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Pédocriminalité au sein de l'Église - Père Jean Maurice Labour : «Je suis choqué, envahi par la honte et je me sens trahi...»

«À Maurice, les quelques cas qui nous ont touchés sont des cas de trop de par les souffrances causées aux victimes et à leurs familles», souligne le vicaire général.

C'est un document qui suscite de vives réactions à travers le monde. Le rapport Sauvé, qui fait plus de 2000 pages, fait état pour la première fois de l'ampleur des abus sexuels dans l'Église en France. La commission Sauvé estime que le nombre de victimes – sur plusieurs années – a atteint «330 000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs». Le pape François a exprimé «sa honte», le mercredi 6 octobre, après la publication de ce rapport accablant. «Je désire exprimer aux victimes ma tristesse, ma douleur pour les traumatismes subis, et aussi ma honte, notre honte pour une trop longue incapacité de l'Église à les mettre au centre de ses préoccupations», a-t-il déclaré. À Maurice également ce constat accable. Le père Jean Maurice Labour, vicaire général, nous livre ses sentiments...

Ma réaction : «Je suis choqué par l’ampleur de la faute de l’Église, envahi par la honte et, quelque part, je me sens trahi. Cette Église à qui j’ai fait confiance, comment a-t-elle pu justifier des pratiques de cover-up ? Comment a-t-elle pu donner priorité à sa réputation en laissant ces victimes à leurs souffrances atroces, souvent portées pendant toute une vie. Il faut reconnaître que c’est la pression médiatique qui l’a poussée à prendre ses responsabilités… mais dans le tard.»

 

Une trahison ? «Oui, parce que je la croyais au-dessus du mal. Je lui ai fait confiance. La commission Sauvé a donné, avec raison, une place prioritaire aux victimes, devenues témoins, contre une institution qui devrait être le modèle de la morale qu’elle prêche. Le paradoxe, c’est que c’est sa crédibilité, qu’elle voulait défendre, qui va en prendre un sacré coup…»

 

Un rapport qui porte sur l'Église de France mais... «Oui, on peut se consoler en le disant, cependant, ce problème touche beaucoup d’autres diocèses à travers le monde. À Maurice, les quelques cas qui nous ont touchés sont des cas de trop de par les souffrances causées aux victimes et à leurs familles. Mais plus profondément, le rapport Sauvé identifie les causes profondes de ces abus dans le système interne de fonctionnement, de pensée, de théologie même de l'Église. Parmi les 45 recommandations, la commission Sauvé demande la réforme du droit de l'Église, propose des mesures sur les questions de théologie, d’ecclésiologie et de morale sexuelle, de gouvernance de l’Eglise, de la formation des prêtres, parce que, je cite, "dans ces domaines, certaines interprétations et dénaturations ont favorisé abus et dérives". C’est énorme...»

 

Et maintenant... «Ce rapport n’est pas une fin en soi mais le début d’un long chemin de libération et de vérité pour l’Église, disait un journaliste chrétien. Je prends cette affirmation à mon compte. Le temps de la croix est arrivé pour nous. L'Église payera cher ses péchés jetés en pâture à la société. Notre guérison prendra du temps. La vérité est dure mais notre résurrection est à ce prix. Nous devons nous inspirer des 45 recommandations et voir celles qui sont applicables à notre pays, tout en accueillant les réformes qui viendront de l'Église Universelle. Le pape François a montré sa volonté de prendre au sérieux ce rapport. Pour être tout à fait juste, et sans effacer en aucune manière tout ce qui est dit ici, il faudrait aussi des commissions Sauvé sur d’autres formes d’abus dans notre société toute entière, notamment dans la corruption, dans l’exercice de la démocratie, pour ne citer que cela.»