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Journée internationale de sensibilisation aux overdoses à Maurice : une première commémoration pour mettre en lumière une «réalité ignorée»

L'actualité parle d'elle-même. Le décès de trois jeunes par overdose ces derniers jours fait à nouveau la Une et suscite une fois de plus des réactions par rapport à une réalité qui existe bel et bien dans notre petite île. À l'occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux overdoses, qui sera observée pour la première fois à Maurice ce lundi 31 août, CUT et AILES, qui encadrent et militent pour ceux qui sont dans cette situation, s'unissent en espérant pouvoir briser des tabous...

Il s’agit de détresse, de souffrance, de manque d’informations... Il s’agit d’une réalité ignorée. Celle de plusieurs familles qui se retrouvent dans l’enfer de la drogue. C’est pour changer cela que CUT et AILES – deux organismes qui encadrent ceux qui se trouvent dans cette situation – s’unissent pour venir briser un tabou. Dans ce sens, la Journée internationale de sensibilisation aux overdoses sera commémorée pour la première fois dans notre île. «Instaurée en 2001 par l’Armée du Salut en Australie, la Journée internationale de sensibilisation aux overdoses est un événement mondial organisé le 31 août de chaque année et vise à sensibiliser le public aux overdoses et à réduire la stigmatisation des décès liés à l’utilisation des drogues», expliquent les responsables des deux associations militantes.

 

Leur objectif : «Sensibiliser le grand public, les populations-clés et le gouvernement à cette cause de mortalité encore taboue et non répertoriée.» Selon ces ONG, les décès par overdose à Maurice sont classifiés dans la catégorie des œdèmes pulmonaires. «À ce jour, au niveau local, aucune statistique n’est disponible pour évaluer le nombre de décès par overdose. C’est une réalité non recensée à laquelle il faut remédier», soulignent les professionnels qui côtoient cette triste réalité. Ils se sont donné pour mission de changer cela, «pour réduire les risques mais également pour témoigner d’un fléau bien réel. Que cela soit chez les personnes qui s’injectent des drogues ou celles qui utilisent des drogues synthétiques, le risque de décès par overdose est réel».

 

Les ONG sont unanimes sur la question : des dizaines, peut-être des centaines de décès, pourraient être évités à travers la réduction des risques. La prévention avec des conseils sur les méthodes d’injection, la reconnaissance des symptômes et l’aide d’un médicament de premier secours qui s’administre sous forme d’injection intramusculaire ou d’inhalation, la Naloxone, sont des outils qui peuvent changer les choses. «La Naloxone, ce médicament actuellement interdit à l’usage privé ou communautaire à Maurice, a pour effet de déplacer les toxines des sites récepteurs et de ralentir les effets de l’intoxication et peut éviter la mort de la personne faisant une injection s’il est utilisé à temps. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs inscrit la Naloxone sur la liste des médicaments essentiels et recommande aux pays d’améliorer son accès aux personnes susceptibles d’assister à un problème d’overdose dans leur entourage : amis, membres de la famille, partenaires de consommateurs de drogues, travailleurs sociaux et secouristes», expliquent les porte-parole de CUT et d’AILES.

Cri de guerre

 

Cette journée, dont le thème cette année est Time to remember. Time to act, comme un cri de guerre face à une réalité ignorée qu’il faut changer, est également, soulignent les ONG, l’occasion de commémorer les personnes décédées par overdose et de rendre hommage à la douleur de leurs familles et amis. «CUT et AILES ont lancé une campagne, “Mwa osi”, sur les réseaux sociaux pour essayer de récolter des témoignages et des chiffres sur le nombre de personnes ayant perdu un proche par overdose», confie un membre de l’équipe organisatrice.

 

Pour marquer la Journée internationale de sensibilisation aux overdoses, qui sera commémorée pour la première fois dans notre île ce 31 août, CUT et AILES prévoient plusieurs activités. Ainsi, depuis le samedi 29 août, une campagne de sensibilisation proposant trois vidéos est diffusée sur les réseaux sociaux de CUT et d’AILES. Il s’agit d’une vidéo-témoignages de personnes directement concernées par l’overdose, d’une vidéo de sensibilisation avec une simulation et d’une vidéo avec les activistes qui expliqueront les enjeux de cette campagne et rendront hommage aux personnes décédées par overdose. «Demain, lundi 31 août, aura lieu, chez AILES, une journée de sensibilisation à l’overdose ainsi qu’une formation sur la réduction des risques et les premiers secours, qui sera dispensée à l’attention des ONG concernées et des populations-clés. Au début du mois de septembre, un position paper sera également envoyé aux différents ministères et au bureau du Premier ministre pour sensibiliser les dirigeants à cette problématique», annoncent ceux qui se sont engagés pour mettre en lumière une réalité trop longtemps ignorée...

 


 

Témoignages

 

Percy Yip Tong, activiste : «Il n'y a jamais eu autant de drogues dans l'île»

 

«Je suis le membre fondateur et Chairman de CUT depuis 15 ans. L'organisme regroupe tous ceux qui luttent contre la drogue et le SIDA. Avec les cas d'overdose de ces derniers temps, je peux dire que maintenant, il y en a plus qu'avant car il y a plus de drogués et plus de drogues. Bien que beaucoup de personnes parlent de Wakashio ou encore de la Covid-19, bien que les frontières soient fermées et que certains médicaments manquent dans des pharmacies et qu'il manque aussi des marchandises dans les supermarchés, il n'y a jamais eu autant de drogues qu'actuellement dans l'île ainsi que dans toute notre histoire. Ce constat ne vient pas de moi mais bel et bien de tous les Outreach Workers qui sont sur le terrain. Il y a non seulement beaucoup de drogues mais leur diversité en ce moment est très importante. Le symbolisme et l'importance de cette journée, c'est pour rappeler que les overdoses sont une réalité à Maurice. Et il n'y en a jamais eu autant qu'actuellement. Comme il y a plus de drogues, il y aura encore plus d'overdoses à l'avenir, d'où l'importance de se mobiliser plus que jamais.»

 

Mahen Groodoyal, ex-toxicomane : «Je me bats pour que les choses changent»

 

«Je suis un ex-toxicomane et je connais les ravages que les drogues peuvent faire. Chaque cas est un cas de trop. Cette journée est importante car elle permet de s'attarder un peu plus sur ce fléau, d’expliquer que des alternatives existent et aussi ce qu'il faut faire quand on est en présence d'un cas d’overdose. C'est possible dans ces moments-là de sauver une vie. Je me bats pour que les choses changent et que les gens prennent conscience du danger qu'est la drogue...»