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Licenciements : La grande détresse des employés de Palmar Ltée

Les employés n’ont pu avoir accès à leur lieu de travail vendredi.

Entre choc, désespoir, colère et détresse… Les 1 300 employés de l’usine Palmar Ltée, qui ont été congédiés en fin de semaine, souhaitent être rassurés sur leur avenir.  Certains nous parlent de leurs craintes…

Les sentiments se mêlent et s’entremêlent. Dans leur tête, c’est l’incompréhension. Dans leur cœur, un tourbillon de sentiments. Car du jour au lendemain, ils se sont retrouvés au chômage quand Palmar Ltée, à Mon Loisir, l’usine pour laquelle ils travaillaient pour la plupart depuis plus de 10 ans, se trouvant dans le rouge, a mis la clé sous le paillasson.

 

Depuis, impossible pour les 1 300 employés, qui se retrouvent sur le pavé, de reprendre le cours de leur vie normalement. Nizam Peerbaccus, 45 ans et habitant à Pamplemousses, en fait partie. «C’est vraiment un choc d’apprendre une telle nouvelle dans les médias», nous confie celui qui jusqu’à jeudi encore exerçait comme pattern maker. «Cela fait 10 ans que je travaille à l’usine Palmar Ltée. On avait entendu dire que la compagnie avait des problèmes financières mais on ne se doutait pas que les choses allaient se dérouler de cette façon, qu’on allait nous mettre à la porte sans nous donner des éléments de réponses sur notre avenir. Je ne comprends pas ce manque de communication de la part de la direction.»

 

Qu’est-ce qui va se passer pour lui ? Sera-t-il indemnisé pour ses années de services ? Est-ce qu’il va retrouver du boulot ? De quoi demain sera fait ? Nizam est perdu, tourmenté : «C’est terrible ce qui nous arrive. On est tous des pères et des mères de famille. Nous avons des charges à payer, des dettes à honorer. Certains d’entre nous comptent plus de 35 ans de services et nous voilà incertains par rapport à l’avenir. Nous vivons une terrible épreuve», poursuit celui qui comme ses autres collèges, a été surpris de découvrir l’usine fermé le vendredi 22 février quand il s’est rendu sur son lieu de travail. «On pensait au moins que quelqu’un allait venir nous éclairer et nous rassurer par rapport à la marche à suivre mais rien…»

 

Comme lui, ils sont nombreux à être dans le flou. D’ailleurs, les employés sous tension, «déçus» et «inquiets» avaient pris d’assaut la route principale de Mon Loisir vendredi pour faire part de leur incompréhension et leur colère face à la mauvaise nouvelle qui leur est tombée dessus. Même si le ministre du Travail Soodesh Callichurn s’est montré rassurant en annonçant que les licenciés vont être redéployés et que le salaire des employés pour le mois de février va être payé, ceux qui disent vivre un véritable drame en ce moment ne peuvent pas ne pas angoisser.

 

«Tant qu’on ne saura pas ce qui va se passer pour nous, tant qu’on ne sera pas rassuré qu’on aura un autre travail, je ne pourrais pas être tranquille», nous déclare Kumaree Madiah, 50 ans, qui officiait comme secrétaire. «De voir ce cadenas aux portes de l’usine, de se dire que plus jamais je ne travaillerais entre ces murs me tourmente. J’ai dédié 18 ans de ma vie à cette usine et je ne pensais pas que l’histoire allait se terminait ainsi, si brutalement. La vieille encore, jeudi, on était nombreux à l’usine à travailler car on voulait croire qu’on allait pouvoir s’en sortir…», confie la quinquagénaire.

 

Mariée et maman de deux enfants dont le benjamin est toujours à l’université, cette habitante de Flacq n’arrive toujours pas à réaliser ce qu’elle vit. «C’est comme si je me retrouvais en plein cauchemar. Je pense aussi à mes collègues mais aussi à ces expatriés qui comme nous passent par des moments difficiles. On n’a pas l’esprit tranquille et on est décidé à ne pas rester les bras croisés. On a commencé les premières démarches auprès du ministère de la Sécurité sociale et on attend des communications officielles par rapport à notre sort.» 

 

Son amie Anielle Belle-Rose, 42 ans, qui compte 24 ans de service, abonde dans le même sens. «C’est triste d’être traitée comme ça alors qu’on n’a jamais eu à me reprocher mon travail», lâche cette habitante de Bel-Air/Rivière-Sèche. «Il faut qu’on nous rassure. En ces temps, c’est difficile de vivre sans un salaire. J’ai deux enfants, un en Grade 10 et l’autre en sixième et je ne serai pas tranquille tant qu’on ne saura pas ce qui va se passer pour nous», dit-elle, de l’émotion dans la voix. Car pour elle aussi, comme pour tous ses collègues, les sentiments se mêlent et s’entremêlent.

 


 

Stéphane Lagesse de Palmar Ltée : «C’est pénible pour tout le monde»

 

Interrogé sur la situation qui règne au sein de Palmar Ltée et de l’absence de communication avec les employés suite à la fermeture de l’usine, Stéphane Lagesse, nous a fait la déclaration suivante : «Ce sont les receivers managers qui s’en occupent. Nous ne pouvons pas pénétrer dans l’usine. Ils nous ont dit que c’est eux qui s’en occupaient. Pour l’instant, c’est comme ça, on verra lundi (NdlR : demain 25 février). Nous avons appris cela à la dernière minute, il semblerait que le ministre et la Mauritius Exports Association étaient au courant avant nous. Nous même nous avons été pris de court. Pour l’instant, de notre côté aussi, c’est le flou total, on verra un peu plus clair lundi. Ça a été très soudain. Il y avait des discussions en cours et on pensait que cela allait mener vers quelque chose de positif... C’est pénible pour tout le monde. On comprend que nos employés sont peinés. Palmar est l’une des plus anciennes compagnies de textile mauriciennes sur le sol mauricien, nos employés, c’est notre famille.»