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Ils voteront pour la première fois : Réforme électorale, mais c’est quoi ce truc ?

Chetan Etty Hema Julha, Thomas Alfred, Warren Dorasawmy et Yeshwaree Teeluck donnent  leur avis.

Les discussions autour d’un nouveau système, ça ne les inspire pas trop. Mais l’envie de voter, de penser à l’avenir et d’avoir de nouveaux leaders, oui !

Un projet lakrem sokola ? Les propositions de la bande à Pravind Jugnauth pour une réforme électorale ont été rendues publiques, en fin de semaine, lors d’un point de presse mené par le Premier ministre. Après des semaines de rumeurs et de spéculations, les contours de cette tentative d’amélioration de notre exercice électoral ont provoqué une autre vague de réactions (et pas toujours les bonnes. (voir ci-contre). Les principales recommandations concernent la dose de proportionnelle, le seuil d’éligibilité, l’introduction de Best Loser Seats, la place des femmes, une mesure anti-transfuge, entre autres. (Pour en savoir plus : voir hors-texte). Si ce projet est voté au Parlement – pour que cela se fasse, le gouvernement a besoin d’une majorité de ¾ –, il deviendra une réalité pour les prochaines législatives qui devraient avoir lieu fin 2019. Du coup, les jeunes que nous avons interrogés ne connaîtront que cette façon de faire.

 

Comment ça ? Pour les prochaines élections, ils voteront pour la première fois. Ils ont à peine 18 ans ou sont, peut-être, un peu plus âgés et leur voix s’associera, alors, à des milliers d’autres pour choisir nos dirigeants. Un moment symbolique – surtout quand il s’agit d’une first time – dans la vie de tout citoyen. Mais les discussions autour de la réforme électorale n’ont pas trouvé écho en ces zenes. Certains se demandant même : «C’est quoi ce truc ?» Mais nous sommes quand même tombés sur une perle rare. Warren Dorasawmy, 19 ans, employé à BDO, qui poursuit des études en comptabilité. S’il ne sait «pas trop» ce que ces changements proposés vont apporter, il est bien d’accord sur une chose : changer un système ne suffit pas, il faut aussi que ceux qui en font partie évoluent. «Si on met en place un système électoral amélioré mais que les politiciens ne s’améliorent pas, n’ont pas conscience de leurs responsabilités, ça ne vaut pas la peine. Ça doit marcher de pair», explique le jeune homme, un habitant de Souillac.

 

«L’avenir…»

 

Lui garde un œil sur la scène politique, sur ses remous, ses avancées et ses reculs. Ses grands moments. Et ses instants moins glorieux. Alors, la réforme électorale, ça lui parle. Parce qu’il le sait, «c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu». Mais aussi «la vie de tous les jours». «Parce que ces décideurs pour qui nous allons voter, ce sont eux qui peuvent changer le lifestyle des Mauriciens : qu’il s’améliore ou qu’il se détériore, ça dépend d’eux.» S’il ne peut imaginer un système électoral qui conviendrait le mieux au pays (ça semble bien être une mission impossible), il peut, tout de même, imaginer le genre de politicien pour qui il souhaiterait voter : «Quelqu’un qui ne court pas derrière l’argent, qui aime vraiment sa patrie et dont l’objectif est de servir la nation. Quelqu’un qui accomplit ce qu’il a promis, de foncièrement honnête et responsable, et qui sait comment parler.» Un homme ou une femme plus que souper quoi !

 

Il faudrait en fabriquer. Et en quantité importante. Hema Julha, 22 ans, étudiante en Mass Communication à Curtin Mauritius, ajouterait bien sa petite pincée de sel (sans trop aroze ar pwa) : «Quelqu’un d’honnête et qui prône l’équité. Plus motivé par le fait de changer les choses que les bénéfices, les belles voitures et les voyages VIP, qui accompagnent le poste de ministre ou député.» La jeune femme, une habitante de Quartier-Militaire, n’a pas vraiment suivi toutes les discussions autour de la réforme électorale mais sur Facebook, dit-elle, elle voit une nouvelle génération de jeunes engagés naître. Et ça, ça lui donne confiance en l’avenir. Avec l’idée que son vote puisse avoir une importance, et faire la différence : «Ils sont révoltés par les pratiques des élus et ils ont compris qu’au lieu de se plaindre, il faut bouger pour changer les choses.»

 

Alors, l’idée d’accomplir son devoir civique pour la première fois, elle y réfléchit de plus en plus : «Il y a quelque temps, j’étais quasi sûre de m’abstenir.» Désormais, elle veut, pendant la campagne, prendre connaissance des programmes, des idées, des propositions… Voter en prenant en considération les faits. Voter en pensant à l’avenir. Thomas Alfred, 18 ans, étudiant en Upper VI au collège Imperial, a, lui, hâte de se retrouver dans l’isoloir, de choisir ses représentants, de prendre son destin en main. Oui, la réforme électorale, il n’en sait rien : «Non, pann tro swiv.» Mais ce n’est pas ce qui compte, estime-t-il. C’est la qualité des politiciens qui est importante. C’est leur valeur. Leur commitment : «Ils doivent travailler pour les Mauriciens.» Pour Thomas, il est temps d’une rupture avec le passé, d’un regard tourné vers l’avenir : «Toultan Ramgoolam, toultan Jugnauth, il faut du changement.» Et le jeune homme espère pouvoir y contribuer : «Li inportan, bizin vote.»

 

Chetan Etty, 18 ans également, en Upper VI au collège James Burty David, n’a pas non plus suivi les propositions de la réforme électorale : «Pour le moment, pa pe gagn letan.» Entre l’école, les révisions, les amis, et tout, c’est un peu le tourbillon. Mais s’il est sûr d’une chose, c’est que, quand le moment viendra, il ira voter. Pour qui, comment, avec qui, dans quel mood ? Il n’en sait rien. Mais il sait qu’il votera après avoir fait le tour des propositions, écouté les uns et les autres. Les arguments et les contre-arguments : «Il faudra choisir ce qui est mieux pour nous.» Parce qu’en ce moment, sa vision de la politique locale est assez sombre : «Il y a beaucoup de problèmes de black money, l’argent est au centre de tout, pa get pli divan, pans zis kas.» Lui espère que la priorité des dirigeants sera le développement, bien sûr, mais un qui est durable, respectueux des Mauriciens et de leurs aspirations.

 

Yeshwaree Teeluck, 18 ans, est bien d’accord. Elle a quitté l’école, prendra part aux examens de O Level en privé et «res res lakaz» pour le moment. Le vote, elle n’y pense pas vraiment : «Si mon père m’explique comment faire, j’irai.» Mais son cœur bat, comme tous les jeunes, bercé pas des rêves pour l’avenir. Alors, elle veut d’un monde où elle pourra trouver un travail, s’acheter une maison et construire sa vie. Tout simplement. Et ça, se sera sorbe sa mama !

 


 

Passera, passera pas ?

 

Telle est l’interrogation de la bande à Pravind Jugnauth. Pour l’instant, la majorité de ¾ (52 voix) pour que le vote au Parlement passe n’est pas acquise. Si le Premier ministre s’est dit ouvert à toutes les propositions, il se peut bien que l’opposition boude son invitation (les réactions n’ont pas été très positives jusqu’ici). Le MSM a 45 voix dans son escarcelle, reste à en trouver sept autres. C’est la mission actuelle et active de certains membres de l’alliance gouvernementale, qui sont en bons termes avec les membres d’autres partis.

 


 

What’s new ?

 

Voici ce qu’il faut retenir de ce projet de réforme électorale, présenté par Pravind Jugnauth, le vendredi 21 septembre. Pour consulter l’intégralité du document, cliquez sur le lien suivant : http://bit.ly/reformemaurice.

 

63 députés en mode first past the post.+1 pour Rodrigues qui pourra élire un troisième député (contrairement à deux, actuellement). À Maurice, le nombre reste inchangé pour le suffrage direct (les résultats directs issus de la journée de vote).

 

Une petite dose de proportionnelle.Douze sièges seront alloués au nom de la proportionnelle. Pour qu’un parti puisse y prétendre, il faut que le seuil d’éligibilité soit de 10 % et il doit avoir fait élire au moins un candidat. Chaque parti devra soumettre une liste de 24 candidats avant les élections.

 

Enter les Best Loser Seats. Euh, un mot change et c’est déjà pas mal ? Le Best Loser System tant décrié s’offre un rebranding et devient Best Loser Seats. C’est le leader qui devra choisir les députés de la liste des candidats battus ou de celle de la représentation proportionnelle. Le but : que le gouvernement puisse conserver son avantage. Si cet équilibre n’est pas atteint avec six seats, le nombre passera à dix.

 

On ne déclare plus son appartenance ethnique.Inutile pour un candidat de se catégoriser. Les leaders de parti, avec leur liste, se chargeront de maintenir…l’équilibre. Une solution qui a apporté son lot de critiques.

 

Pas de transfuge.Une mesure est prévue dans ce projet. Un député qui a obtenu son poste grâce à la représentation proportionnelle ne pourra pas rejoindre un autre parti. S’il insiste, il ne sera plus député et sera remplacé par quelqu’un d’autre de la liste de la proportionnelle. S’il s’agit d’un groupe de cinq personnes, ils ne perdront pas leur siège de députés.

 

30 % de femmes sur la liste de candidats.Une façon d’en voir plus lors de la campagne électorale sans garantir leur présence dans les instances décisionnaires.