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Mise en demeure d’Omnicane : Moi, membre d’Aret Kokin Nu Laplaz, «encore plus motivé»

Carine Gounden, Shanon Goundan et Yan Hookoomsing expliquent leur engagement.

Un bout de plage kass pake du Sud-Est est au cœur de toute cette affaire. Si le groupe mauricien parle d’un projet qui n’est pas réservé aux privilégiés, les contestataires, eux, veulent des garanties.

Leur château de sable ne s’est pas écroulé. Non. Au contraire, disent-ils, avec le dernier coup de vent, ils sont encore plus forts, plus déterminés à continuer à le construire pour plus de justice. Eux, ce sont les membres du collectif Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) qui ont fait l’objet d’une mise en demeure par le groupe Omnicane, le 28 janvier (voir hors-texte). Il leur est, désormais, interdit de se rendre sur les Pas géométriques qu’Omnicane loue à bail, non loin de la plage de La Cambuse.

 

Au cœur du désaccord, les déclarations répétées des porte-parole de cette plateforme concernant le projet de Smart City de l’entreprise locale dans cette région. Un projet qui priverait, selon les membres de la plateforme, les Mauriciens de l’accès à ces bouts de plage. Néanmoins, Omnicane avait précisé, lors d’un précédent communiqué, que Mon Trésor Smart City ne serait pas une gated community, uniquement réservée aux privilégiés.

 

Yan Hookoomsing est une des personnes citées dans la mise en demeure et il explique l’essence du combat d’AKNL : «Il faut comprendre que ça concerne 1 200 mètres d’une beauté de plage, alors qu’à côté la plage publique n’a que 600 mètres de longueur, qui comprend 200 mètres de roches (Pointe-Vacoas).» Pour lui, l’accès au littoral est limité pour les Mauriciens : «Omnicane essaye de faire comprendre qu’il ne laissera pas le public profiter des Pas géométriques.» C’est du moins ce qu’affirment les membres d’AKNL. Ils demandent que le groupe cannier donne la garantie suivante : que ces Pas géométriques restent accessibles aux Mauriciens.

 

De plus, précise Yan Hookoomsing, il s’agit de terrains «obtenus pour agricultural purposes. Mais une Smart City, ce n’est pas une question d’agriculture…». C’est au ministre Jhugroo, responsable des Terres et du logement, de modifier les conditions du bail. Mais pour l’instant, ce dernier ne s’est pas ouvertement prononcé sur la question, affirmant lors de sa dernière déclaration publique que rien n’avait encore été décidé à ce sujet.

 

«Est-ce qu’il a autorisé Omnicane à aller de l’avant ? Est-ce-qu’il compte le faire ? Il faut qu’il réponde», martèle Carina Gounden. Également mentionnée dans la mise en demeure, elle affirme que cette interdiction dont elle fait l’objet est «un manque de respect» : «On ne peut interdire de cette manière l’accès sur les terres de l’État, des terres du domaine public.» Pour l’instant, aucune décision n’a été prise pour de futures actions : «Nous consultons nos hommes de loi. Il s’agit d’une situation qui mérite qu’on prenne le temps d’y réfléchir.» Mais, cela ne veut pas dire que le combat s’arrête là, précise-t-elle : «C’est une raison de plus pour l’intensifier ! Nous sommes encore plus motivés.»

 

Si elle confie que l’interdiction demandée par Omnicane l’a, tout d’abord, choquée, sa deuxième réaction n’a pas tardé à faire surface : «L’envie de se battre encore plus. Nous ne sommes pas intimidés. Nous sommes simplement choqués que des Mauriciens, qui connaissent le contexte, agissent comme ça.»

 

Pour Carina Gounden, le dialogue aurait été la clé de tout. Surtout que la proposition d’AKNL et de Rezistans ek Alternativ s’inscrit dans la démarche de permettre aux Mauriciens de profiter de leurs plages, «de ne pas se sentir comme des citoyens de seconde zone». Elle affirme : «Ces espaces doivent être libres, ouverts à tous.» Il est question, donc, de la création d’un Parc national côtier «dans lequel les enfants de demain pourront apprécier ce trésor écologique», peut-on lire, cette semaine, dans un communiqué, signé Carina Gounden, Ashok Subron (également sous le coup de la mise en demeure) et Yan Hookoomsing,.

 

Shanon Goundan rêve aussi de parc. Mais aussi de la possibilité de s’exprimer : «Je suis outré et dégoûté par la démarche d’Omnicane. Nous ne faisons que nous exprimer.» Pour lui, cette plage qui se situe non loin de La Cambuse est simplement «super» : «Elle est à l’état naturel. C’est magnifique. Parfois, le soir, des tortues de mer y viennent. Il y a un joli écosystème.»

 

Alors, au nom de cet espace et de ces autres biens communs des Mauriciens qui sont de moins en moins accessibles, il va continuer à se battre : «Je trouve que cette mise en demeure, me donne, à moi mais aussi aux 14 autres personnes qui y sont citées, beaucoup plus de courage, une motivation renouvelée.» Son château de sable ne s’est pas écroulé avec ce coup de vent. Il va continuer, dit-il, à le construire pour plus de justice.

 


 

Une interdiction…

 

… d’empiéter sur les propriétés d’Omnicane, sous peine de devoir payer une amende de Rs 75 000. C’est ce qu’il ressort de la mise en demeure du groupe mauricien, rédigé par BLC Robert & Associates. On peut y lire : «Take notice that : Whereas You, the persons listed in Appendic 1 of this notice, either individually or collectively or with other persons or under the name Aret Kokin Nu Laplaz plan to hold, organise, incite or otherwise carry on with the holding of a protest/march/gathering (hereinafter referred to as the Proposed Protest) in the near furture on property lawfully occupied and/or owned by Omnicane at La Cambuse.»