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Mohamedally Maudarbocus : «Les agressions sur les policiers, c’est l’affaire de tout le monde»

Ces derniers temps, des policiers ont été victimes d’agression dans l’exercice de leurs fonctions. L’uniforme n’inspire-t-il donc plus de respect ? La parole à Mohamedally Maudarbocus, secrétaire du syndicat All Police Officers.

Est-ce que cela se passe bien avec vos dirigeants ?

 

La communication passe mais quelquefois, les solutions tardent à venir à cause notamment de la paperasserie.

 

Plusieurs cas d’agression ont été répertoriés contre les forces de l’ordre depuis le début de l’année. Quel est votre avis sur la situation ?

 

Depuis le début de l’année jusqu’au 9 septembre, nous comptabilisons 99 cas. On déplore, certes, ces cas mais li pena sa lanpler-la. Ce n’est pas un problème qui concerne que les membres de la force policière. À mon avis, c’est l’affaire de tout le monde, de toute la société. Il nous faut faire une autopsie de tout ce qui se passe. Mais devant ce qu’on voit, on est tenté de dire que notre société est malade. Il ne faut pas tirer des conclusions hâtives sur ce qui se passe et dire par exemple que c’est la police, elle-même, qui est responsable de cette situation. Certes, le chiffre est inquiétant mais cela nous donne l’occasion de revoir nos stratégies. Ce chiffre n’est pas directement proportionnel au comportement des policiers. C’est plus en fonction de la dégradation des mœurs dans la société.

 

Est-ce que cela veut dire que les gens n’ont plus peur des policiers ?

 

Il y a une nuance à faire. Avant, il ne s’agissait pas d’avoir peur mais il était question du respect de l’uniforme. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. C’est pour cela qu’il est souhaitable d’avoir une Junior Police Academy. Pendant les vacances scolaires, les étudiants vont dans les postes de police et ont l’occasion de voir comment les membres de la force policière travaillent par exemple. Il y a eu quelques sessions où il y a eu des jeunes qui ont eu des formations mais il faut aller dans ce sens et promouvoir davantage de telles activités. Ainsi, les jeunes comprendront mieux le travail de la police.

 

Est-ce que la force policière est équipée pour mener à bien sa mission ?

 

Absolument. La situation est sous contrôle. Il y a des formations continues. Nous sommes formés et nous avons les équipements qu’il faut. Il y a aussi les entraînements qui suivent. Toutefois, il existe un manque. Par exemple quand un policier quitte la training school, il n’y a pas de suivi. D’ailleurs, on compte prochainement en discuter avec le commissaire de police car on estime que c’est un sujet très important. Tout au long de l’année, il y a ce qu’on appelle le Firearm practice à laquelle toute la force policière participe. Les policiers sont ainsi formés à l’utilisation d’une arme à feu.

 

Donc, selon vous, ces agressions sur les policiers ne sont pas alarmantes ?

 

Oui. C’est une réalité mais on sait aussi qu’il y a plusieurs raisons qui occasionnent cela. Parmi elles, il y a la frustration. La police subit souvent la frustration de certaines personnes car pour n’importe quel problème qu’il y a dans le pays, la force policière est considérée comme une barrière, un empêchement.

 

Et que faites-vous au niveau de la police pour renverser cette tendance ?

 

Au niveau de chaque division, le commissaire de police a délégué ses pouvoirs. Normalement, cela se fait à travers les assistants commissaires de police. Ils ont la responsabilité de soutenir la formation des policiers et en même temps de mettre en avant ce qu’on appelle le customer oriented policing.

 

C’est-à-dire ?

 

Il s’agit de l’approche que nous devons, par exemple, avoir vis-à-vis du public quand ce dernier se rend à un poste de police ou quand on le croise lors des patrouilles. Il y a aussi un autre aspect à considérer : une formation pour mener à bien les négociations. Par exemple, pour faire face à une foule de gens, il faut pouvoir négocier, avoir des negotiation skills. Et c’est ce genre de formations qu’il faut accentuer. C’est à l’agenda de la prochaine rencontre avec le commissaire de police pour que cela soit inclus dans la formation de ceux qui intègrent dans la force policière. Quand on est sur un lieu où il y a une disturbance, quand on fait face à une foule, ou à un groupe surexcité, on se doit d’avoir une approche convenable pour pouvoir calmer les choses, calmer le jeu. Notre rôle, c’est quoi ? C’est de maintenir l’ordre et la paix publique. On a plusieurs fois eu à traiter ce genre d’incidents. Souvent, dans cette foule, il s’agit d’une ou de deux personnes, qu’il nous faut maîtriser et à chaque fois, on a pu le faire.

 

Comment gérez-vous ces agressions lorsqu’elles surviennent ?

 

Le policier est un être humain. Il a des émotions, des sentiments et son lot de problèmes, comme tout être humain. Normalement, quand il se retrouve devant des situations où malgré les négociations, les choses continuent à s’envenimer, le policier n’a d’autre choix que de servir la force. Mais comprenez bien que la force est toujours proportionate. évidemment, il y a aussi la loi qui est là pour décourager la violence contre les policiers mais nous constatons que ça ne décourage pas pour autant les fauteurs de troubles.

 

Les policiers subissent aussi une mauvaise image à cause des brebis galeuses qui ont fait la Une de l’actualité pour des affaires de corruption, de pots de vin et de trafic de drogue. Pour beaucoup, un nettoyage est nécessaire pour que les forces de l’ordre redeviennent des role models. Qu’en pensez-vous ?

 

À mon avis, c’est au niveau du recrutement que tout se passe. Une bonne sélection est indispensable. On a une cellule qui fait des suivis auprès des policiers. Les brebis galeuses n’ont pas de place dans la police. Chaque policier doit répondre de ses actes. Il doit respecter son uniforme et ce sont ses agissements qui ternissent notre image mais heureusement, il ne s’agit là que d’une poignée de policiers.