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Quand l’amitié l’emporte sur la rivalité

Joëlle, Chevrine, Davissen, Sophie et Cedrine attendent avec impatience de pouvoir organiser des soirées foot entre amis.

Pendant un mois, l'ambiance sera au rendez-vous dans les pubs, les bars ou encore lors de soirées plateau-repas devant la télé. En effet, avec le Mondial qui démarre ce dimanche, c’est l’occasion pour les fans du ballon rond de se retrouver entre amis afin d'encourager leur équipe préférée. La compétition risque d'être au rendez-vous mais la bonne humeur primera, assurent nos interlocuteurs…  

Si le Mondial est l’occasion rêvée de se réunir entre proches pour passer un agréable moment, qu’en est-il lorsque ces derniers n’encouragent pas la même équipe ? L’ambiance sera-t-elle bon enfant ? Voyons voir...

 

Voilà un bon moment déjà que Joëlle est une fan inconditionnelle de la Belgique. Pour cette passionnée de foot, cette équipe «a des joueurs ayant de très bonnes qualités techniques individuelles et un bon ensemble de jeu. C’est une équipe qui monte en puissance depuis quelques années». Encourageant principalement le joueur De Bruyne pour sa lecture de jeu, elle ne compte pas rater l’occasion de le voir à l’œuvre, même si ses amis ne supportent pas forcément la Belgique. Ces derniers, tout aussi passionnés par le foot, attendent également les matchs de la Coupe du monde avec impatience. «Ce sera l’occasion pour nous de nous voir, de faire des plans...»

 

La plupart du temps, le groupe d’amis se réunit chez un des leurs, Emilie, à Plaisance. «C’est un peu notre quartier général», lâche Joëlle. Et la bonne humeur est toujours au rendez-vous, même si c’est la compétition qui anime leurs soirées entre amis. Durant les matchs, explique-t-elle, «nous nous organisons. Les snacks dont déjà prêts et nous portons chacun le maillot de notre équipe préférée. Pour les quarts de finale, les demi-finales et la finale, nous faisons du face painting et portons aussi des accessoires pour encourager notre équipe préférée». Et lorsqu’ils ne se réunissent pas chez leur amie Emilie, précise Joëlle, direction les pubs pour regarder les matchs sur écran géant. «L’ambiance est au top», assure-t-elle, même si chacun encourage une équipe différente. «Nous nous taquinons les uns les autres, surtout si l’une de nos équipes perd. Nou fer bann ti badinaz ant nou. De fwa, ena bann move perdan ki boude, kan nou pe gagne, nou kriye. De fwa, nou sonn petar. An tou ka, nou fer boukou tapaz», lâche-t-elle en riant.

 

Son amie Sophie fait partie de ces mauvais perdants : «Elle se tait lorsque son équipe perd. Il faut bien qu'il y ait un gagnant ou un perdant.» Fervente supportrice de l’équipe d’Angleterre, cette fan de Manchester United nous raconte toutes ces fois où la bonne ambiance était au rendez-vous lorsqu’ils se sont rencontrés pour voir des matchs de foot à la télé : «On s’amuse, on hurle lorsque l’une des équipes marque, et par moments, on se met à chanter "zot ti krwar nounn mor, zot ti krwar nounn mor mor mor" (NdlR : la chanson du groupe Armada 666) lorsque notre équipe marque un but.»

 

Lors de ces moments entre amis, c’est toujours les mêmes guéguerres habituelles. «Si le match n’est pas encore terminé, certains répliquent : "Match-la pa ankor fini, kan fini nou koze." Mais au final, c’est toujours une bonne atmosphère qui règne dans l’ensemble.» Cedrine abonde dans le même sens. «Nou touzour pe ambet nou kamarad, sirtou kan enn lekip pe perdi», lâche-t-elle en riant. Elle est, pour sa part, une grande fan de l’équipe du Portugal, «en grande partie à cause de Ronaldo».

 

Chevrine, elle, n’est pas seulement une passionnée du Mondial mais elle pratique également le foot. Elle est supportrice des champions en titre, soit l’équipe de France, «à cause de sa diversité, des joueurs de différentes cultures et parce qu’elle donne la chance aux jeunes d’évoluer». Pour elle, la Coupe du monde, «se enn de bann meyer moman kot nou retrouv nou ant kamwad, kot nou kapav exprim nou lor nou pasion pou sa spor ki nou pratike-la». L’atmosphère qui règne durant cet événement, c’est, poursuit-elle, comme «un moment de partage où nous plaisantons, où nous partageons un moment de détente mais aussi où nous nous enrichissons en tant que joueuses». Au-delà de la compétition, souligne Chevrine, «c’est un moment qui nous fait rêver ; chaque personne pratiquant ce sport meurt d’envie de pouvoir évoluer sur le plan international».

 

Leur emploi du temps étant différent les unes des autres, elles ne sont pas en mesure de se retrouver pour tous les matchs «mais lorsque nous nous verrons après les entraînements, nous ne manquerons pas de lancer des vannes à ceux dont l’équipe perdra», rigole-t-elle. «Se enn mari plezir viv bann moman koumsa kan nou tou ena mem pasion. Je suis fière d’encourager les Bleus et je suis fière de pratiquer ce sport.»

 

Les grandes compétitions de football ont toujours été l’occasion pour Davissen de mêler travail et amusement. Pour cause, sa famille gère un restaurant à Rose-Hill et lors de chacune des grandes compétitions sportives, ses amis envahissent les lieux pour regarder les match, bien qu’il soit au comptoir. Également fan des champions en titre, et ce depuis 1998, il raconte que la plupart de ses amis encouragent l’Angleterre à cause de leur amour pour le club Manchester United. Cela va sans dire qu’une ambiance de folie règne toujours lorsque les matchs de foot sont diffusés sur écran géant. «Nou santi sa kompetision-la, kot sakenn pe pran nisa avek so kamarad. Parfwa, ena ki pa kompran badinaz, lerla nou bizin kalme zot», s’amuse-t-il. Sans compter que les paris sportifs apportent davantage d’ambiance.

 

Son ami Menon, toujours présent lorsque les grandes équipes s’affrontent, raconte : «S’il supporte la France et moi l’Angleterre, il n’y aura pas trop de tension tant que nos deux équipes ne s’affrontent pas.» La compétition, dit-il, se fait sentir surtout à partir des quarts de finale. «Lerla, sakenn pou met avek so kamarad. Sakenn pou deklar pli for. Si enn so lekip pa pe zwe, li pou met enn dezord ant bann lezot kinn vinn siport zot lekip. Par moments, les injures fusent de partout, surtout lorsque nous avons pris un verre ou deux.» Néanmoins, «nou tou kone ki gagne perdi, dernye ler, nou tou pou ansam pou bat enn ravann, pou sante, pou met enn lambians, pou tir foto sakenn avek so bandrol».

 

Malgré la rude compétition, tous se disent impatients d’accueillir les grands matchs et de retrouver la bonne ambiance qui règne à chaque fois que les grandes équipes s’affrontent. C’est parti pour un mois fort en émotions… où l’amitié l’emportera toujours sur la rivalité.