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Nouvelle marche citoyenne : marée de colère et de revendications à Mahébourg

Après Port-Louis, c’est à Mahébourg que les Mauriciens ont, une fois de plus, prouvé leur appartenance et leur amour pour leur pays. Ils étaient plusieurs milliers à marcher, tantôt réclamant des comptes au gouvernement sur un ton révolté, tantôt exprimant leur espoir pour une île Maurice meilleure.

Sur les visages, la même émotion. Dans les yeux, la même flamme qui brille, celle du patriotisme et du mauricianisme. Cet amour pour le pays a, une fois de plus, résonné dans les rues de Mahébourg le samedi 12 septembre, lors de la marche citoyenne organisée par la plateforme Kolektif Konversasyon Solider, en collaboration avec l’Assemblée solidaire de Mahébourg. Maurice à l’unisson. Les Mauriciens de toutes communautés et de tous âges qui crient d’une seule et même voix pour la protection de leur pays et de son peuple. L’image est belle et forte. Elle donne des frissons. Elle fait naître l’espoir.

 

Encore une fois, l’engouement et la mobilisation de la population n’ont pas déçu. Après l’incroyable rassemblement citoyen du 29 août à Port-Louis, elle a une fois de plus répondu avec ferveur à l’appel à la mobilisation lancé par les organisateurs. Les Mauriciens sont venus en masse pour démontrer leur appartenance et leur solidarité à leur pays en temps de crise. Enn sel lepep, enn sel nasion, ces paroles aussi emblématiques que symboliques ont retenti de Beau-Vallon à Mahébourg au rythme du son des ravann et des djembés qui faisaient vibrer les cœurs de fierté. Sur le chemin, lorsque le fameux Jerusalema ou encore un séga de Cassiya éclate, les pas de danse exécutés par certains attirent les regards et les applaudissements résonnent. Les Mauriciens sont unis comme jamais pour protéger leur pays.

 

Le temps de cette marche pacifique, tous ont hurlé leur colère et leurs frustrations. Face à la gestion et aux décisions prises par le gouvernement par rapport à la catastrophe écologique qui a suivi l’échouage du Wakashio et, plus récemment, au drame du remorqueur Sir Gaëtan, la population a décidé de ne plus se taire et de dire stop. C’est donc d’une seule voix que les citoyens ont exprimé leur indignation et leurs revendications à l’encontre de ce gouvernent à qui ils réclament des comptes. Sur les pancartes comme sur les T-shirts aux couleurs du quadricolore, des messages qui critiquent, qui accusent, qui militent. «I love my country, I’m ashamed of my government», «I order you out», «Zistis pou tou zenfan lamer», «Dominer nu pa le».

 

Dans les cris qui résonnent, la pression de la rue se fait pressante. Et lorsque les paroles de notre hymne national retentissent, les drapeaux flottent dans l’air et les voix s’exclament en harmonie, rendant l’instant presque magique. Ce réveil citoyen sans précédent, en marche depuis le rassemblement de la capitale, émeut, faisant monter les larmes aux yeux de certains Mauriciens qui prennent conscience de l’importance d’un tel moment. Car, outre ce sentiment de colère et de résistance qui se fait de plus en plus entendre, il y a la conviction, l’attente et l’espoir d’un meilleur lendemain, qui résonnent. Sur un Mahébourg Waterfront noir de monde, c’est d’une même voix que les Mauriciens expriment leurs espérances. L’espoir d’un peuple qui est écouté et respecté. Un pays où sa nature est protégée.

 

Face à la mobilisation solidaire de la population, les organisateurs n’ont pu cacher leurs émotions. Devant une foule en symbiose, le syndicaliste Rashid Imrith a appelé le public à faire une minute de silence en hommage aux victimes du Sir Gaëtan. Un moment fort en émotion, qui a rappelé l’unité des Mauriciens dans un moment aussi difficile que douloureux. «S’il y a une foule aujourd’hui, c’est grâce à tous les camarades de Mahébourg, à tous les Mauriciens qui se sont montrés solidaires. Nous sommes là pour dire au gouvernement que ça suffit. L’île Maurice est un peuple admirable qui sait garder son calme mais aujourd’hui, nous sommes venus jeter les bases du vrai mauricianisme.»

 

Après Port-Louis, c’est Mahébourg qui s’inscrit donc dans l’histoire. Pour David Sauvage de Rezistans ek Alternativ, il est plus que temps de dire non à un système qui ne respecte pas la démocratie, qui exploite les travailleurs et qui ne respecte pas sa nature. «Ce que nous sommes en train de vivre ici à Mahébourg donne de l’espoir. De l’espoir à la jeunesse de ce pays. Aujourd’hui, nous montrons comment nous pouvons nous mettre ensemble pour un seul combat.» Pour Ashok Subron, le 12 septembre 2020 s’est définitivement inscrit comme une date importante de notre histoire. «Aujourd’hui, nous posons les jalons d’une nouvelle indépendance pour notre pays.» Un pays, dit-il, où le communalisme n’existe pas, où chaque Mauricien a droit à un logement et à un travail, où le respect de l’autre et le mauricianisme sont rois.