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Lancement de l’Akademi Kreol Repiblik Moris et du nouveau Diksioner morisien : La jeunesse en marche

Lors de ce double lancement, il a beaucoup été question de valorisation et d’unification.

Passions linguistiques... Il y avait du monde à l’Auditorium Octave Wiéhé, Réduit, le jeudi 3 octobre. Ce jour-là, l’Akademi Kreol Repiblik Moris et la troisième édition du Diksioner morisien, qui inclut pas moins de 2 400 nouveaux termes, aussi bien techniques (vezetalien, aerobik) que populaires (royos, serti), ont été lancés, en présence du Premier ministre Pravind Jugnauth. Dans son allocution, ce dernier a souligné le rôle important de la jeunesse dans le développement du kreol morisien, une langue qui «partage nos valeurs mauriciennes et aide à l’unité nationale».

 

Justement, la jeunesse est en marche pour valoriser le kreol morisien. Pas moins de 500 étudiants se sont impliqués dans les recherches et la rédaction des différentes éditions du diksioner, depuis le premier ouvrage en 2005. Et la relève semble être assurée.

 

Des étudiants de l’Université de Maurice, en première année de BA French and Creole Studies, sont passionnés aussi bien par la langue de Molière que par le kreol. Quatre d’entre eux, présents lors du double lancement, nous expliquent le pourquoi de leur choix académique.

 

Jeannot Nadal, de Vieux-Grand-Port, est du genre curieux. «À la base, c’était pour découvrir la langue en elle-même mais par la suite, j’y ai vite pris goût, admet-il. Puis, je me suis dit, je suis Mauricien, il serait donc un peu logique d’apprendre le kreol morisien en profondeur, d’appliquer la graphie officielle et de l’apprendre aux autres.»

 

À ses côtés, son amie Kovisha Bheechook, de Midlands, avoue qu’elle a d’abord été intriguée par le sujet. «Mais ce qui est vite devenu passionnant, c’est que c’est une langue qui peut-être approfondie, comme n’importe quelle autre. Et le fait d’avoir une académie qui se lance et cette nouvelle édition du Diksioner, prouve qu’il y a un désir fort de la valoriser.»

 

Aurélie Vigoureux, une habitante de Quatre-Bornes, veut, elle, «briser les stéréotypes». Le kreol, précise-t-elle, «n’appartient pas à telle ou telle communauté mais à tous les Mauriciens. C’est pour cela que je veux l’apprendre, pour la transmettre.»

 

Cela va prendre du temps mais Aaïsha Bundhoo, de Phœnix, y croit. «J’ai compris, au fil du temps, que le kreol morisien est une langue à part entière. Ce n’est pas un dialecte, ni un patois. Et sa valeur est d’autant plus grande qu’elle est utilisée par les Mauriciens dans la vie de tous les jours. Raison de plus pour la pousser plus loin, pour la standardiser, pour y inclure des mots plus techniques, comme à présent avec la nouvelle édition du Diksioner morisien.»

 

L’Akademi Kreol Repiblik Moris, pour sa part, se veut agir comme régulateur officiel de tout ce qui a trait au kreol morisien : recherches académiques, littéraires, artistiques, etc. En attendant, dans un futur proche, un diksioner pour le kreol rodrige…