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Polémique après le post Facebook de Joanna Bérenger : une tempête dans un verre d’eau ?

Plainte à la police, ultimatum, menaces de manifestation... Le post publié sur Facebook par la députée du MMM fait toujours des vagues. La controverse a encore occupé l'actualité cette semaine.

C’est une affaire qui a fait jaser tout au long de la semaine. Depuis que le post Facebook de Joanna Bérenger dans l’après-midi du vendredi 15 juillet, où elle a partagé un dialog kreol – «manz bondie… kaka diab» –, accompagné d’une légende qui disait «nou langaz kreol ena enn rises ek enn sazes extraordiner !», alors que le Premier ministre et son épouse Kobita Jugnauth se trouvaient à Grand-Bassin pour une séance de prière dans le cadre de la célébration Shravan Maas, la controverse n’a pas désenflé. Bien au contraire, elle a été alimentée par plusieurs événements, dont l’épisode du mardi 19 juillet à l’Assemblée nationale où la ministre Kalpana Koonjoo-Shah, visiblement toujours très remontée, a refusé de répondre à une question parlementaire de la députée du MMM, affirmant que cette dernière «has no right to sit in this house» et qu’elle doit des excuses à toute la population.

 

De nombreuses personnes reprochent à Joanna Bérenger d’avoir, à travers ce post Facebook, insulté la communauté hindoue. La principale concernée, elle, s’est défendue en expliquant qu’elle a utilisé un proverbe créole pour définir «enn sitiasion ipokrit kot ena dimounn ki anvi pas pou bon me ler get zot bann aksion, li deplorab». Dans une vidéo, elle a aussi expliqué que ces propos ont été détournés de leur signification. Depuis, de nombreuses personnes ont pris la défense de la jeune députée, affirmant que ce dialog local n’a rien d’insultant. D’ailleurs, Jacques Maunick, auteur du livre Lalang pena lezo, recueil d’expressions créoles, a expliqué que «manz bondie kaka diab» ne porte aucune connotation religieuse mais qu’elle fait tout simplement référence à quelqu’un d’hypocrite.

 

Une explication qui ne semble pas avoir convaincu ceux qui, comme la ministre Kalpana Koonjoo-Shah, insistent sur la «gravité» de l’affaire, alors que pour les autres Mauriciens, il y a d’autres choses bien plus graves qui occupent l’actualité. D’ailleurs, en début de semaine, la présidente de la Hindu House, Luxshmee Ramdhun-Bundhun, a déposé une plainte contre Joanna Bérenger au CCID, affirmant que celle-ci a causé préjudice à la réputation de la communauté hindoue. La Voice of Hindu a aussi tenu une conférence de presse au cours de laquelle ses membres ont exhorté Joanna Bérenger à présenter ses excuses, sans quoi ils tiendront une manifestation devant sa maison ou le quartier général du MMM.

 

Ultimatum

 

Un ultimatum qui a laissé Joanna Bérenger de marbre. Face à son silence, la Hindu House est revenue à la charge avec une conférence de presse, le 21 juillet, avec la Social Cultural Organization. «Cela fait une semaine depuis qu’elle a publié ce post et il n’y a eu aucune excuse de sa part. Elle doit démissionner. Si elle ne le fait pas, nous n’écartons pas la possibilité de tenir une manifestation», a déclaré Luxshmee Ramdhun-Bundhun, présidente de la Hindu House. Après plusieurs jours, le Premier ministre s’est aussi laissé aller à un commentaire sur cette affaire et c’est sans aucune surprise qu’il a accusé Joanna Bérenger, alors qu’il assistait au lancement de la construction de 12 000 logements sociaux à Coromandel le jeudi 21 juillet, de s’attaquer à une religion de manière «infecte». «Elle a attaqué la religion de toutes les communautés. La moindre des choses, c’est qu’elle présente ses excuses.»

 

Malgré tout ça, de nombreux Mauriciens semblent avoir déjà leur opinion sur cette affaire. D’ailleurs, la ministre Kalpana Konjoo-Shah, qui a été à l’avant-plan dans les attaques contre Joanna Bérenger, a été copieusement huée par la foule lors du concert du duo Pawandeep-Arunita au complexe multisports de Côte-d’Or dans la soirée du vendredi 22 juillet. Un signe de mécontentement, de la part des Mauriciens, qui ne trompe pas.