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Prix du carburant - Nishal Joyram : pourquoi j’ai eu recours à une grève de la faim

«Cette grève de la faim m'a surtout permis  d'être en contact avec l'humain, avec les gens et j'ai constaté qu'il y a des gens qui souffrent de par la situation», confie Nishal Joyram.

«Le gouvernement ne fait pas les choses correctement. Je ne critique pas des personnes en particulier. Je critique la façon de faire, la gouvernance...» Celui qui a voulu s'élever contre le prix du carburant à travers une grève de la faim nous parle de son initiative...

«Je vais très bien. Je pète la forme...» C'est ce que nous confie Nishal Joyram de sa petite tente plantée dans le jardin en face de la cathédrale Saint-Louis, à Port-Louis, lorsque nous le sollicitons le jeudi 17 novembre, à la mi-journée. «Tout se passe bien», dit-il, en revenant sur sa grève de la faim entamée le mardi 15 novembre. L’action de cet enseignant habitant Forest-Side vise à réclamer la baisse du prix de l’essence. Dans sa voix, de la détermination. Sur son visage, un sourire. Comme le constatent ceux qui lui ont rendu visite depuis mardi. «Beaucoup de gens viennent me voir», lâche celui qui est très sollicité en ce moment. «Je ne suis qu'un instrument au service d'une cause et du pays. Je suis un simple citoyen. Il fallait que quelqu'un le fasse», nous déclare Nishal Joyram.

 

Le vendredi 18 novembre, au quatrième jour de sa grève de la faim, l'enseignant était toujours animé par une grande force : «Je suis toujours déterminé. Je suis solide mentalement et physiquement, et Dieu merci, je tiens toujours. Quand j'ai approché des politiciens et d'autres organisations pour que le prix des carburants baisse, en vain, je me suis dit qu'il fallait que je me jette dans ce combat, même si j'allais être seul. Il fallait que je fasse quelque chose d'intense pour que le gouvernement comprenne que je suis un citoyen mécontent. Aujourd'hui, je suis ému de voir que les gens comprennent qu'il y a un problème dans le système. Le gouvernement ne fait pas les choses correctement. Je ne critique pas des personnes en particulier. Je critique la façon de faire, la gouvernance. Ce n'est pas un combat personnel. C'est un combat sur un principe. Je suis déterminé à rester là aussi longtemps que je le peux. Ce n'est pas possible de payer pour les frasques du gouvernement. J'ai une conviction, j'ai cette flamme en moi pour être là et pour dire que le peuple souffre. Je ne suis pas là pour parler de moi, pour m'apitoyer sur mon sort. Je suis là pour faire passer un message», nous explique celui qui se décrit comme un citoyen engagé qui puise aussi sa force de tous les encouragements qu'il reçoit.

 

«Je suis d'avis que nous sommes tous spirituellement connectés. Je ressens un champ d'énergie positive autour de moi. Certes, certaines personnes sont venues me dire qu’elles ne croient pas que mon action va aboutir mais je respecte les points de vue de tout le monde. Pour ma part, quand je crois en quelque chose, je le fais indépendamment des résultats. Pour moi, quand on n'est pas d'accord, on le dit. Il y a aussi ceux qui sont venus me dire qu'ils sont solidaires et qu'ils souffrent. Cela me donne de la force pour continuer à me battre», souligne Nishal Joyram.

 

Il précise qu'il ne souhaite pas que sa lutte soit récupérée politiquement : «J'étais candidat aux élections de 2019. Je suis un gauchiste dans l'âme. Aujourd'hui, j'ai pris un peu de distance de la politique et j'ai voulu faire une action citoyenne. C'est un petit combat que je mène, une action modeste. Je ne veux pas qu’on me mette sur un piédestal. Je souhaite que des personnes se rallient à ma cause, pas à ma personne. Je veux donner un signal aux décideurs. C'est un combat politique et pas de la politique partisane. Je ne m'accroche pas à un parti, je m'accroche à une idéologie.»

 

Du soutien

 

Nishal Joyram, dont la grève de la faim était toujours d'actualité à l'heure où nous mettions sous presse, a aussi choisi de communiquer sur sa page Facebook. Comme les nombreuses visites qu’il reçoit, sur son profil, les messages d'encouragement se multiplient aussi. L'enseignant qui, en mai 2021, avait écrit au ministère de l’Éducation pour attirer l'attention sur les failles du système en faisant des suggestions, s'accroche
et tient bon.

 

Au Parlement, cette semaine, le député rouge Mahend Gungapersand a aussi évoqué l'initiative de Nishal Joyram. Alors que l’homme de loi Sanjeev Teeluckdharry a annoncé ce vendredi qu'il rejoint Nishal Joyram dans sa grève de la faim. Il dit trouver la démarche de l'enseignant noble et précise que cela ne l’empêchera pas d’exercer son métier d’avocat. L'association des consommateurs de l'île Maurice (l'ACIM) soutient aussi la cause du gréviste. Lors d’une conférence de presse le vendredi 18 novembre, son secrétaire, Jayen Chellum, a demandé que le prix de l'essence soit ramené à Rs 55 le litre et a fait savoir qu'il a adressé une lettre au Premier ministre en ce sens.

 

Nishal Joyram souhaite, lui, passer un message aux autorités. «Je veux dire aux décideurs qu'il leur faut penser comme le petit peuple. C'est bien d'avoir une stratégie générale pour le pays mais il faut prendre en compte que le petit peuple souffre. On ne peut pas demander à des gens qui touchent Rs 300 000, Rs 400 000 ou Rs 500 000 de décider de certaines choses pour des gens qui touchent Rs 10 000», dit-il, en rappelant qu'il souhaite tout simplement une île Maurice meilleure pour tous les Mauriciens...