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La douloureuse épreuve d’enterrer un proche pendant le confinement

Frédéric Spéville raconte les circonstances dans lesquelles il a enterré sa mère en plein lockdown, selon les restrictions en vigueur actuellement. 

C’est en comité restreint, avec sept personnes, que ce fils a dit au revoir à sa maman lors d’une cérémonie mortuaire régie par les restrictions sanitaires actuellement en vigueur dans le pays, le confinement et la pandémie du coronavirus obligent. Frédéric Spéville partage sa triste expérience...

Des adieux douloureux... déchirants. Si les funérailles d’un proche sont de façon générale difficiles à vivre pour la famille qui pleure un être cher disparu, dire au revoir à l’un des siens pendant le confinement est définitivement une double épreuve. Le lockdown et les restrictions dus à la pandémie font que les obsèques se déroulent selon les directives des autorités qui accordent à seulement 10 personnes, incluant le célébrant, le droit de participer à des obsèques. Et ce, peu importe qu’il s’agisse d’une famille nombreuse, d’une personne populaire ou de quelqu’un qui était aimé et apprécié par tout son entourage.

 

Les funérailles depuis le début du lockdown, le 10 mars, se déroulent donc dans la plus stricte intimité, perturbant l’indispensable travail de deuil, avec le risque d’entraîner un choc durable dans certains cas, selon des psychologues. Dans des familles, le plafond des 10 personnes autorisées et les restrictions de déplacement empêchent même des membres très proches du défunt, comme des frères et sœurs ou même des petits-enfants, de lui dire adieu convenablement, rendant ce moment très pénible à vivre et à surmonter. Car beaucoup croient fermement que l’étape des funérailles apaise et fait partie intégrante du processus de deuil.

 

Frédéric Spéville, un habitant de Sainte-Croix, repense encore et encore à ce triste jour où il a dit au revoir pour la dernière fois à sa maman Rosemonde dans des conditions inédites dues à la crise sanitaire et en comité restreint dans une église quasi vide. «Ce que je redoutais le plus s’est produit. Ma mère était tombée gravement malade et je me disais : pourvu qu’elle ne nous laisse pas en plein confinement. Mais c’est ce qui est arrivé», nous confie-t-il en se repassant en tête les séquences de cette épreuve. Même si les souvenirs de ce jour le font souffrir, Frédéric se souvient de chaque détail. «C’était le dimanche 21 mars et je me rappelle parfaitement du moment où un infirmier m’a annoncé, à 2 heures du matin, que ma maman était partie. J’ai senti mon monde s’écrouler», raconte celui qui était le seul enfant de sa mère.

 

«C'est très dur»

 

Les premières émotions passées, il a dû réagir pour ne pas sombrer. Faisant montre de courage, Frédéric, enseignant de profession, a essayé de rester fort car il savait qu’il devait aussi faire face à des responsabilités : «J’étais partagé entre la douleur d’avoir perdu ma mère et les procédures pour les funérailles pendant le confinement, surtout qu’à ce moment-là, les cas de Covid-19 dans l’île augmentaient jour après jour. Ma mère est d’origine rodriguaise et sa famille est là-bas. J’étais donc aussi tourmenté par le fait que mes oncles, tantes et cousins n’allaient pas pouvoir être présents pour rendre hommage à ma mère qu’ils estimaient beaucoup...»

 

Entre les interrogations et les incertitudes, Frédéric a tout de même dû s’organiser pour que la réalité du confinement soit respectée ; encore une étape difficile. «Quand j’ai annoncé à des proches le décès de ma mère, j’ai dû aussi gérer le fait que certains voulaient venir à la maison. C’était un dimanche et, selon les paramètres mis en place dans le pays, ce n’était pas un jour de sortie. Du coup, j’ai dû envoyer le certificat de décès de ma mère par WhatsApp. Je me disais que cela pouvait aider si jamais certains membres de ma famille se faisaient contrôler. D’autres n’ont pas voulu prendre le risque de sortir. Je ne pouvais que comprendre leur choix avec les restrictions en vigueur dans le pays depuis le début du confinement.»

 

S’il aurait voulu vivre ce moment difficile avec tous ses proches, c’est en comité réduit que s’est déroulée la veillée mortuaire de Rosemonde. «Au final, il n’y avait que les amis de la famille et les proches qui n’habitent pas loin de la maison. La veillée a eu lieu entre nous», raconte Frédéric qui repense souvent à ces instants. «Heureusement que le lendemain, jour des funérailles, on a pu avoir les services d’un prêtre, ami de la famille, qui a officié une petite cérémonie à la maison de façon à ce que ceux présents puissent rendre un dernier hommage à ma mère. Avec les restrictions régissant les cérémonies religieuses, nous n’étions que sept personnes, tous des membres de la famille, à l’église. Certains ont pu assister à la cérémonie à travers les fenêtres.»

 

Des moments douloureux à jamais ancrés en lui. «C’est très, très dur de dire adieu à sa mère dans de telles conditions mais heureusement qu’elle a pu quand même avoir une cérémonie digne. Je réalise que la douleur est encore plus vive pour ceux qui sont à Rodrigues. Ils ont dû suivre la cérémonie et la mise en terre au cimetière via Internet», confie Frédéric Spéville qui a diffusé la cérémonie des funérailles de sa mère en live sur sa page Facebook pour partager la triste et douloureuse épreuve d’avoir enterré celle-ci dans des conditions inédites pendant le confinement...