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Le PTr : un allié à séduire

Le leader du Labour  a le vent en poupe.

La bande à Navin Ramgoolam attire les regards du MP et du PMSD pour une danse de l’amour dont l’issue n’est pas encore connue.

Sur le catwalk du mercato politique, remarquez la brillance du rouge. C’est une des couleurs ten-dance de cette saison des législatives. Dans le vestiaire des électeurs, elle est en concurrence avec un orange lumineux qui a déjà sa place depuis la dernière saison. Si pour l’instant, il est trop tôt pour décider laquelle de ces teintes – qu’elles soient diluées dans d’autres couleurs ou pas – remportera le match du look, reste que depuis quelque temps, le rouge fait son petit effet auprès des fashionis-tos politiques qui n’ont pas encore trouvé de designer.

 

Dans les coulisses du show, le PMSD et le MP attendraient que le patron des Rouges daigne leur faire un signe. D’ailleurs, du haut de ses talons aiguilles – Navin Ramgoolam a remporté une victoire de taille cette semaine –, il se la joue difficile : «Le PTr a des principes sur lesquels nous n’allons pas cé-der. Ceux qui veulent liguer leurs efforts avec le PTr doivent comprendre que ce sera sur la base de nos principes. Ce n’est pas possible de faire des concessions durant les négociations car, par la suite, nous ne pourrons pas diriger le pays comme nous le désirerions», a-t-il confié cette semaine.

 

Ce vendredi 13 septembre, le compteur des koz-koze a été remis presqu’à zéro. Si avec le PMSD, les choses semblaient prendre la bonne direction, les accusations contre Navin Ramgoolam dans l’affaire Roches-Noires ayant été rayées, ça a changé le poids des Rouges… qui ont pris des rondeurs. «C’est une libération pour nous. Il n’y a plus rien qui puisse mettre le doute dans l’esprit des gens quant à la vendetta politique qu’a subie le PTr. Ça fait 11 accusations rayées et ça veut tout dire», confie un des membres du parti, oubliant au passage l’affaire des coffres-forts dont le prochain épisode se jouera dans deux mois. Au PMSD, les prémices d’une alliance conclue avec les Rouges avaient rassu-ré, offrant même un nouveau souffle au parti malgré les piques bien senties de Navin Ramgoolam à l’égard des Bleus. La zoli mamzel avait décidé de ne pas s’offusquer des «nou pou al tousel» ou en-core des «tike-la ziska dernie minit kapav sanze sa».

 

Aujourd’hui, le deal, il faudra peut-être le revoir, confie un Joe. Mais le plus important, affirme-t-il, c’est que la bande à Ramgoolam sait qu’elle a besoin du Coq pour que sa sauce soit appétissante : «Nous sommes un joker sur l’échiquier, nous sommes incontournables.» Des must-have qu’Ivan Col-lendavelloo a traités en ces termes, cette semaine, quand les journalistes ont évoqué un revival de l’Alliance Lepep : «Mo ena bann bon kamarad dan PMSD, zot impe bet, me pa fer nanye (…) zot pe-na enn gran refleksion lor bann oriantasion politik de nou pei ; se sa ki separ nou.» Dans la marmite politique, le poulet est en danger de surcuisson car la gourmandise est un vilain défaut, paraît-il. Surtout qu’au PTr, on est conscient de pouvoir «jouer». «Comme l’a dit Navin Ramgoolam, les règles du jeu, ce sont nous qui les faisons. Personne d’autre», poursuit notre interlocuteur rouge. Et cette surpuissance est possible car deryer laport des négociations, il y a le MP qui attend patiemment, malgré les dissensions au sein même du parti concernant un mariage avec le Labour Party : «Ce n’est pas un secret que les discussions ont lieu.»

 

Reste que le MMM pourrait bien entrer dans la danse. Malgré l’assurance répétée de Paul Bérenger qu’il s’agit là d’un immense no-no. Mais les idées ridicool des politiciens ressemblent souvent à celles qu’on trouve sur le catwalk : incroyables… mais vraies. Surtout que Navin Ramgoolam a dit sa solida-rité pour les Mauves après le départ de cinq de leurs membres. «En période de campagne, rien n’est anodin. Mais dans ce cas précis, je pense que le leader du PTr a simplement décidé de semer le doute dans l’esprit de ceux qui veulent faire alliance avec ce parti», explique un membre du MMM. Une tactique de leader pour se tailler la part du… lion concernant les tickets et les nominations. «Nous, nous n’irons pas avec Navin Ramgoolam», ajoute, avec force, notre interlocuteur.

 

Il est persuadé que Paul Bérenger résistera à l’appel de la dernière tendance. Du moins, en ce qu’il s’agit de la couleur rouge.

 


 

Charge rayée | Navin Ramgoolam : «C’est une vendetta politique»

 

Il parle de vendetta politique. Navin Ramgoolam s’est exprimé, le vendredi 13 septembre, à sa sortie de la cour intermédiaire. Là où les magistrats ont rayé le chef d’accusation qui pesait sur lui dans l’affaire Roches-Noires, estimant que la poursuite n’a pu établir le complot : «Depuis février 2015, je dis que je suis innocent. Depuis quatre ans et demi, ils m’ont traîné du CCID à la cour. (…) C’est une vendetta politique et aujourd’hui, la cour me donne raison (…) Je vous rappelle que tout a commen-cé par l’affaire Roches-Noires (…) Il y a un bon dieu pour le Parti travailliste, il y a une justice di-vine.» Néanmoins, la partie n’est pas finie, le bureau du DPP a 21 jours pour faire appel ou pas de cette décision de justice. Les accusations pesant sur deux anciens hauts gradés de la police, Ramper-sad Sooroojbally et Dev Jokhoo, ont également été rayées.