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Pas de confinement ni de port de masque imposé : comment la Suède fait face au coronavirus

La gestion de la Covid-19 par le pays scandinave qui n'a jamais confiné sa population continue d'attirer l'attention.

N'ayant jamais confiné sa population, la stratégie de ce pays scandinave face à la propagation de la Covid-19 interpelle. Zoom sur une façon de faire qui intrigue en ces temps de crise.

Un pays... à visage découvert. La Suède, bien que faisant partie des destinations qui font face actuellement à la propagation de la Covid-19, est l'un des rares pays à n’avoir pas confiné sa population et est également l’un des seuls à ne pas recommander le port du masque, à cause, notamment, du sentiment de «fausse sécurité qu’il procure». Et alors que les pays d'Europe n'arrêtent pas de durcir le ton entre reconfinement, couvre-feux et autres pour contenir les contaminations à la hausse, le pays scandinave qui compte un peu plus de 10 millions d'habitants n'impose aucune fermeture de commerces ni des mesures contraignantes pour faire face au coronavirus, alors que le taux de mortalité qui y est lié grimpe, selon des chiffres officiels.

 

Depuis le début de la pandémie, au lieu du confinement comme partout ailleurs, la Suède a plutôt tout misé sur une politique de responsabilité individuelle en privilégiant les règles de distanciation physique et des gestes barrières, tout en faisant appel à l'auto-isolement en cas de symptômes. Mais comment les habitants vivent-ils cette gestion du virus ? Lina Myte, ex-journaliste à La Sentinelle, de retour dans son pays, nous parle de sa réalité. «Je vis en Suède mais je suis impliquée dans un projet avec une entreprise américaine. Lors d'une réunion Microsoft Teams récemment, un collègue américain a demandé : “Est-il vrai que vous courez dans les rues en essayant de contaminer autant de personnes que possible avec la Covid-19, de sorte que vous développiez l'immunité?” Si vous n’avez pas de liens directs avec la Suède, vous vous demandez peut-être la même chose. La réponse est non. Nous n'avons jamais eu de lockdown national, nous ne sommes pas légalement obligés de porter des masques, nos restaurants, cinémas, gymnases, arènes de hockey sur glace et piscines publiques sont ouverts mais sont pour la plupart vides. Il y a des recommandations strictes interdisant les rassemblements de plus de 50 personnes», raconte la jeune femme, en revenant sur ces derniers mois sous l'emprise du virus.

 

Sur un pied d'égalité

 

Le work from home est également privilégié, explique-t-elle. «Depuis février, la majorité des Suédois travaillent à domicile. Je travaille pour une société de recherche et de développement dans le nord de la Suède. Nos laboratoires sont ouverts car une partie de nos recherches se fait dans le domaine médical mais la plupart des membres de l'équipe travaillent à domicile. Mon frère est chercheur à Astra Zeneca, la société pharmaceutique qui reçoit des financements gouvernementaux pour développer un vaccin contre le coronavirus. Ils respectent le même principe – seuls les laboratoires médicaux sont ouverts.»

 

Toutefois, les écoles restent ouvertes. «Ma mère est enseignante, ce qui est plus problématique. Le trimestre dernier, les écoles secondaires ont été fermées mais nous les avons rouvertes lorsqu'il est devenu évident que cela menaçait nos principes d'égalité. Étant donné que certains enfants ont un meilleur environnement familial et un meilleur accès aux adultes qui peuvent aider avec les devoirs scolaires que d'autres, le système est devenu inégal lorsqu'ils ont été forcés d'étudier à domicile. Pour cette raison, les écoles restent ouvertes pour le moment. Nous ne savons pas si c’est la bonne décision. La Covid-19 vole des vies. Mais refuser aux enfants le droit à l'éducation sur un pied d'égalité signifierait leur voler leur avenir», poursuit Lina Myte.

 

Elle revient sur les mesures mises en place dans son pays : «Au niveau national, la fermeture de la frontière avec le Danemark a été un choc. Les frontières entre la Suède, la Norvège et le Danemark sont généralement invisibles. Nous allons et venons à notre guise, comme si nous étions "un pays, trois nations". C'était comme perdre un frère. Dans l'ensemble, nous savons que nous sommes parmi les chanceux. En Suède, nous avons un système de sécurité sociale qui nous permet de prendre au moins 100 jours de congé rémunérés – parfois plus – en cas de maladie. Les personnes appartenant à des groupes à risque reçoivent une allocation spéciale de l'État afin de ne pas avoir à quitter leur domicile. Ce sont des mesures de luxe auxquelles très peu de gens dans le monde ont accès. Nos pensées vont aux groupes vulnérables de la société, comme les familles des camps de réfugiés syriens pour lesquels nos gouvernements européens, y compris le mien, ne montrent aucune compassion…»

 

La stratégie de la Suède est-elle bonne ? La question n’est pas si facile à répondre. En tout cas, sa gestion du coronavirus interpelle...