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Invasion russe en Ukraine : la Pologne, terre d’accueil

«Nous avons été témoins de la solidarité en Pologne. Les dons ont dépassé les besoins», nous confie le Mauricien Vedish Pagooah.

«Les gens viennent d'Ukraine et courent pour sauver leur vie. Il neige et il fait extrêmement froid...» Installé à Cracovie, en Pologne, le Mauricien Vedish Pagooah a été témoin de scènes très poignantes avec l'arrivée des réfugiés de la guerre en Ukraine, qui débarquent à la frontière. Il nous raconte cette expérience... 

Entre les salves de tirs d'artillerie et les bombardements, les images de scènes de guerre montrant des visages fermés, blessés, perdus et en larmes se succèdent sur le Net et sur les réseaux sociaux. Et elles témoignent d'une triste réalité... Des familles entières sont actuellement victimes de la guerre en Ukraine après l'invasion russe, le 24 février.

 

Ces clichés et ces vidéos qui donnent des frissons viennent d'Ukraine et montrent la terreur, le désespoir et la détermination, qui sont gravés sur les visages de ceux dont la vie se retrouve complètement bouleversée. De nombreux foyers sont ainsi déchirés, avec les femmes et les enfants qui fuient le pays en laissant derrière pères, époux, frères, cousins, fiancés et fils, qui choisissent de rester pour combattre l'ennemi. Les villes sont elles aussi marquées par les dégâts causés par les frappes aériennes russes et les combats, avec des infrastructures de toute une vie réduites à néant.

 

Puis, il y a ces autres images de ces personnes qui quittent tout derrière elles à contre-coeur pour aller se réfugier ailleurs. Comme le démontrent ces récits que rapportent les médias et qui relayent ces scènes poignantes dans lesquelles les réfugiés font tout ce qu'ils peuvent pour quitter l'enfer de la guerre. Le Mauricien Vedish Pagooah, basé à Cracovie, en Pologne, en est témoin. «J'étais à la frontière Pologne-Ukraine, Medyka, avec un ami mauricien, Shubhum. Tout ce dont j'ai été témoin à la frontière a redéfini “la guerre” pour moi. Nous avons vu des dizaines de milliers de personnes traversant la frontière. Les gens viennent d'Ukraine et courent pour sauver leur vie. Il neige et il fait extrêmement froid. Les voitures font la queue sur 20 à 40 km pour traverser la frontière. Les gens font la queue sur 1,5 km car ceux qui n'ont pas de voiture doivent marcher jusqu'à la frontière. Certaines personnes ont parcouru 100 km à pied sans nourriture ni vêtements appropriés pour les protéger de la température glaciale. Tous ceux qui traversent la frontière à pied sont en très mauvais état ; ils sont tristes, pleurent, sont impuissants, effrayés, affamés, grelottent de froid, navrés de devoir abandonner leurs proches en Ukraine car les hommes entre 18 et 60 ans ne sont pas autorisés à quitter le pays. Certains sont sans argent et d'autres blessés», nous raconte notre compatriote qui est, bien évidemment, très touché par tout ce qu'il voit. «Ceux qui arrivent en Pologne et qui ne connaissent personne ne savaient pas où aller ni quoi faire. Le désespoir dans tous ces yeux, je ne l’oublierai pas de toute ma vie.»

 

Mais face aux ravages de la guerre, il y a toutefois des lueurs d'espoir, notamment avec la vague de solidarité qui s'est enclenchée pour venir en aide aux réfugiés qui débarquent en Pologne. «Avec Shubhum, l'autre Mauricien, nous avons essayé d'aider les réfugiés de toutes les manières possibles. À la frontière, des volontaires proposent des déplacements gratuits. La plupart des étrangers arrivant d'Ukraine voulaient se rendre à leur ambassade et cherchaient des moyens de se rendre dans la capitale de Pologne, Varsovie. Nous avons fait plusieurs voyages depuis la frontière jusqu'aux points de dons les plus proches à 5 km, avec de la nourriture et un abri temporaire, qui étaient disponibles. Nous avons conduit d'autres à la gare de chemin de fer la plus proche, soit à 12 km, afin qu'ils puissent se rendre dans la capitale qui se trouve à environ 400 km de Medyka.»

 

Vedish Pagooah sait déjà que cette triste expérience va le marquer à vie. «Cette guerre exerce sans aucun doute une tension énorme sur l'Europe. En Pologne, tout le monde a une peur constante de savoir si cette guerre va s'intensifier jusqu'au niveau nucléaire… Tout simplement parce que personne ne fait plus confiance aux garanties du gouvernement russe...» Mais le jeune homme croit dans l'humanité de tout un chacun. «Nous avons été témoins de la solidarité en Pologne. Les dons ont dépassé les besoins. Il y a des communiqués au public pour arrêter les dons pour le moment. Actuellement, il n'y a plus de capacité de stockage pour les dons.
Des milliers de personnes en Pologne hébergent des réfugiés dans leur maison et assument également leurs responsabilités en matière de nourriture. Aussi, beaucoup de ceux qui ont un appartement supplémentaire autorisent des réfugiés à y résider sans frais», conclut le Mauricien, plein d'espoir...