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La vie après avoir guéri du coronavirus

«À un moment, je me suis posée la question : est-ce que je vais ressortir vivante de l'hôpital ?» nous confie Alexandra Montaigne qui a combattu le virus.

La Covid-19 chamboule tout sur son passage. Elle affecte des vies, brise des familles, provoque une crise économique et est responsable de la séparation de plusieurs familles avec la fermeture des frontières. Et ceux qui ont été contaminés et qui ont vécu une véritable lutte contre le virus le savent plus que n’importe qui : la vie après qu’on a guéri du coronavirus n’est plus du tout la même...

Dans sa voix, beaucoup de force. Mais aussi de la certitude et de la conviction. Car après avoir cru au pire en mars, Alexandra Montaigne – qui fait partie de ceux et celles qui ont mené un éprouvant corps-à-corps avec le coronavirus –, voit aujourd’hui la vie différemment. La Fitness and Wellness Trainer, qui vit entre Maurice et l’île soeur, travaille pour la compagnie Body Balance Concept et est connue ici à travers la plateforme Coach moi, I’m Famous, ne cache pas son envie de revenir bientôt chez nous pour y retrouver les gens qu’elle aime. Car quelques mois après avoir lutté contre le virus, c’est l’amour pour les autres et surtout pour la vie qui guide ses pas.

 

Si Alexandra va mieux aujourd’hui, elle ne cache pas que le virus a complètement chamboulé son existence. Elle n’est pas la seule dans ce cas. D’ailleurs, la semaine dernière, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a mentionné pour la première fois la condition des patients souffrant de symptômes à long terme après une contamination au Sars-Cov-2. Il a demandé la reconnaissance de leur maladie et de meilleures études sur leurs séquelles.

 

Comme tous les malades, Alexandra Montaigne est passée par toutes les émotions, par tous les doutes, par toutes les frayeurs, quand elle a appris qu’elle avait chopé le virus qui fait trembler toute la planète. «Lorsque j’étais dans ma chambre d’hôpital et que je souffrais de détresse respiratoire, on m’a dit qu’on ne savait pas quand j’allais sortir. On était à ce moment-là dans l’inconnu. On n’entendait que des choses catastrophiques. À un moment, je me suis posée la question : est-ce que je vais ressortir vivante de cet endroit ?» lâche-t-elle en se remémorant ce par quoi elle est passée.

 

Revoir ses priorités

 

Toutefois, reconnaît-elle, cette épreuve l’a forgée et lui a ouvert les yeux sur certaines choses : «Depuis, je me suis promis que le travail, même si j’adore ce que je fais, ne serait plus une priorité. J’ai le souvenir d’une phrase qui m’a été dite un jour, que le plus important, ce n’est pas d’être le plus riche du cimetière. Quand j’étais en unité-Covid, c’est la phrase qui m’est venue. Et là, j’ai pensé à mon fils, pas que je voyais moins mais avec qui je partageais moins parce que j’étais prise dans le tourbillon du travail. Je me suis promis que, même si j’aimais mon travail, ma priorité n’était pas là et que le plus important, c’est l’amour de ceux qui m’entourent et que maintenant, je donnerai de l’amour aux gens que j’aime et que je le leur dirai. Je ne l’avais pas assez dit. Je m’emploie depuis quelques mois à dire aux gens qui sont importants que je les aime. Je me donne aussi beaucoup d’amour à moi-même parce que je me rends compte que je m’étais beaucoup oubliée ; la Covid m’a fait me rappeler que je me devais beaucoup d’amour.»

 

Ayant regardé la maladie en face, Alexandra a donc revu ses priorités aujourd’hui : «Ma définition de la vie après le coronavirus, c’est qu’en une fraction de seconde, tout peut basculer. Le plus important, c’est de vivre l’instant présent. J’en avais conscience avant, de par mon métier, dans le coaching, le yoga, la formation, le bien-être et le mieux-être apportés aux autres. Mais là, j’ai vraiment compris que l’instant, c’est notre urgence ; qu’on ne peut pas reporter les choses qui nous tiennent à cœur à demain, parce qu’on ne sait jamais si demain sera là.» Bien que le virus se soit pointé avec son lot de souffrances et de questionnements, la Fitness and Wellness Trainer parle aussi de chance lorsqu’elle fait référence à cette période douloureuse de sa vie : «Le regard que j’ai sur cette “triste expérience”, c’est que c’est une expérience. Pas une triste expérience en fait. Le coronavirus nous ramène tous à l’essentiel. L’essentiel, c’est notre santé, c’est notre famille, c’est de profiter. C’est surtout à cela qu’il me ramène. Mon regard aujourd’hui sur le coronavirus, c’est que quelque part, il a été une chance pour moi, même si j’ai eu une très grosse frayeur et que mes proches ont aussi eu très peur. Le virus a été un électrochoc dans ma vie et cette “triste expérience” m’a peut-être sauvé la vie puisqu’il a permis de mettre en lumière une malformation congénitale au niveau du cœur. De par mon métier, je sollicitais – moins maintenant – beaucoup mon cœur. Lors d’un training, mon aorte ascendante aurait pu se déchirer. Maintenant, je sais ce que j’ai et que je dois apprendre à vivre avec. Je dois me préparer à une opération du cœur. Sans le coronavirus, les choses auraient pu être davantage catastrophiques.»

 

Si la maladie a eu une incidence sur sa façon de vivre, Alexandra ne cache pas que le virus a aussi laissé des séquelles : «Pendant plusieurs mois, j’ai continué à avoir de très grosses montées au niveau du cœur. Le coronavirus a déclenché ce qu’on appelle une péricardite aiguë ; une inflammation du péricarde au niveau du cœur. J’ai eu trois mois de traitement avec une interdiction de solliciter mon cœur qui s’est fatigué avec le virus. Ça va mieux maintenant mais il y a beaucoup de choses que je n’ai plus de droit de faire. Il y a certains sports qui me sont proscrits. Par exemple, ceux qui font monter d’un seul coup les battements du cœur : les fractionnés, la musculation, les cours avec de très grosses intensités à ce niveau. Le coronavirus m’a montré que je dois prendre soin de moi, que mon corps et mon cœur étaient fatigués. J’essaie de le voir comme quelque chose de positif. Pour les gens comme moi, qui ont été quand même épargnés, il faut le voir comme une nouvelle vie qui nous est proposée. On se doit de ne pas perdre du temps avec des futilités et des choses qui ne sont pas vitales.»

 

Alexandra souhaite de tout coeur que les professionnels puissent prendre le dessus sur le virus : «J’espère que tous maintenant ont pris conscience qu’on doit faire attention à nous vu qu’on n’en est pas encore sortis. À La Réunion, on est à nouveau en zone rouge. J’ai hâte que tout cela se calme pour pouvoir revenir à Maurice et profiter des gens que j’aime là-bas. Et j’ai hâte de pouvoir partager mon travail à nouveau car aujourd’hui, je le fais avec encore plus de cœur qu’avant...»