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Marina Ythier-Jacobsz : «Avec notre solidarité et notre intelligence collective, les choses ne peuvent qu’aller mieux»

«La Covid et la santé de nos familles, nos amis, nos voisins, ce n’est pas l’affaire du gouvernement seul ou du secteur privé, mais de tous les citoyens...»

Elle ne les quitte jamais. Son rire jovial, sa bonne humeur, sa positivité, sa combativité sont ses meilleures armes pour avancer. La directrice de Maluti Communications nous raconte comment elle fait face à la pandémie de Covid-19 et comment celle-ci, malgré les difficultés, nous ouvre de nouvelles avenues, de nouvelles opportunités, pour bâtir un «better normal». Avec cette optimiste convaincue, les lueurs d’espoir pleuvent.

Comment je vis cette période challenging depuis 2020…

 

Privilège. La pandémie m’a donné, ainsi qu’à beaucoup de Mauriciens, l’occasion de vivre des moments privilégiés en famille, que nous n’aurions pas eu si la vie avait continué au même rythme qu’avant. 2020 a été compliqué pour ma fille aînée qui passait son Bac et pour ma cadette qui était en première année de lycée, avec le début des cours à distance, mais elles se sont adaptées comme des chefs ! C’était aussi compliqué avec mon papa qui habite à côté et qui avait de graves problèmes de santé. Mais nous avons vécu des moments très forts, dont mes 50 ans en mai 2020 en plein confinement. J’avais prévu d’aller au Pérou mais mes filles ont amené le Pérou jusqu’à moi en fabriquant, par exemple, des petits lamas pour décorer mon gâteau d’anniversaire. Je craignais un peu cette date mais au final, on a passé un moment inoubliable. Et puis, il y avait cette solidarité extraordinaire entre voisins, collègues et amis durant cette période. J’ai aussi eu l’occasion d’approfondir certaines choses qui me tiennent à coeur comme la méditation et la physique quantique, en prenant des cours en ligne.

 

Solutions. La partie plus difficile, c’est qu’en tant qu’entreprise indépendante non impliquée dans le tourisme, Maluti Communications a dû trouver ses propres solutions pour tenir le coup, tout en privilégiant l’emploi pour garder l’équipe entière. Mais nous étions préparés dans une certaine mesure parce qu’une partie de notre métier est la gestion de la communication de crise, et cela passe par l’anticipation des difficultés. Nous étions, par exemple, déjà en remote work avant le confinement. Ces derniers mois, avec la pandémie qui perdure, il y a eu beaucoup de changements au niveau du travail lui-même. Il y a eu des ponts qui ont été coupés et d’autres qui se sont créés, notamment au niveau international avec plusieurs sociétés ne pouvant pas se déplacer et faisant appel à nous. Enn dan lot, je regarde devant avec positivité.

 

Mon regard sur la situation actuelle…

 

Contrôle. Elle est quelque part plus compliquée que celle de 2020 parce que nous avons aujourd’hui moins de ressources. Par exemple, le personnel du secteur de la santé qui est sous pression depuis 18 mois, doit être épuisé. Économiquement, la résilience faiblit avec le temps qui passe. Le secteur du tourisme, qui recommence à peine à se relancer, doit absolument pouvoir compter sur le contrôle de la pandémie. Nous ne pouvons pas nous permettre de revenir sur les listes rouges des pays où on ne doit pas se rendre.

 

Prudence. Je pense que nous nous sommes un peu relâchés ces derniers temps – peut-être parce que nous sommes fatigués d’être prudents – mais il est temps que chacun se ressaisisse, fasse sa part pour que la situation s’améliore. Je crois que la plupart des Mauriciens sont résiliants, intelligents et comprennent les fondamentaux du bien commun. Au fond, nous savons tous ce que nous devons faire : être hyper prudents et faire preuve de solidarité. Nous l’avons fait avant et pouvons le refaire. La Covid et la santé de nos familles, nos amis, nos voisins, ce n’est pas l’affaire du gouvernement seul ou du secteur privé, mais de tous les citoyens. 

 

Ces précieuses leçons à tirer…

 

L’humain. Je crois que la plus belle des leçons, dans le monde speed et matérialiste où nous vivons, c’est que beaucoup ont remis l’humain au centre de tout, ont réalisé que la famille, les amis, les équipes, ceux autour de nous, c’est ça l’essentiel. J’espère aussi que les gens, les femmes surtout, auront compris davantage que tout commence par soi. Il faut prendre le temps de se ressourcer, être bien dans son corps, son âme et sa tête pour pouvoir ensuite donner aux autres. Et j’espère que les chefs d’entreprises ont saisi que c’est la qualité de notre travail, et non les heures fournies, qui importe. Il y a plusieurs façons d’opérer et nous pouvons nous adapter.

 

Solidarité. Je pense que beaucoup ont aussi compris la valeur de la solidarité, ont davantage ouvert les yeux sur le vécu de leur prochain. Par exemple, même si les temps sont durs, les contributions pour les ONG continuent de venir. Une société fondée sur une solidarité active est une société qui a tout compris. Il y a définitivement eu un pas dans la bonne direction.

 

Pour une île Maurice meilleure…

 

Better normal. Nous avons l’opportunité aujourd’hui de tout recommencer afin d’avancer vers un avenir meilleur. D’ailleurs, je n’aime pas le terme new normal, je préfère celui de better normal. Quel que soit le secteur, ce serait dramatique si nous repartions vers ces anciens habitudes et mécanismes qui se sont révélés nocifs pour notre société. Par exemple, la place de femme, de la maman surtout, dans le monde professionnel doit être revue. Imaginez la force de frappe si on avait plus de femmes qui travaillent et plus de femmes dirigeantes. Mais pour cela, il faut un écosystème qui leur soit favorable, qui permette notamment aux mamans de travailler, tout en étant plus présentes chez elles et ainsi plus investies dans leur rôle principal. On en a beaucoup parlé mais très peu a été fait jusqu'ici. En améliorant la réalité des femmes au travail, on améliorera définitivement l’économie mais aussi les sphères familiale et sociale.

 

Impact. Sans perdre de vue les résultats financiers, imaginez l’impact extraordinaire que les entreprises pourraient avoir si elles se servaient de leur taille pour faire avancer la société mauricienne ? Beaucoup d’employés se sentent désengagés à cause des décisions des dirigeants et du manque de valeurs en entreprises. Les jeunes surtout veulent des entreprises qui ont un impact clair et positif sur la société. Il faut que cette reprise se fasse, partout, avec des pratiques plus saines, plus inclusives, de nouvelles habitudes, un nouveau focus sur nos équipes.

 

Les lueurs d’espoir qui brillent...

 

Relations. J’adore l’espoir.  Ça ne coûte rien d’être optimiste ! Et la plus belle lueur d’espoir, c’est cette relation renouvelée et approfondie avec nous-mêmes et avec nos familles, nos amis, nos collègues et toutes ces personnes qui forment notre cercle rapproché. C’est cela qui détermine tout le reste. C’est l’essentiel. Il ne faut pas l’oublier.

 

Élans. Et puis, on a vu de beaux élans partout depuis le début de cette pandémie, dans le secteur sanitaire, le social, le business, qui, espérons-le, vont gagner du terrain et ne vont pas s’éteindre. Nous ne pouvons que croire qu’avec la belle solidarité mauricienne et notre intelligence collective, les choses iront de mieux en mieux ! Tipa, tipa !

 

Mon actu du moment

 

D’abord et avant tout, je suis une maman de deux filles, Mia et Eva. Ma fille aînée vient de quitter le pays pour aller poursuivre ses études à l’étranger. Donc, je redécouvre qui je suis sans ma grande fille. C’est une autre étape dans ma vie de maman et je dois avouer que ça se passe très bien, malgré les nombreuses appréhensions que j’avais. Pour elle comme pour moi. Donc, je vis tout cela avec beaucoup de calme et de gratitude. Et je profite à fond de ma relation renouvelée avec ma cadette. Sinon, au niveau de Maluti Communications, nous restons avec des racines bien mauriciennes, mais sommes beaucoup sollicités en ce moment par l’international, avec des partenariats très actifs. C’est challenging mais super intéressant ! Donc, pour cela aussi, je ne peux que dire : «Merci mon Dieu.» Entre sessions de ravann que j’adore et de sports que j’aime bien moins, je poursuis aussi mon engagement dans le social en aidant au mieux Caritas, le Groupe Réfugiés Chagos et la Global Rainbow, entre autres.