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Le Momo Challenge : canular ou réalité ?

Il a une tête qui semble sortir tout droit d’un film d’horreur. Momo, dont le visage est inspiré d’une œuvre de l’artiste japonais Midori Hayashi, aime jouer mais il n’est pas du genre gentil. Il vous contacte via WhatsApp, vous envoie des messages en vous demandant de réaliser des défis, allant du plus anodin au plus dangereux., comme le suicide, par exemple. D’ailleurs, on dit que plusieurs ados à travers le monde se seraient donné la mort suite à ce challenge.

 

Mais personne ne connaît l’identité de ceux qui ont lancé le Momo Challenge, même si les Japonais sont soupçonnés d’en être les auteurs, tout comme des jeunes Sud-Américains. En France, l’année dernière, un père a porté plainte contre YouTube, WhatsApp et l’État après la mort de son fils de 14 ans. Selon la famille, l’adolescent, qui était épanoui et en pleine forme, se serait fait prendre au piège du Momo Challenge.

 

S’il est apparu dans le courant de l’année dernière, le Momo Challenge est récemment revenu au cœur de l’actualité. Récemment, des vidéos publiées sur YouTube, destinées aux enfants et contenant des images de ce jeu macabre, ont fait irruption sur la Toile. Ce qui inquiète à Maurice, c’est qu’une psychologue dit avoir répertorié cinq cas de jeunes âgés de 14 à 21 ans, qui souffriraient de troubles comportementaux depuis qu’ils auraient participé à ce genre de challenge. Selon elle, l’un d’eux se serait même automutilé.

 

Aujourd’hui, de nombreux parents sont inquiets lorsque leurs enfants reviennent de l’école en parlant du Momo Challenge. «L’autre jour, ma fille est revenue de l’école et m’a dit, affolée : ‘‘Maman, Momo’’. Ses amis en avaient parlé à l’école. Plus tard, alors que sa grande sœur a essayé de jouer à un jeu en ligne, celle-ci a eu la désagréable surprise de voir subitement apparaître sur l’écran une photo du fameux Momo», lance Mary-Jane, maman de deux filles.

 

Cependant, face à l’affolement général, de nouvelles informations sont venues calmer un peu le jeu. Ils sont de plus en plus nombreux à dire qu’en réalité, ce phénomène n’a jamais existé. Ce serait une légende urbaine. Un canular devenu un produit de cyber harcèlement. Dans plusieurs pays, des associations affirment qu’il n’y a aucune preuve que l’effet Momo soit lié à des suicides. L’UK Safer Internet Center parle même de «fake news».

 

Alors, le Momo Challenge, c’est une pure invention ? Oui, affirment les journaux Le Monde et The Guardian qui évoquent une rumeur qui s’est autoalimentée. Dans Le Monde, Samuel Comblez, directeur des opérations de l’association e-enfance, explique que c’est «surtout une légende urbaine avec de nombreux faux Momo, qui a suscité l’excitation des adolescents qui aiment se faire peur».

 

Les ados se sentent attirés par ce jeu sordide et anxiogène, et y prendre part suscite une sensation de peur et d’interdit. Ce qu’il faut comprendre aujourd’hui, c’est que n’importe qui, avec de mauvaises intentions, peut incarner un Momo.

 


 

Leena Soobrayen, psychologue :  «Les ados sont attirés par les tendances sur Internet»

 

Pourquoi les jeunes sont-ils vulnérables à ce genre de phénomènes sur le Net ?

La jeune génération est très connectée puisqu’elle est née dans ce monde technologique. Ce n’est donc pas étonnant que les jeunes, surtout les adolescents, soient attirés par les tendances du moment, sur le Net notamment. Des jeux de défis comme le Momo Challenge ne les laissent pas insensibles. Ceux-ci les encouragent à faire des actions dangereuses et impulsives.

Les adolescents forment leur identité petit à petit et sont très influençables durant cette période. Ils sont dans une transition puisqu’ils ne sont plus des enfants mais pas encore des adultes. Ils sont d’abord curieux mais ça peut vite tomber dans le harcèlement moral. N’ayant pas encore toute leur maturité, les jeunes peuvent céder.

 

Certains experts parlent de pression psychologique sur les plus jeunes. Qu’en pensez-vous ?

Relever des défis peut au début être très séduisant. Les atteindre permet à des jeunes de se démarquer des autres amis. Dans la tête de certains, se taillader le bras est un acte courageux. Petit à petit, cela peut devenir handicapant et engendrer une peur de l’autre. Saisis par une paranoïa, ils peuvent décider de tout terminer, en se suicidant. Pour d’autres, qui sont déjà émotionnellement vulnérables, ces jeux peuvent être vus comme une porte de sortie.

Pour les plus jeunes, c’est plus alarmant. Avant 8 ans, les enfants n’ont pas une notion claire de la mort. Ils appréhendent les concepts de mort et de suicide différemment des adultes. Leur évaluation de certaines situations dangereuses est floue.

 

Comment protéger nos enfants ?

La souffrance psychologique s’exprime parfois indirectement. L’isolement de l’enfant, ses blessures à répétition et ses préoccupations exagérées de la mort ne sont pas à négliger. Si un parent pense avoir repéré des pensées suicidaires chez un enfant, il faut consulter un médecin et un psychologue pour faire une évaluation précise. Le support familial est très important. Il faut le rassurer et l’aider à se reconnecter avec la vie réelle. Une écoute et une reconnaissance de sa souffrance sont aussi très importantes. Il faut aussi avoir un œil sur ses activités sur le Net, tout en respectant son espace. Soyons vigilants.