• Association pour les handicapés de Malherbes : Le bonheur pour tous
  • FMSC : en mode «kaser ranzer»
  • Docks Lounge : vers de nouvelles aventures
  • Ashish Bissoondial, Theatre Manager du Caudan Arts Centre : «Nous sommes booked en week-end jusqu’à la fin de l’année !»
  • Homophobie et agression : le calvaire de quatre jeunes femmes
  • Agression au cutter | Akshay et Urvesh : «Nous craignons des représailles»
  • Eddy Balancy : «Après avoir été un “juge à cœur ouvert”, je me vois encore plus à l’aise dans le rôle d’un “chef juge à cœur ouvert”»
  • Hippisme 5e journée | Confirmation pour Cool At Heart
  • Le beau roman-photo d’Eshika
  • Il porte plainte contre un policier de la Traffic Branch | Oliver Fanfan : «J’ai été victime de discrimination à cause de mes cheveux»

Quinze ans de rémission pour le meurtrier de Sandhya Bappoo | Sheela et Nownit : «Nous n’avons pas obtenu justice pour notre fille»

Le vieux couple s’indigne face à la décision de la commission de pourvoi en grâce.

Pour eux, il s’agit d’un très «move signal» donné à la population. Le président de la commission de pourvoi en grâce a accordé 15 ans de rémission de peine au meurtrier de leur fille Sandhya Bappoo. Cette dernière a été sabrée à mort par son époux Ravindranath, en 2004. Témoignages…

Les mots leur manquent. Pour exprimer leur désespoir, leur indignation, leur révolte. Si Sheela et Nownit sont animés par autant d’émotions à la fois, c’est parce que, fin décembre dernier, ils ont appris, à travers la presse, que la commission de pourvoi en grâce a accordé 15 ans de rémission de peine pour «conduite exemplaire» à Ravindranath Bappoo, le meurtrier de leur fille Sandhya, alors qu’il avait été condamné à 40 ans de prison. «Nous n’avons pas obtenu justice pour notre fille», lance le couple.

 

«Nou finn gagn enn sok terib kan nou finn aprann ki linn gagn gras prezidansiel. Jury ti trouv li koupab 9 à 0 dan lasiz. Li ti kondane zis 40 an parski li ti pled koupab. Li sipoze fer zis 26 an prizon dan sa 40 an-la. Kan ou fer kalkil, li res zis 11 an pou fer kan ou tir sa 15 an-la. Seki pli grav, seki li riske sorti dan 9 ou 10 an kan pou tir letan linn fer dan remand. Ala tretman enn dimounn inn fer enn krim orib gagne dan sa pei-la. Li ankouraz lezot dimounn fer parey. Kan ou rann ou kont ki zame sispe-la inn montre bann sign ki linn regret se ki linn fer, ki zame linn prezant so exkiz nou fami», s’insurge Sheela, 69 ans.

 

Son époux Nownit, 74 ans, renchérit : «Kouma inn kapav pran enn desizion koumsa. 13 an nou fami dan enn soufrans terib. Nou nepli kone ki laport pou tape pou fer tann nou lavwa. Li pa fasil pou fer dey dan sa bann kondision-la. Bondie ki pou donn li so zizman final. Toulezour nou pans nou tifi. Prezidan komision pourvwa an gras-la pe donn enn move signal popilasion.»

 

Sandhya était en Form II lorsque son histoire avec Ravindranath Bappoo, qui travaillait comme planton dans une firme privée, a commencé. Mais à l’époque déjà, les parents de la jeune femme s’opposaient à cette relation, ayant eu vent du caractère violent de Ravindranath Bappoo. «Sak fwa li anbet mo tifi pou fer li retournn ek li kan li bat li. Sandhya ti kontan li boukou», se souvient Sheela.

 

Ravindranath Bappoo avait tué son épouse à coups de sabre.

 

Après que Sandhya a atteint sa majorité, les amoureux se marient civilement. Mais quelques années plus tard, le martyr de la jeune femme, qui n’a pas d’enfant, commence. L’on se souviendra de cette photo, parue en 2003, et sur laquelle elle a le visage tuméfié, défiguré, à force d’avoir encaissé les coups. Cela, alors qu’elle avait obtenu un Protection Order. Suivant son passage à tabac, son époux avait été arrêté pour «attempt at murder» – il avait également tenté de l’étrangler avec un fil téléphonique.

 

Environ une année plus tard, remise de ses blessures, Sandhya Bappoo avait tenté de reprendre sa vie en main. Elle avait notamment décidé de reprendre ses études. Mais alors qu’elle se rendait au travail, elle a été accostée par Ravindranath Bappoo qui lui a assené des coups de sabre. «Li ti pe vey li», lâche Sheela. «C’était clairement un acte prémédité. Il avait un sabre sur lui», précise Sheela. Sandhya avait alors 30 ans. Elle a poussé son dernier soupir le 12 juin 2004.

 

Suivant ce drame, une marche contre la violence conjugale avait été organisée. Mais quelques années plus tard, avec la décision de la commission de pourvoi en grâce, Sheela et Nownit ne se sentent plus soutenus. «Nous sommes désormais seuls. Nous avons été abandonnés.»