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La réouverture complète des frontières sous la loupe de professionnels 

Pourquoi estimez-vous que le pays est prêt pour l'ouverture complète de ses frontières, le 1er octobre, sans crainte que la situation sanitaire ne s'aggrave ? C'est la question que nous avons posée à nos interlocuteurs de différents secteurs, allant du domaine médicale à l'Association des hôteliers et restaurateurs de l'île Maurice (AHRIM), en passant par la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), l'Association of Inbound Operators (Mauritius) (AIOM), l'Association des agences de locations saisonnières (île Maurice) (AALSIM) et le Constance Hotels and Resorts Group. Ces professionnels nous donnent leur avis sur ce sujet d'intérêt national, à quelques jours de cette nouvelle étape pour le pays...

Arvind Bundhun, directeur de la MTPA : «Le tourisme fait vivre environ 120 000 personnes»

 

« Le gouvernement a toujours placé la sécurité sanitaire avant toute chose. Cela nous donne un avantage certain sur nos compétiteurs qui ont ouvert leurs frontières avant nous. Le fait de mettre l’accent sur la sécurité sanitaire nous a poussés à effectuer l’ouverture de nos frontières par phases, qui avait pour but d’affiner les protocoles et de nous préparer pour la grande réouverture du 1er octobre. Cela nous a, par exemple, permis de ramener le Resort Protocol de 14 à 7 jours. 

 

La décision de maintenir la réouverture en octobre repose sur deux faits. D'abord, sur le nombre d’arrivants depuis le début de la première phase ; seuls 0,3 % étaient contaminés, ce qui signifie que les protocoles au niveau de l’entrée dans le pays sont efficaces. Puis, nous avons largement dépassé la barre de vaccination de la population, fixée à 60 %. Par ailleurs, même si la santé demeure notre priorité, nous ne pouvons pas éviter le facteur économique. Il ne faut pas oublier que le tourisme fait vivre environ 120 000 personnes à Maurice, directement et indirectement. C’est une industrie indispensable pour notre système économique. Il nous a donc fallu trouver un équilibre entre les aspects sanitaires et économiques, ce qui fait que nous continuons à prendre toutes les précautions possibles afin d’ouvrir nos frontières.»

 


 

Geneviève Dardanne, vice-présidente de l’AIOM : «Nous ne pouvons rester dans notre bulle...»

 

«Nous avons eu 18 mois de fermeture, nous avons découvert la Covid-19, nous avons appris à évoluer avec les variants. Aujourd’hui, toutes les activités économiques ont repris, sauf le tourisme. En d’autres mots, nous avons appris à vivre avec le virus, nous avons tous fait l’expérience du total lockdown et, certes, nous ne voulons pas le revivre. La priorité reste la santé de tous les citoyens mauriciens et résidents. Aujourd’hui, nous pouvons ouvrir nos frontières car nous sommes plus avertis, nous avons du passé et du vécu, nous savons qu’il nous faut respecter nos gestes barrières, il est impératif de protéger ceux qui sont à risques.

 

Nous avons une population adulte vaccinée à plus de 80  %. Tous ceux qui sont en frontline dans l’Industrie touristique ont été vaccinés. À l’AIOM, nos équipes ont toutes été formées par le ministère de la Santé pour appliquer les protocoles. Tous nos touristes qui arriveront seront  vaccinés, ils seront dotés d’un test PCR négatif 72 heures avant l’arrivée, un autre test PCR est prévu à l’arrivée à Maurice et un 3e test le 5e jour. Nous ne pouvons rester dans notre bulle, nous devons être courageux et aller de l’avant, les touristes arriveront  progressivement. Nous sommes loin de nos chiffres de 2019. C'est la responsabilité de tout un chacun de réussir cette réouverture, nous nous devons de donner une bouffée d’oxygène à cette industrie, pour créer l’équilibre économique et sociale chez nous car nous sommes nombreux à en dépendre directement ou indirectement.»

 


 

Jean-Michel Pitot, président de l’AHRIM : «Les opérateurs touristiques ont bien intégré les protocoles»

 

«La fermeture des frontières, puis la quarantaine, étaient des boucliers temporaires pour protéger la population du virus, en attendant qu’une autre forme de protection plus solide, le vaccin, soit mise en place. C’est aujourd’hui le cas. Le moment est donc arrivé de rouvrir le pays. Parce que le tourisme, c’est la colonne vertébrale de notre économie, parce qu’il nous faut des devises étrangères pour contenir la montée des prix et soulager de nombreuses familles en difficulté, mais aussi parce que, tout simplement, la population est aujourd’hui armée pour vivre avec le virus. Et c’est ce qu’elle fait déjà : elle a repris le travail, elle circule, elle va au bazar... Il n’y a donc aucune raison pour que la vie ne reprenne pas aussi pour le tourisme.

 

Comme partout ailleurs dans le monde, c’est normal que la Covid-19 continue à nous inquiéter. Mais au lieu de nous laisser gagner par l’incertitude et les hypothèses, appuyons-nous sur des certitudes. Les autorités ont donné l’assurance qu’elles feront ce qu’il faut pour augmenter encore l’immunité. Nous connaissons le savoir-faire des institutions sanitaires en matière de gestion épidémique ; elles l’ont démontré et nous pouvons leur faire confiance. Nous avons la garantie que les équipements médicaux d’urgence sont en nombre suffisant. Nous savons que les opérateurs touristiques dans leur grande majorité ont bien intégré les protocoles. Ce sont autant de raisons d’être confiants.

 

Et une certitude absolue : nous connaissons la capacité de résilience de notre pays. Toutes les parties prenantes dans ce combat contre la Covid-19 ont toujours su trouver ensemble des solutions face à l’épreuve, mettre les intérêts du pays d’abord, en restant toujours rationnelles dans les discussions.»

 


 

Jean Jacques Vallet, CEO du Constance Hotels and Resorts Group : «Tout mettre en œuvre pour consolider la stabilité économique et sociale du pays»

 

«La réouverture du pays est primordiale pour la reprise économique de Maurice. Elle a été pensée et préparée dans un esprit de dialogue entre les secteurs privé et public.  Nous avons déjà entamé la première phase de la réouverture depuis le 15 juillet. Nous pouvons aujourd’hui dire que cette réouverture progressive s’est très bien déroulée. Nous sommes donc prêts pour la grande réouverture de nos frontières. À partir du 1er octobre, seuls les voyageurs qui sont entièrement vaccinés pourront fouler le sol mauricien sans avoir à faire de quatorzaine. Pour cela, ils devront produire un test PCR négatif avant d’embarquer. À Maurice, ils seront également testés. De leur côté, ceux qui ne sont pas vaccinés seront toujours soumis à la quatorzaine, en chambre, comme c’est le cas actuellement.

 

Il faut aussi rappeler que 100 % des employés de l’industrie du tourisme sont vaccinés. Enfin, le redémarrage du tourisme demande du temps et il faudra encore deux à trois mois, voire plus, pour voir des taux d’occupation comparables à ceux enregistrés au cours des années pré-Covid-19. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que nous devons nous adapter et apprendre à vivre avec le virus. Il s’agit de tout mettre en œuvre pour consolider la stabilité économique et sociale du pays, en créant les conditions pour une reprise robuste et durable de nos différents secteurs d’activité, dont le tourisme.»

 


 

Dr Mita Ballysing, généraliste dans le privé: «L'accent devrait être mis sur le comportement des Mauriciens s'agissant des gestes barrières»

 

«Si on devait attendre que le virus disparaisse sur l'échiquier mondial, on risque deux/trois années d'attente et cette option n'est certainement pas viable économiquement et socialement. En ce moment, on note une recrudescence des cas dans la communauté, malgré le fait qu'il y ait très peu d'entrées de touristes dans le pays. Ceci est fort probablement dû à un relâchement total des gestes barrières parmi les Mauriciens. Les personnes vaccinées ont la mauvaise impression qu'elles sont à l'abri du virus. Malgré la vaccination, toute personne risque d'être infectée, mais pas nécessairement d'avoir une forme grave de la maladie. Les personnes vaccinées peuvent aussi transmettre le virus, certainement moins que les non-vaccinés. Cependant, certaines personnes vaccinées, malheureusement, ne produisent pas suffisamment d'anticorps, ce qui pourrait entraîner, malgré la vaccination, une forme sévère de la Covid-19. Ça représente quand même une infime minorité. La plupart des admissions en soins intensifs ou décès sont majoritairement des non-vaccinés, hélas. L’accent devrait être mis sur le comportement des Mauriciens en ce qu'il s'agit des gestes barrières car ça pourrait compromettre le bon déroulement de l'ouverture des frontières.»

 


 

Mathieu Appassamy, AALSIM :«La situation s’aggravera définitivement plus si nous ne rouvrons pas...»

 

«Au cours des premiers mois de 2020, les lockdowns et les renfermements sur soi étaient les premières solutions afin d’efficacement limiter la propagation et les risques liés à ce nouveau virus. Il n’y avait pas de vaccin et les hôpitaux n’étaient pas équipés et organisés pour gérer les patients atteints de Covid-19. Le virus est désormais relativement bien compris et les nouveaux variants sont suivis de près. Les vaccins existent et sont reconnus par la communauté scientifique. Les hôpitaux et systèmes de santé ont eu le temps de s’organiser pour ne pas être saturés. Les gestes barrières sont devenus une seconde nature pour la planète entière. Les systèmes mondiaux se sont adaptés en fonction et l’OMS est désormais suffisamment confiante pour dire qu’on peut enfin vivre avec le virus. 

 

À Maurice, des protocoles sanitaires ont été développés pour toute l’industrie touristique. Le taux de vaccination national est déjà excellent. Les gestes barrières sont obligatoires partout. Et surtout, il semblerait que nous ayons suffisamment de respirateurs pour gérer les patients qui en auront besoin. C’est effectivement ce dernier point qui semble le plus important pour éviter les risques systémiques et que la situation ne s’aggrave. Dans ce contexte, se focaliser autant sur le nombre de nouveaux cas par jour semble désormais insignifiant.

 

Considérant le manque à gagner économique national relativement aux risques sanitaires liés à la Covid-19, la situation s’aggravera définitivement plus si nous ne rouvrons pas nos frontières…»