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La Covid-19 à Melbourne, en Australie : 1, 2, 3… et 6 lockdowns plus tard

«Nu manz ar li...», disent Angélique Vencatachellum Yan Chun Wing et son époux Laval, installés en Australie, en parlant du fait qu’ils ont vécu six confinements au fil des mois écoulés. 

Pour la sixième fois, l’État de Victoria, en Australie, est entré en confinement la semaine dernière. Plus de la moitié des 25 millions d’habitants du pays-continent a dû à nouveau subir cette mesure de sécurité imposée par le coronavirus. D’un lockdown à un autre, deux compatriotes établis là-bas, Angélique Vencatachellum Yan Chun Wing et Ashvin Mohun, témoignent.

Il est 22h33 à Melbourne, le jeudi 5 août... Et Angélique Vencatachellum Yan Chun Wing, une Mauricienne installée en Australie, vient d’apprendre, quelques heures plus tôt, que sa ville d’adoption repassait en confinement pour la sixième fois depuis le début de la pandémie de Covid-19. «Ce n’est pas une, ni deux mais bien la sixième fois que nous revivons un confinement», nous lance-t-elle, avant d’ajouter, avec son époux Laval : «Nou remanz ar li !»

 

Le lockdown devait durer une semaine seulement mais le mercredi 11 août, ils ont  appris qu’il était étendu pour encore sept jours. Vivant depuis plus d’un an au gré du virus et des confinements en série, le couple est maintenant bien rodé à ce rythme de vie. «Je me souviens très bien du premier lockdown. Mes parents étaient venus de Maurice pour passer des vacances chez nous. Ils devaient rester trois mois mais au final, ils sont restés neuf mois ! Et depuis, nous avons connu d’autres confinements, toujours aussi stricts», nous raconte Angélique.

 

Devant la flambée des nouveaux cas de Covid-19 et cela, un peu plus d’une semaine après la levée du cinquième confinement que le pays a connu, les autorités australiennes n’ont eu aucun autre choix que d’imposer ce nouveau lockdown dans l’État de Victoria, dont Melbourne où vivent de nombreux Mauriciens. Avec cette nouvelle restriction de mouvements, c’est plus de la moitié de la population australienne qui doit à nouveau s’isoler.

 

Freiner la propagation du virus

 

Jusqu’à récemment, le pays des kangourous avait été relativement épargné par la pandémie grâce à des mesures-phares comme la fermeture des frontières, une quarantaine obligatoire des voyageurs en provenance de l’étranger et une politique de dépistage et d’identification des cas contacts très intense. Mais depuis la fin du mois de juin, l’île-continent se retrouve à devoir gérer la propagation du variant Delta qui se révèle être beaucoup plus contagieux.

 

Alors que la vaccination semble être l’arme ultime pour contrôler le virus et limiter le nombre de décès, à peine 20 % des Australiens ont reçu leurs deux doses à cause des problèmes d’approvisionnement et d’une grande défiance de la population par rapport à cette pratique. «Je viens moi-même de me faire vacciner car auparavant, il n’y avait pas de vaccins disponibles», confirme Angélique qui estime que ce nouveau lockdown ne pourra que freiner la propagation du virus. «C’est vrai que cette situation bouleverse notre vie et notre quotidien. Avec mon époux, nous vivons isolés depuis le 15 juillet. On ne reçoit personne et on ne sort pas, si ce n'est pour aller faire les courses. Ce n’est, certes, pas évident mais le confinement est un bon moyen d’empêcher la propagation du virus. On en est à notre sixième confinement parce qu’économiquement parlant, l’Australie peut se le permettre.»

 

Notre compatriote évolue dans le domaine éducatif et avec ce nouveau confinement, sa formation est à nouveau compromise : «Me revoilà à devoir à nouveau suivre des cours via Zoom. Devant la situation, on ne peut que s’adapter. Au tout début, le confinement était différent. On cuisinait et tout. Je n’ai jamais été une grande cuisinière mais je suis fière de dire que, durant le confinement, j’avais même essayé de faire du dol pouri. Au fil des lockdowns, on a trouvé un rythme différent mais le mot d’ordre reste la vigilance.»

 

Si elle conçoit que les lockdowns peuvent jouer sur le moral, elle est d’avis qu’il faut savoir s’occuper : «Depuis le tout premier confinement jusqu’au dernier qui a été instauré, les règles sont restées les mêmes : on ne peut recevoir personne chez soi et on ne peut pas sortir au-delà d’un paramètre. Les magasins de vêtements, par exemple, restent fermés et seuls les commerces alimentaires peuvent opérer.»

 

Face aux mesures imposées, la Mauricienne est consciente qu’il faut toujours s’ajuster : «Par exemple, avec mon époux, on avait prévu de sortir le 14 juillet, histoire de s’évader un peu pour le Bastille Day. On avait bien organisé notre sortie et au dernier moment, la Covid a à nouveau joué au trouble-fête et on a dû tout annuler. C’est dire à quel point le virus mène le jeu...» Quoi qu’il en soit, devant ces arrêts fréquents de son train de vie, Angélique et son époux sont conscients, même si cela pèse, qu’il leur faut plus que tout rester vigilants : «On respecte ce qu’on attend de nous et on se protège...»

 

Mesure stricte

 

Ashvin Mohun, un autre de nos compatriotes installés à Melbourne, pense aussi que les autorités n’avaient pas d’autres choix que de revenir avec la mesure stricte de confiner à nouveau la population : «La situation ne laisse pas le choix aux autorités. Depuis le premier lockdown qui a duré environ six mois, les autres mini-lockdowns, ou snap lockdowns, d’une à deux semaines, sont employés pour faire redescendre le nombre d’infections quotidiennes à zéro à chaque fois qu’il y a des nouveaux cas. La stratégie adoptée est de maintenir le taux à zéro.» Il y a, dit-il, plusieurs procédés utilisés pour contrer la Covid-19. «Le contact tracing est pour l’instant le seul moyen d’empêcher la propagation du virus. Un système de QR code a été mis en place pour que le citoyen lambda signale ses déplacements et un système de log in à l’écrit pour ceux qui le préfèrent. Les mesures sanitaires, le port du masque, l’usage de sanitizer et la distanciation sociale sont de facto exigés. La décision d’un sixième lockdown a été prise après l’apparition de sept nouveaux cas seulement. Cette fois, le Premier de l’État de Victoria a expliqué que sa stratégie est d’appliquer les snap lockdowns dès l’apparition de nouveaux cas pour que le contact tracing commence au plus vite, limitant ainsi la propagation du virus, au lieu d’attendre qu’il y ait des centaines de cas qui créent une panique générale», nous explique le jeune homme.

 

D’autres pays, comme le Royaume-Uni, l’Irlande, le Portugal, Israël et le Liban, ont connu plusieurs confinements, se pliant ainsi devant la très dangereuse Covid-19 pour mieux la contrer.