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La nomination de Michael Veeraragoo à la MaSA fait polémique

L'ancien président de l'organisme vient d'être nommé directeur.

Énième controverse à la Mauritius Society of Authors. Cet organisme se retrouve actuellement avec deux directeurs qui touchent chacun un salaire mensuel de Rs 95 000. Il s’agit de Gérard Louise, suspendu de ses fonctions depuis 11 ans après des allégations de complot pour enfreindre le Copyright Act, et Michael Veeraragoo dont la nomination fait actuellement débat. Pourquoi ? Éléments de réponse.

Sa nomination fait jaser. Michael Veeraragoo vient d’être désigné directeur par intérim de la Mauritius Society of Authors (MaSA), alors qu’auparavant, il occupait le poste de Chairman. Un recrutement qui est diversement commenté. Pourquoi ? D’abord parce que l’organisme se retrouve avec deux directeurs qui touchent chacun un salaire mensuel de Rs 95 000 : Michael Veeraragoo et Gérard Louise (à ne pas confondre avec l'artiste Gérard Louis), suspendu de ses fonctions depuis 11 ans, suivant des allégations de complot pour enfreindre le Copyright Act.

 

Comment Michael Veeraragoo a-t-il été nommé ? Eh bien, c’est une décision du nouveau conseil d’administration constitué uniquement du chanteur et musicien Gérard Louis et de sept fonctionnaires fraîchement choisis pour siéger au sein de l’organisme. Le hic, c’est que les sept représentants élus des artistes n’étaient pas présents lorsque la décision de nommer Michael Veeraragoo directeur par intérim de la MaSA a été prise, le gouvernement n’ayant pas autorisé les anciens membres à continuer à siéger en tant que Caretaker Committee, en attendant les élections renvoyées à cause de la Covid-19. Selon nos informations, il n’y a pas non plus eu de vacancy émis pour ce poste, alors que la procédure le stipule. En outre, Michael Veeraragoo aurait-il  les qualifications requises pour occuper ses nouvelles fonctions ? C’est, en tout cas, ce que se demandent certains. Irrité, un groupe d’artistes envisage d’animer une conférence de presse cette semaine pour dénoncer les agissements du gouvernement concernant cette affaire qui a commencé en août 2020.

 

Michael Veeraragoo démissionne alors de la MaSA en tant que Chairman. Deux mois plus tard, le gouvernement le remplace par Gérard Louis qui a toujours été très proche de Sandra Mayotte, désormais députée orange au no 14. Le ségatier prend ses fonctions en octobre de la même année. À cette époque, la MaSA entame les procédures officielles pour recruter un directeur par intérim sous contrat. L’une des clauses est que Gérard Louise peut reprendre son poste de directeur à tout moment, si la cour lui donne gain de cause dans son procès pour complot. Mais peu après, une lettre émanant du ministère des Arts et du patrimoine culturel atterrit à la MaSA.

 

Dans ladite lettre, le gouvernement demande au conseil d’administration de l’organisme de recruter Michael Veeraragoo en tant que directeur, sur une base contractuelle. Cet item est alors à l’agenda d’une rencontre officielle. Mais les sept artistes élus, dont Zan Zak Arjoon, Nicolas Goder, Darma Mootien, Rattan Hurry et Greeta Boulaye, et les fonctionnaires des différents ministères rejettent tous cette requête. Une première dans l’histoire de la MaSA. «Ena tousala dan Notes of Meeting sa lepok-la», précise un ancien membre du conseil d’administration.

 

Mais contre toute attente, le gouvernement décide de remplacer les fonctionnaires sur le conseil d’administration, en janvier 2021. Actuellement, celui-ci est composé de neuf membres dont sept fonctionnaires, Gérard Louis en tant que Chairman et Kishore Taucoory, nommé par le ministre des Arts et du patrimoine culturel. Le recrutement d’un directeur par intérim n’est alors pas à l’agenda. Toutefois, le 5 mars, le pays fait face à un second confinement. Le mois suivant, le mandat des quatre artistes élus arrive à terme mais la MaSA ne peut organiser des élections à cause de la pandémie.

 

«Mari grav»

 

Sauf qu’en juillet, après le lockdown, Gérard Louis et les fonctionnaires avalisent la requête du ministère des Arts et du patrimoine culturel de recruter Michael Veeraragoo en tant que directeur, sur une base contractuelle. Le sujet est revenu à l’agenda en l’absence des artistes élus et ceux présents ont validé la requête émanant du bureau d’Avinash Teeluck. «C’est vrai qu’il y avait le quorum légal pour valider cette requête mais cette décision n’a pas de légitimité légale car les artistes n’étaient pas présents. La loi stipule que, pour avoir le quorum, il faut avoir neuf membres présents, incluant des élus, le Chairperson et des fonctionnaires», explique un ancien élu.

 

Selon notre interlocuteur, l’ancien conseil d’administration n’avait pas donné suite à la requête du ministère des Arts et du patrimoine culturel parce que Michael Veeraragoo n’aurait pas le profil pour occuper le poste de directeur. Selon les critères gouvernant la MaSA, le directeur doit, entre autres, avoir une licence et un Master en droit, en communication, en gestion d’entreprise ou en économie. Ce que le principal concerné ne détient pas. «Seki finn arive mari grav. Konsey ti sipoze advertise post-la avan. Sa nominasion-la ilegal», soutient Darma Mootien, autre ancien membre du conseil d’administration.

 

L’artiste n’est pas du tout été tendre envers le ministre de tutelle et Michael Veeraragoo : «Se enn prev politik ki gouverna pe rod kontrol partou ek zot bann dimounn. Rol minister se zis valid swa konsey apre seleksyon. Michael ti Chairman board pandan 3 an. Li pann fer nanye, aster zot nom li direkter. So lapeye sorti Rs 15 000 vinn Rs 95 000. Bizin dimounn pli solid ki li pou met lord dan sa MaSA-la», martèle Darma Mootien qui compte se porter candidat à nouveau pour un autre mandat lors des prochaines élections.

 

La nomination de Michael Veeraragoo surprend également un autre chanteur très engagé dans la lutte pour le respect et le droit des artistes : «Prezidan board deza enn nomine politik. Sa kout-la, direkter ousi mem zafer. MaSA pann kominik ditou ek nou lor sa size-la. Zis nou kas ki zot kone. Ek ki kas pou pey sa 2e direkter-la ? MaSA pou artist. Nounn vinn lokater dan nou lakaz. Nouvo minis kiltir inn bien desevwar mwa. Li ti paret ena volonte pou sanz kitsoz me ziska ler, zero aksyon. Nou pe atann lasemble zeneral pou poz nou bann kestion.»

 

Il fait partie de ceux qui vont animer une conférence de presse cette semaine pour dénoncer la situation malsaine à la MaSA. Notamment le fait qu’en tant qu’artiste, Michael Veeraragoo est également appelé à percevoir des royalties. Ce qui fait qu’il y aura conflit d’intérêt. Gérard Louis, pour sa part, n’a pas souhaité faire de commentaires. Le ministre des Arts et du patrimoine culturel, Avinash Teeluck, est, lui, resté injoignable.

 


 

Le principal concerné réplique

 

Nous avons sollicité une réaction du directeur par intérim de la MaSA suivant la polémique autour de sa nomination. Michael Veeraragoo nous a répondu comme suit : «Le conseil d’administration de la MASA requiert comme condition de siéger du moment que le quorum requis est atteint. Rien n’indique que le quorum doit comprendre les élus et les fonctionnaires. Si le Conseil d’administration qui a avalisé ma nomination comme directeur par intérim est considéré comme illégal par certains artistes, j’invite ces artistes contestataires à me montrer où se situe l’illégalité. Il est bon de signaler que le board comprend des hauts fonctionnaires qui connaissent les procédures. Autant que je sache, un avis légal a même été sollicité avant ma nomination. De surcroît, mon contrat a été rédigé par le service civil. Que veulent-ils de plus transparent que ça ? Je comprends tout à fait qu’il y ait certains artistes qui ne sont pas contents de ma nomination. Ces poignées d’artistes ont toujours eu pour souhaits qu’il y ait des problèmes. Cette situation leur permet de tirer profit à travers des petits comités payés de la caisse, avec des décisions stériles. Tant que la MASA va mal, tout va bien pour eux. En matière de résultat : allez demander au personnel le nombre de dossiers que nous sommes en train de dépoussiérer depuis mon arrivée, il y a quelques semaines. J’en profite pour saluer le personnel qui démontre un intérêt pour redorer le blason de l’institution. Les finances sont dans le rouge. Les efforts sont consentis pour améliorer la situation. La critique a toujours été gratuite. Le temps et les résultats vont démontrer si j’ai les compétences pour ce poste.»