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Joe Lesjongard, un «Deputy Speaker» surprise

Le nouvel adjoint de Maya Hanoomanjee, choisi par le Premier ministre, a fait naître dans son sillage de nombreux commentaires négatifs…

«C’est un transfuge !» Paul Bérenger, en conférence de presse, lâche ces mots comme la pire des insultes. Et par ricochet blâme l’alliance gouvernementale qui permet à «un transfuge» d’occuper un poste constitutionnel. Hier, samedi 20 octobre, Patrice Armance, qui animait la conférence de presse du PMSD, faisait le «triste bilan» du gouvernement : «Quatre Deputy Speakers en quatre ans et encore un transfuge qui est récompensé !» Dans l’œil de l’opposition, Joe Lesjongard n’incarne pas la valeur de droiture d’un politicien : celle qui indique qu’il faut jurer allégeance à un parti unique. Un mariage politique n’accepte pas le divorce.

 

Celui qui s’en va risque bien d’être marqué à jamais (les récents commentaires sur les péripéties de Danielle Selvon l’ont rappelé). «La loyauté et la droiture sont des valeurs de politiciens. C’est pour cela que Lesjongard n’inspire pas le respect», confie un ancien du MMM qui a longtemps côtoyé Joe Lesjongard et qui ajoutera, ironiquement, «me bon li pe zis rod so bout». Pour d’autres «péchés politiques», la sentence semble, néanmoins, moins sévère.

 

Qui veut lui jeter la pierre ? Un peu tout le monde ! Au PTr, on rit même du choix de cet homme. «C’est ridicule. Il s’agit d’une tentative désespérée d’un gouvernement en perdition», explique un Rouge. La question un peu candide – en quoi est-ce une «tentative désespérée» ? –  déstabilise un peu notre interlocuteur, qui préfère rester évasif : «Du point de vue ethnique : pour rassurer une partie de la population.» Un calcul communal, donc. Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, même au sein de la majorité gouvernementale, Joe Lesjongard ne fait pas l’unanimité. L’homme choisi, «c’est celui auquel on ne s’attendait pas, tout simplement». «C’est une décision soudaine. Hurreeram était persuadé de conserver son poste. On ne sait pas ce qui a motivé Pravind Jugnauth. Pourquoi a-t-il préféré un transfuge à un fidèle ?», se demande un membre du MSM.

 

«Rumeurs»

 

Les demandes de Lesjongard ? Celles qui auraient fait état, avec insistance, de son souhait pour un ministère. Était-il question de menace de démission ? Une partielle n’aurait pas été la bienvenue dans la conjoncture politique actuelle pour l’alliance gouvernementale au pouvoir. «Il y a beaucoup de rumeurs. Mais Joe est un bon boug. Il travaille dur et bien et c’est un atout pour le MSM», précise un de ses proches. Le principal concerné, lui, a dit, cette semaine, qu’il n’est pas «demandeur».

 

Prestation de serment et mise au point. C’est le mardi 16 octobre, lors de la rentrée parlementaire, qu’il a prêté serment comme Deputy Speaker (l’opposition n’a aligné aucun candidat). Il s’est aussi exprimé sur son souhait d’impartialité et d’équité au sein de l’hémicycle. Plus tard, il est revenu sur les critiques de l’opposition : «C’est la démocratie, je respecte leur choix.» Il s’est aussi exprimé sur le fait de travailler aux côtés de la speaker, Maya Hanoomanjee, envers qui il a été très critique – elle était également son adversaire au nº 14 en 2014 – avant de rejoindre le MSM : «Je n’ai aucun problème à travailler avec elle.»

 

Son parcours.  Joe Lesjongard rejoint le monde de la politique au début des années 90. Où fait-il ses débuts ? Au MSM. Il a vu en sir Anerood Jugnauth un leader charismatique, un homme de vision. Son mentor, en quelque sorte : «C’est toujours le cas», précise un des proches. Sa première candidature ? À Port-Louis Nord/Montagne-Longue (nº4) où il sera candidat en 2000. Premier scrutin, première victoire. L’habitant de Phoenix, ingénieur de formation, obtient la troisième position et trois ans plus tard s’offre son premier ministère : celui des Collectivités locales.

 

En 2005, il est élu dans la même circonscription mais rejoint les rangs de l’opposition avec son parti dont il est le président. «Il plaisait particulièrement à SAJ et il avait le bon profil», explique un membre du MSM. Mais le rapprochement avec le PTr – en 2009, sur fond d’élections partielles à Moka-Quartier-Militaire où se fait élire le candidat Pravind Jugnauth – ne plaît pas au golden boy du MSM.

 

Quelque temps plus tard, Paul Bérenger l’accueille au sein du MMM. Son arrivée y est célébrée… mais la cohabitation sur le terrain avec Pradeep Jeeha au nº4 n’est pas aisée. Le leader du MMM ne le lâche pas pour autant, est heureux de le voir au bureau politique et au comité central du parti, lui donne enn tiket en 2010. Joe Lesjongard est réélu. En 2014, il est candidat à Savanne/Rivière-Noire (nº 14). L’alliance avec le PTr ne lui donne pas des boutons, cette fois. En 2015, il s’inscrit dans la mouvance contestataire de l’alliance PTr-MMM, qui a mené à la débâcle de 2014, au sein de la famille mauve et s’«enfuit» avec Alan Ganoo pour la création du Mouvement patriotique. En 2017, suite à des dissensions avec d’autres membres du MP, il rejoint le MSM.

 


 

Rentrée parlementaire : on retient…

 

… Que Pravind Jugnauth n’était pas au courant que des caméras ne fonctionnaient pas dans le port. Que SAJ a affirmé que la hotline de la police, selon le commissaire de police, fonctionnait très bien, et que Rs 26,570 M de per diem ont été allouées aux ministres pour leurs voyages officiels.

 

Pour le prochain épisode : plusieurs questions sont à l’agenda, notamment concernant le New Declaration of Assets Bill, les recrutements au sein de la fonction publique, la tenue des élections villageoises et le poste vacant à la direction de la MBC, entre autres.