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L’Inde face à une nouvelle vague de Covid-19 - La Mauricienne Smitee Luximon : «C’est comme un tsunami qui s’abat sur le pays»

«Je ne sors plus. J’achète tout ce qu’il me faut en ligne. Et je désinfecte tout ce qui entre chez moi. Même si je reste à la maison, je prends beaucoup de précautions», raconte la Mauricienne Smitee Luximon, alias DJ Smitz.

Cette semaine, soit ce lundi 26 avril, l’Inde a passé un triste cap, avec un nouveau record mondial en 24 heures, soit 350 000 nouveaux cas et 2 800 morts. Le pays est débordé par la Covid-19 qui, selon les autorités, semble être hors de contrôle...

Dans sa voix, on peut ressentir de l’inquiétude. De l’incertitude également. Mais aussi de la compassion. Face aux jours à venir qui s’annoncent difficiles, la Mauricienne Smitee Luximon, plus connue comme DJ Smitz – s’étant fait un nom dans le milieu de la nuit –, est actuellement attristée, tourmentée et effrayée. Voilà quelques semaines depuis que l’Inde, son pays d’adoption, fait face à une nouvelle vague de Covid-19 qui semble se propager à une vitesse incroyable, faisant des milliers de décès et affectant des familles entières car la souche actuellement en circulation là-bas serait un variant très virulent. Si les images des scènes de désolation ont, ces derniers jours, choqué et touché le monde entier, Smitee, pour sa part, fait face à tout ce drame en étant au cœur même du chaos.

 

Si elle suit toutes les consignes et fait tout pour rester à l’abri, la Mauricienne ne peut pas ne pas être solidaire de ceux qui sont plus vulnérables, en difficulté et dans la précarité... Elle est de tout cœur avec ce peuple accablé, écrasé par cette nouvelle épreuve qui semble dépasser les autorités. «Ce qui se passe actuellement en Inde est vraiment effrayant. De nombreuses personnes qui se font tester se retrouvent avec des résultats positifs. Les choses sont vraiment alarmantes. La nouvelle vague de coronavirus est comme un tsunami qui s’abat sur le pays et tue beaucoup de gens», nous dit-elle avec de l’intensité dans la voix. Cette semaine, la Grande Péninsule a passé un triste cap avec 350 000 nouveaux cas et 2 800 morts en 24 heures.

 

Le pays, terrassé par la Covid-19, vit des jours très sombres, les cimetières et les crématoriums sont débordés, et les corps sont incinérés en plein air... Cette situation, selon les experts, semble être devenue hors de contrôle, l’Inde comptant désormais le plus grand nombre de cas positifs au virus au monde, avec un nouveau variant plus contagieux, qui fait craindre une flambée de l’épidémie. Même si le pays est aussi considéré comme celui qui vaccine le plus rapidement au niveau international, avec plus de 100 millions de doses injectées – 89 millions de premières doses et 13 millions de secondes doses –, il se retrouve plongé dans ce que beaucoup considèrent comme le chaos.

 

Une situation «terrifiante»

 

Plusieurs facteurs seraient, selon les scientifiques, responsables de ce qui se passe. Car après un confinement strict et un relâchement qui découlerait de l’avènement des vaccins – les gens croyant que le virus est sous contrôle –, les rassemblements se sont multipliés ces derniers temps en Inde, notamment des meetings géants pour les campagnes électorales et des pèlerinages religieux. Au cours des derniers jours, le variant B.1.617, plus communément appelé variant indien du fait de sa première occurrence en Inde, a aussi été signalé dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, la Suisse, la Grèce et l’Italie. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) l’a récemment classifié comme un «variant d’intérêt» et non pas «un variant préoccupant». Cette dernière appellation indiquerait que ce variant est plus dangereux (plus grande contagiosité, plus mortel et capable d’échapper aux immunisations vaccinales). Ce qui inquiète toute la population mondiale, particulièrement les habitants du pays le plus touché et secoué par cette menace.

 

Malgré les contraintes, l’Inde fait tout ce qu’elle peut pour tenir tête au virus. «Le lockdown a déjà été étendu et va probablement durer encore quelque temps. Les choses s’enveniment ici», s’exclame Smitee Luximon qui habite à Pune, dans l’ouest de l’Inde. Devant l’ampleur du problème, plusieurs pays ont fermé leurs frontières à la Grande Péninsule. Mais la crise en Inde interpelle de nombreux pays, certains titres internationaux qualifiant cette situation de «terrifiante» et mettant en avant le drame, «avec des gens qui meurent comme des animaux». Pour Smitee, ce cauchemar semble irréel : «L’Inde se retrouve à devoir faire face à des difficultés : il y a un important manque d’oxygène dans les hôpitaux, il y a aussi un véritable manque de lits dans les différents centres de soin pour accueillir les malades, le personnel soignant est submergé. Le pays souffre de plusieurs manques. Et la situation fait vraiment peur...»

 

Dans certaines parties du pays, comme à Delhi, il n’y a, en effet, plus de place dans les services des soins intensifs. Les ruptures de stock d’oxygène accélèrent les décès et les proches des malades lancent des SOS de détresse sur les réseaux sociaux. Plusieurs pays, comme ceux de l’Union européenne, les États-Unis ou encore le Royaume-Uni, ont promis leur aide au géant asiatique. Devant cette poussée spectaculaire de la Covid-19, plusieurs pays qui ont amorcé ces derniers jours le processus de déconfinement suivent la situation de très près.

 

Notre compatriote aussi espère voir la lumière au bout du tunnel, même si elle sait que cela prendra du temps. «Ce qui se passe affecte tout le monde et la night life est forcément touchée de plein fouet. Ça fait maintenant deux mois que les choses ne vont pas dans ce secteur. Je ne vois pas de sortie de crise de sitôt. Je ne vois pas les choses s’arranger. Cela va prendre, je pense, environ deux mois avant que la situation ne revienne un peu à la normale», ajoute la jeune femme dont le quotidien est complètement chamboulée. «Je ne sors plus. J’achète tout ce qu’il me faut en ligne. Et je désinfecte tout ce qui entre chez moi. Même si je reste à la maison, je prends beaucoup de précautions. Je ne sors même plus mes chiens avec tout ce qu’on voit et entend. C’est effrayant. Les rues sont désertes et partout est fermé», dit-elle, de l’inquiétude dans la voix...