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Jean-Alain et Nathalie Alphonse : «Notre fille, notre force de la nature»

Jean-Alain et Nathalie Alphonse sont très fiers de leur petite championne qui a fait honneur au pays aux Jeux paralympiques de Tokyo. 

«Noemi n’a pas besoin de grand chose. Elle a le sport et si sa famille est là et ses amis sincères, elle est happy...» Confidences de la famille de la jeune championne qui a fait honneur à notre petite île aux Jeux paralympiques à Tokyo... 

Quand ils la regardent dévalant les pistes, concentrée, appliquée, motivée  – comme ces derniers jours lors des Jeux paralympiques à Tokyo –, Jean-Alain et Nathalie Alphonse reconnaissent tout de suite les traits de caractère de leur fille. «Il n’y a pas deux Noemi mais une seule ! Comme on la voit dans les grandes courses, battante et fonceuse, elle est exactement comme ça dans la vie de tous les jours ! Elle fait tout avec la même grande détermination. C’est une force de la nature», nous confie Jean-Alain, un sourire dans la voix, quelques heures après que sa championne – sa fille unique en situation de handicap depuis la naissance – a terminé sa dernière course, le 400 m T54, le jeudi 2 septembre, bouclant ainsi une aventure stupéfiante aux Jeux paralympiques de Tokyo.

 

De la fierté, les Alphonse en ont. De l’admiration aussi. Mais c’est surtout avec beaucoup d’amour que Jean-Alain, tout comme son épouse, parle de ce petit bout de femme qui, malgré sa situation de handicap, fait tout avec le sourire. À écouter Jean-Alain, on comprend tout de suite d’où vient la personnalité de Noemi. «Vous croyez ?» lance-t-il sur un ton taquin. «Parce que quand je regarde Noemi, je crois reconnaître le voisin !» poursuit-il en riant. «C’est une blague, bien évidemment. On s’est tout le temps dit avec mon épouse que life is beautiful quoi qu’il arrive. Et c’est ce qu’on s’est dit quand nous sommes devenus parents et qu’on a accueilli Noemi avec son handicap.»

 

Pour revenir à l’exploit de sa fille ces derniers jours, il en rajoute une couche. «De naissance même, c’est une fonceuse car dans son nom, il y a Al... fonse (rires) ! Elle fonce toujours», dit-il avec humour, avant de reprendre un ton sérieux et affectueux : «On est très heureux de ses performances aux Jeux paralympiques. On est toujours contents de ses résultats, quoi qu’ils soient. Quels parents ne seraient pas fiers de leurs enfants lorsque ces derniers se donnent à fond pour quelque chose ?» Aujourd’hui, les efforts de leur fille sont pleinement récompensés : «Quand on regarde sa vie, son parcours, on se dit que Noemi mérite tout ce qui lui arrive. Elle travaille beaucoup pour cela. Elle est bien encadrée, nous-mêmes on fait tout ce qu’on peut pour l’aider mais c’est elle qui fait des efforts et qui s’investit.» 

 

C’est au fil des années, raconte Jean-Alain, que la jeune sportive a trouvé sa voie : «Malgré tous les obstacles, et Dieu sait qu’il y en a eu, elle n’a jamais rien lâché et a persévéré. Elle se donne pour le sport parce qu’elle aime cela, elle est passionnée par ce qu’elle fait. Elle le fait aussi parce qu’elle est patriote et aime son pays. Elle fait tout pour faire flotter le quadricolore à chaque fois qu’elle le peut et on est sûrs que tous voient qu’elle le fait avec le cœur. Et c’est comme ça qu’on l’a élevée : sans rien attendre en retour. Sa mission est aussi de représenter toutes les personnes en situation de handicap, pour montrer qu’on est tous capables de faire de belles choses si on s’applique. Nounn bien trase ansam pou so lekol primer, so kolez, so liniversite...»

 

C’est en témoins privilégiés que les parents de Noemi la voient se réaliser au fil des années. «Dans l’intimité, Noemi est cette personne qui aime bien faire les choses, qui aime sourire et parler. Mais elle est surtout très franche. Quand elle a quelque chose sur le cœur, elle va le dire sans détour. Li pa pou gard dan leker. Li pou dir seki li resanti», confie Jean-Alain. Et chacune des réalisations de leur championne est une source de fierté. «Je suis fier de la personne qu’elle est. Ce n’est pas parce que je suis son père que je pense ainsi mais je crois fermement que Noemi est très bien comme elle est. Il n’y a rien à changer. Comme tout le monde, elle a ses périodes de découragement. Li pa dekouraz pou nanye li. Fode krwar ki ena enn bann krapo derier. Je ne vais pas rentrer dans les détails. On sait tous comment cela se passe. Quand quelqu’un fait bien, il y aura toujours des personnes qui trouveront à redire», confie ce père qui sait que sa fille pense déjà aux prochains Jeux.

 

«Tout est possible»

 

«Noemi a été à Tokyo et elle a fait de son mieux. Depuis que tout a commencé il y a plus de six ans, malgré toutes les difficultés, linn plor enn de kou me linn manz ar li. Rien n’est facile dans la vie mais avec de la volonté et de l’envie, on peut essayer. On le voit avec Noemi. Maintenant, il s’agit de continuer. Paris 2024 ne sera, certes, pas facile. S’il n’y a pas des gens derrière elle pour la soutenir, les choses seront difficiles. Mais Noemi est bien entourée. Elle a le potentiel, les capacités et elle relèvera les défis. Si elle fait tout ce qu’il faut pour y arriver et reçoit tout le soutien qu’il faut, tous les rêves sont permis. Si en bientôt sept ans, elle est arrivée à une première participation à des Jeux paralympiques où elle a disputé quatre finales, tout est possible.»

 

Quand elle n’est pas sur un terrain pour s’entraîner, Noémi, selon son père, aime les petits plaisirs simples de la vie : «Elle s’adonne beaucoup à ses activités artisanales, notamment la fabrication de bracelets. Elle aime ses amis, son groupe d’entraînement et les sorties en famille, qui sont rares à cause du rythme de ses entraînements. On profite généralement de nos dimanches pour faire des petites virées, notamment avec son grand-père qu’elle aime beaucoup. On ne fait pas des choses extraordinaires mais on aime partager des moments simples ensemble. Pour qu’elle soit heureuse, Noemi n’a pas besoin de grand chose. Elle a le sport et si sa famille est là et ses amis sincères, elle est happy.»

 

Et quand Noémi est heureuse, tout le monde l’est autour d’elle : «Avec sa mère, on l’a eue comme elle est. Elle nous est venue comme ça, avec son handicap et sa force de caractère qu’elle s’est forgée avec le temps. Pour rien au monde, on n’aurait voulu que les choses se passent différemment. On n’a jamais eu de problème avec elle. Jusqu’à présent... On ne sait pas pour après (rires). Elle nous dit tout ce qu’il y a à savoir sur sa vie. Elle nous fait confiance et on lui fait confiance. Elle ne sort pas à pas d’heures. Elle n’aime pas sortir pour rien faire. Elle n’a pas de grandes demandes non plus. Ce dont elle a besoin : son sport, ses survêtements, ses chaussures, sa prothèse... Si on avait eu plusieurs filles comme elle, on aurait été très heureux. Elle fait définitivement notre bonheur.»

 

Durant les jours à venir, la famille va écouter avec plaisir la championne raconter ses aventures paralympiques. «On n’aime pas trop faire de fêtes. Les gens peuvent penser que nous sommes habitués à ces victoires mais ce n’est pas du tout le cas. Nous sommes des personnes simples. Je peux d’emblée deviner ce que Noemi va demander à son retour : enn ti pwason sale ek so bouyon bred. Quand elle est en compétition, elle mange particulièrement des pâtes et je sais que son plat au riz lui manque beaucoup», conclut Jean-Alain Alphonse. Il s’agit maintenant pour sa championne de fille, cette petite force de la nature, de se ressourcer avant de s’attaquer à de nouvelles aventures...