : «Nous n’arrivons toujours pas à faire le deuil de notre enfant»
  • Elle fait face pour la seconde fois à un cancer - Diane Colimalay : «Je ne peux pas me résoudre à laisser une maladie me dominer»
  • Moi, survivant du cancer...
  • En convalescence après avoir été poignardé par sa compagne - David Azie, 28 ans : «Nou finn pardonn nou kamarad»
  • EURO 2020 : Les coaches mauriciens sur le grill
  • EURO 2020 : Les pronostics des jeunes fans
  • Séquestré et battu à mort à Karo Kalyptis : Desveaux Augustin, victime d’un règlement de comptes sur fond de trafic de drogue ?
  • My Body, My Choice, My Voice : ils s’unissent contre la vaccination obligatoire
  • Accidents fatals : des nouvelles victimes, des familles dévastées par la douleur
  • JO 2021 - Haltérophilie : Roilya Ranaivosoa qualifiée pour Tokyo

Ravi Yerrigadoo : «SAJ m’a beaucoup épaulé en tant que ministre»

L’ex-ministre des Sports avant le coup d’envoi d’un match du Club M.

À seulement 25 ans, il est nommé ministre de la Jeunesse et des sports par sir Anerood Jugnauth, suite aux élections de 2000, remportées par l’alliance MSM-MMM. Ravi Yerrigadoo revient sur cette première expérience sous l’aile de SAJ mais aussi sur la passion de ce dernier pour le football. 

C’était un pari osé ! Mais sir Anerood Jugnauth l’a relevé. Après les élections de 2000, remportées par l’alliance MSM-MMM, il nomme Ravi Yerrigadoo au poste de ministre de la Jeunesse et des sports. À 25 ans seulement, l’avocat devient ainsi le plus jeune ministre du pays et occupe ses fonctions jusqu’en 2005. «Il m’a beaucoup épaulé durant cette première expérience en tant que ministre», confie Ravi Yerrigadoo.

 

Mais c’est en 1997 que l'ex-Attorney General se lance en politique. Ravi Yerrigadoo assiste à la reconstruction du parti entamé par son leader, après la défaite aux législatives de 1995. «C’était un grand privilège de le côtoyer. J’étais le président de l’aile jeune et il y avait un écart de 45 ans entre nous mais il m’a beaucoup guidé durant sa carrière politique. Il était toujours à l’écoute, avait un esprit jeune et vivace», se remémore-t-il.

 

À l’issue du scrutin de 2000, la décision de SAJ de nommer Ravi Yerrigadoo à un poste de ministre surprend. Mais le Premier ministre de l’époque veut absolument confier ce portefeuille à un jeune. «C’était une grande responsabilité. Je venais d’avoir 25 ans mais quand SAJ vous fait confiance, il vous donne carte blanche et vous devez faire le travail. Le football était suspendu à Maurice et les matchs internationaux se jouaient à La Réunion. Nous avons relancé le foot la même année et démarré la rénovation de nos infrastructures en vue de l’organisation des Jeux des îles de 2003 à Maurice», confie notre interlocuteur.

 

SAJ, ayant une place particulière pour Rodrigues dans son cœur, voulait que les Jeux s'y déroulent également. «Il disait toujours qu’il y a de bons judokas à Rodrigues et qu’il fallait faire quelque chose. Il nous a fallu organiser le parcours de la flamme et la compétition de judo par équipes. À la fin des Jeux, il était très content de voir Maurice remporter la médaille en football. Lorsque nous avons eu le titre en volley-ball juste après, c’était la cerise sur le gâteau», se souvient Ravi Yerrigadoo.

 

À la fin de son mandat, le jeune avocat s’éloigne de la scène politique avant de revenir presque dix ans plus tard, rappelé par SAJ pour prêter main forte lors des élections de 2014. «Il avait beaucoup de qualités que les gens ne connaissaient pas. SAJ était un bâtisseur, tout comme son fils Pravind. Il restera une inspiration et un exemple pour les jeunes. Il avait une grande finesse légale et n’a pas hésité à revêtir sa toge pour plaider la cause des Chagossiens. C’était un grand bosseur qui avait une vision pour le pays. Sa disparition restera une grande perte. Nous avons beaucoup à apprendre de son parcours exceptionnel…»

 


 

Le ministre Stephan Toussaint : «Il a fait énormément pour le sport mauricien»

 

«À chaque fois que le Club M jouait, il était là.» Stephan Toussaint, ministre de l’Autonomisation de la jeunesse, des sports et des loisirs, ne tarit pas d’éloges sur sir Anerood Jugnauth. «Il n’a pas manqué un seul match de l’équipe aux Jeux des îles de 2019. Depuis qu’il a été Premier ministre du pays en 1982, il a beaucoup fait pour le sport mauricien.

 

Sa disparition est une grande perte pour sa famille et le pays», confie-t-il. «Il avait aussi un très bon sens de l’humour et aimait faire des plaisanteries pour détendre l’atmosphère. En tant que jeune parlementaire, j’étais très admiratif de son expérience et sa franchise. Il était toujours très franc. Mais une fois qu’il exprimait sa pensée, il tournait la page, il ne gardait aucune rancune.

 

Ce qui m’a le plus impressionné chez lui, c’est que, malgré son âge avancé, il était toujours au Parlement de 2014 à 2019, même tard dans la soirée, à répondre aux questions avec lucidité et caractère.»

 


 

Le complexe sportif de Côte-d’Or bientôt rebaptisé ?

 

Les rumeurs sont insistantes. Depuis que le complexe sportif de Côte-d’Or a été mis sur pied dans le cadre des JIOI 2019, il se chuchotait déjà qu’il pourrait être rebaptisé en l'honneur de sir Anerood Jugnauth. D’autant qu’il est situé dans la circonscription de l’actuel Premier ministre et fils du défunt. Questionné à ce sujet, le ministre Stéphane Toussaint a fait ressortir que ce sujet n’est pas d’actualité pour le moment et qu’une telle décision devra d’abord passer par le Conseil des ministres. À noter que le stade Anjalay, à Belle-Vue, inauguré en 1991, avait été baptisé le Sir Anerood Jugnauth Stadium. Mais depuis le changement de régime en 1995, il porte le nom de feu Anjalay Coopen.

 


 

Le passionné de foot

 

Il était un grand supporteur de la sélection nationale et un des rares politiciens à répondre présents lors des matchs de football importants à Maurice, qu’importe le poste qu’il occupait – président, Premier ministre, ministre mentor.

 

Sir Anerood Jugnauth était d’ailleurs aux premières loges, au bon vieux stade George V, lors des JIOI de 1985. Un événement qui avait fait vibrer le pays, surtout lorsque le Club M a décroché la médaille d’or au terme d’un match épique contre La Réunion. Quéland Tombé, un des golden boys et capitaine du Club M, se souvient de cet instant, surtout des bons mots de SAJ : «Top sa mo kapitenn.»

 

Même les matchs de gala étaient un rendez-vous incontournable pour SAJ, comme lors des épopées du Sunrise SC ou de la Fire Brigade dans les compétitions africaines. Ashley Mocude, légendaire buteur des Jaunes et Noirs, a été, en plusieurs occasions, récompensé par SAJ et a eu la responsabilité de lui présenter ses coéquipiers. «À cette époque, le Sunrise était une des équipes-phares du football mauricien et le club enchaînait les trophées. En tant que capitaine, j’ai plusieurs fois reçu des félicitations du chef d’État. J’en garde de bons souvenirs», ajoute celui qu’on surnommait «Monsieur But».

 

SAJ était aussi un diehard du mythique club anglais Manchester United. Une équipe qu’il suivait avec passion, quitte à bouder des fonctions officielles. Jean Claude de l’Estrac, ancien ministre des Affaires étrangères sous l'ère SAJ, a d’ailleurs partagé une anecdote sur les ondes de Radio One cette semaine : «On était en mission à l’étranger et on devait participer à une fonction. À l’heure du rendez-vous, SAJ était scotché devant la télévision et nous faisait savoir que Manchester United était en action. On a dû trouver une excuse diplomatique pour expliquer son absence.»

 

Le légendaire buteur de Liverpool dans les années 80, Ian Rush, qui a visité Maurice plusieurs fois, a aussi rendu hommage à l’homme politique sur son compte Twitter : «Mauritius lost a true gentleman.»

 

Textes : Rehade Jhuboo et Qadeer Hoybun